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Nicolae Iuga

La psychologie des mystères dans l’Egypte antique selon Hérodote

Texte intégral

Ce qui fait peut-être que la civilisation égyptienne soit unique dans le contexte de l'antiquité est justement cette forte valorisation métaphysique de la mort. D'ici la construction des pyramides et l'embaumement des cadavres. Un proverbe arabe dit: les dieux craignent une seule chose, le temps, mais le temps à son tour craint les pyramides. Ce fait est vrai au sens empirique du terme y compris. Les pyramides d'Egypte ont survécu à tous les dieux égyptiens.

Les problèmes liés à la foi dans l'immortalité de l'âme et le culte des morts chez les anciens égyptiens sont très communs et connus de telle manière que nous allons les évoquer brièvement sans citer un certain écrivain. Il est bien connu que les égyptiens ne croyaient pas à une âme, unique mais ils se la représentaient sous plusieurs aspects de la vie spirituelle et chacune de ses représentations avaient un certain nom. Ainsi, l'âme appelée "bai" est celle qui après la mort passe dans une autre vie. Elle était représentée sous la forme d'un oiseau, parce qu'après la mort elle devait quitter le corps et se présenter très vite devant le Jugement d'Osiris. Une autre dimension  de l'âme, celle nommée "ka" était une sorte de double du corps, un principe vital qui ne s'envole pas après la mort, mais elle reste dans le tombeau aussi longtemps que le corps. D'ici la préoccupation particulière pour embaumer les cadavres et pour construire des tombeaux durables.

Accompagnons le vieux Hérodote dans son Voyage en Egypte, raconté avec la simplicité et l'ingénuité spécifiques aux anciens dans le deuxième livre de ses Histoires. Hérodote commence son histoire avec une remarque célèbre, que l'Égypte est "une terre acquise et un cadeau du fleuve". Parce que, si le Nil avait l'impression qu'il devait dévier son chemin vers le Golfe de l'Arabie par exemple "qui l'arrêterait pour qu'il ne l'obture, en quelque vingt mille ans- en s'y jetant- de tout le limon dépose?" (Histoires,II,11)  D'ailleurs c'est plus la terre de l'Egypte celle qui s'avance dans la mer par le Delta du Nil que les rives avoisinées. Les eaux du Nil montent périodiquement et ça signifie une différence de 4-5 mètres, elles inondent les champs d'une partie et de l'autre sur beaucoup de kilomètres "on pouvait voir des terres inondées si on marchait deux jours, parfois plus, d'autres fois moins", dit Hérodote. Et après la retraite des eaux, l'agriculteur égyptien ensemence le limon fertile et puis il conduit les troupeaux sur le limon pour renforcer les semences dans la terre. Après quoi il ne fait rien qu'attendre la période le temps de la moisson. Les eaux du Nil commencent à gonfler vers le solstice d'été et elles continuent à monter environ cent jours. En ce qui concerne les sources du Nil, personne ne pouvait en donner une réponse claire.

Il y a encore des remarques quant au caractère des gens. D'après Hérodote les égyptiens dépassent les autres gens de la terre en ce qui concerne la piété.

Le sacerdoce était exclusivement pour les hommes, aucune femme ne pouvait être prêtresse. Tous les hommes étaient circoncis et les prêtres avaient les cheveux coupés ras de même que leur corps et ils faisaient ça tous les deux jours pour être entièrement purs quand ils officiaient le service divin pour la Divinité. Les égyptiens ne cultivent jamais la fève, ce légume qui s'apparente aux haricots ou aux petits pois et ils détruisent celles qui poussent par hasard. Les prêtres ont aussi l'interdiction de la voir. On pourrait dire qui c'est une simple bizarrerie, une insignifiante manie locale et on n'y prêterait pas attention, mais on a vu que Pythagore et ses disciples considéraient eux aussi la fève comme une plante impure et intouchable.

A ce que l'on sait le grand Pythagore fut initié en Egypt. Nous allons revenir pour approfondir les significations de cette bizarrerie s'il y en a une plus profonde dans le paragraphe consacré à Pythagore.

Quand ils apportent des offrandes, les égyptiens égorgent le bétail, l'écorche et lui coupe la tête. Ils profèrent des malédictions contre cette tête, des malédiction qui auraient pu être prononcées contre le peuple, après quoi ils jettent le crane dans le fleuve. Ce rituel fut transmis plus tard aux juifs sous la forme du bouc émissaire. Les anciens égyptiens étaient polythéistes et en plus ils ne divinisaient tous les mêmes dieux, sans Isis et Osiris dont le culte était pratiqué dans tout l'Egypt. Puis Hérodote avoue (II,44) que, tout en voulant apprendre des choses vraies et en détails de certains dieux égyptiens il est parti en bateau pour Tyr, en Phénicie, ayant le but de voir le Temple de Shu. Et il a vu que le Temple était richement décoré avec des trésors entre lesquels s'érigeaient deux colonnes, l'une en or et l'autre en émeraude, la dernière dégageant une forte lumière verte pendant la nuit. La temple fut construit presque à la même époque que la fondation de la cité Tyr, c'est-à-dire environ deux mille trois cents ans avant Hérodote et il y a plus de quatre mille sept cents ans. Mais malheureusement Hérodote ne dit rien du rôle ésotérique de ces colonnes. Ont-elles été pourvues à l'extérieur des inscriptions inintelligibles pour les non-initiés? Ou contiennent-elles à l'intérieur des textes sacrés qui devaient être protégés des yeux profanes? Ou avaient-elles une autre signification que Hérodote n'avait pas voulu nous dévoiler pour ne pas profaner le serment d'initiation.

Il est sûr que Hérodote a été initié jusqu'à un certain niveau aux connaissances ésotériques par des prêtres égyptiens. Voilà par exemple la manière dans laquelle il expose la triste cérémonie pour commémorer la mort d’Osiris. On apporte tout d'abord l'offrande. Le bouc est écorché, on lui coupe les jambes et la tête et le corps est vidé des entrailles et il est farci de fromage, de miel et des aromates, après quoi il est brûlé. L'étape suivante est la prière et après les participants mangent les restes de l'offrande. Pendant la prière les gens pleurent et se frappent les poings sur dans la poitrine, mais "je ne peux pas dire pour qui ils font tout ça" (II, 61) Il est clair que Hérodote lui même fut initié dans les mystères d'Osiris qui impliquaient entre autres aussi l'interdiction de prononcer publiquement le nom secret de la divinité, interdiction que les juifs adoptèrent eux aussi des égyptiens. Un peu plus loin (II, 65) Hérodote parle dans le même but de l'animal d'offrande, respectivement des animaux qui ne peuvent pas être sacrifiés en s'arrêtant à un moment donné, justement pour ne pas être obligé de parler "des choses saintes dont j'évite à dessein à faire référence".

Les anciens égyptiens avaient encore quelques coutumes apparemment très bizarres. Par exemple, à la fin des agapes l'un d'entre eux faisant le tour de la table, un petit sarcophage à la main  à l'intérieur duquel se trouvait une poupée qui représentait un cadavre momifié. En la montrant à chaque convive il disait: "regardez-la, buvez et soyez joyeux parce qu’ après la mort vous serez comme celle-ci", un memento mori qui ressemble comme idée à un élément de la "chambre de réflexion", propre aux initiations tardives. La construction des navires était en essence liée à l'édification des maisons. On faisait tout d'abord le squelette des chevrons sur lesquels il y avaient des planches d'acanthe clouées, longues d'environ deux coudées (environ un mètre), des planches placées comme les briques, c'est-à-dire à la moitié d'une planche il y avaient les bouts des planches de dessus, etc. Grâce au réseau complexe de petits canaux d'irrigation qui devaient porter les eaux nourrissantes du Nil, les terres cultivées ("arura") avaient la forme d'un carré avec la côté de cent coudées. On y trouve les débuts de la géométrie qui fut adoptée par les grecs aussi, et Hérodote en était conscient. (II, 109)

Devant les temples il y avait, d'une partie et de l'autre de l'entrée, deux obélisques monolithes comme ceux du Temple de Ra de Héliopolis qui avaient des dimensions tout à fait étonnantes, hauts de cinquante mètres et ayant le côté de quatre mètres. Il y avait inscrits des textes sacrés, ésotériques et le risque de profaner le contenu n'existait pas, parce qu'ils étaient écrits en employant l'alphabet hiératique, accessible seulement aux initiés et pas l'alphabet démotique, connu par tout le monde. Puis, les prêtres égyptiens contemporains à Hérodote firent la preuve des connaissances exactes qu'ils, détenaient de la guerre que les athées ont porté contre la Troie? il y a environ huit cent ans, respectivement au XIIIème siècle avant Jésus Christ. De plus, les prêtres égyptiens ont prétendu qu'Hélène, la malheureuse épouse de Ménélas ne s'était même pas trouvée en Troie mais elle était cachée en Egypte et ainsi, la demande des grecs adressée aux troyens de renoncer à Hélène et à ses richesses n'a aucune justification et elle n'était qu'un prétexte injuste pour commencer la guerre, une guerre qui avait comme but réel la conquête et le pillage de la cité de la Troie.

En revenant au problème des colonnes, celles-ci réapparaissent sous une autre forme au somptueux Temple consacré à Ptah à Medinet-Habu par les pharaons de la XIX e dynastie.

Les colonnes n'ont plus la forme d'un obélisque, mais plutôt la forme d'une statue. On en a plusieurs informations (II, 121). On apprend ainsi qu'elles étaient placées à l'entrée du Temple de l'ouest, l'une vers le nord (le septentrion) et l'autre vers le sud (le midi). Elles avaient une hauteur de 25 coudées, c'est-à-dire la même hauteur que les célèbres colonnes de devant le Temple de Salomon auraient trois cent ans plus tard. Les colonnes furent érigées à la même époque où Moise naquit en Egypte, celui qui allait conduire les tribus juifs d'ici et les diriger vers leur propre pays. Il est à admettre que la tradition ésotérique hébraïque, préservée par les lévites de l'époque de Moise jusqu'à celle de Salomon, changea la symbolique et même les dimensions des colonnes. Avec une rectification qui constitue une contribution hébraïque spécifique, à savoir que les colonnes du Temple de Salomon n'avaient pas la forme d'une statue parce que rien d’anthropomorphe ou de zoomorphe ne pouvait y apparaitre. Les représentations anthropomorphes étaient sévèrement prohibées justement dans le but d'éviter la contamination rigoureusement monothéiste au cadre de laquelle "personne n'a vu le visage de Dieu". (XXXIII, 20) Et toujours sur deux colonnes, en fait sur deux plaques en pierre sont écrits les dix commandements pour Moise, "écrits par le doigt de Dieu". (L'exode, XXXI, 18)

Toujours d'après Hérodote (II, 123), les égyptiens sont les premiers qui dirent que l'âme de l'homme est immortelle et ils se représentaient Isis et Osiris comme les maîtres de l'autre monde (de l'au-delà). Comme on là déjà montré, Hérodote a été initié aux mystères égyptiens ce qu'on peut voir clairement dans ses Histoires. Mais il ne fut pas initié au plus haut niveau. Voilà ce qu'il avoue lui-même (II,148). Près du lac Mer se trouve le Labyrinthe. Il s'agissait d'un grand lac artificiel ayant une circonférence d'environ 150 kilomètres, séché à présent sur l'endroit duquel il y a aujourd'hui la ville Medinet-el-Fanim. Le Labyrinthe, d'après Hérodote, dépassait par ses dimensions et sa complexité tout ce qu'on a construit jusqu'alors, tous les temples des grecs, pris comme un ensemble et les pyramides aussi. Le Labyrinthe avait douze cours couvertes, les portes vis-à-vis, six vers le nord et les autres six vers le sud. A l'intérieur il y avait deux rangées de pièces, l'une sous la terre et l'autre au dessus, à chaque niveau se trouvaient mille cinq cents pièces, au total trois mille. "J'ai vu les pièces de dessus et je m'y suis promené moi-même, donc j'en parle comme des choses vues de mes propres yeux", affirme Hérodote. "Quant aux pièces de dessous (continue notre historien) je sais seulement quelque chose par ouï-dire car les égyptiens qui les gardaient n'ont voulu pour rien au monde me les montrer". Il est clair que Hérodote fut initié parce qu'il savait garder certains secrets dont il écrit "ne pas avoir la permission d'en parler". Par ailleurs on peut tirer le conclusion qu'il n'a pas été initié au plus haut niveau parce qu'il n'avait pas la permission d'entrer dans les pièces souterraines (dans les oubliettes) du Labyrinthe où seulement les initié complets avaient accès. A l'époque moderne on a fait des fouilles archéologiques à l'endroit où se trouvait autrefois le Labyrinthe mais on n'y trouva aucun tombeau, ce qui confirme l'hypothèse que les oubliettes du Labyrinthe n'étaient pas, comme celles des pyramides, des nécropoles des pharaons, mais elles étaient des pièces affectées aux études et à de certaines d'initiations aux mystères d'Osiris? Hérodote écrit: "Les égyptiens présentent par des jeux mimiques les tortures de la Divinité. Je sais en détail quel est le déroulement de chaque jeu; mais il vaut mieux me taire!" (II, 171) En fait nous n'avions pas besoin, pour le moment, d'en savoir davantage, Hérodote dit qu'il vaut mieux se taire grâce au serment qu'il a prononça à l'initiation, précisément, qu'il ne profanerait pas le rituel. A présent nous n'avons pas besoin de savoir à force détails la manière dont chaque mystère se déroulait. Le problème réel est si la pantomime par laquelle on remémorait la mort et la résurrection d'Osiris avait- elle un sens - et si elle en avait, quel était-il? (en quoi consistait-il?)

D'ici nous devons nous laisser diriger par une importante autorité dans ce domaine: Mircea Eliade. Nous allons faire référence à la célèbre "Histoire des croyances et des idées religieuses" (le paragraphes 28-33). Le drame d'Osiris peut être reconstitué dans de très grandes lignes. Osiris était un dieu et dans le même temps un roi légendaire de l'Egypte. Il est une divinité civilisatrice qui enseigna aux hommes le sens du bien et de la vertu. Par envie son frère Seth le tue et, pour cacher le crime, il coupe le cadavre en morceaux qu'il enterre dans des lieux différents du Delta du Nil. L'épouse d'Osiris, Isis, avec leurs fils Horus et Anubis, le dieu qui a la tête de chacal, réussissent à trouver les morceaux du cadavre et, à l'aide de la magie, ils le font revenir à la vie (ressuscitent). Après, Osiris devient le maître du monde d'au-delà et juge des morts. Le mythe a multiples fonctions. D'une coté, ce mythe, comme le meurtre d'Abel par son frère Caïn, ou comme l'épisode du meurtre d'Hiram Abif, explique l'apparition du mal dans le monde ou de l'envie. Puis Osiris comme Tammuz des babyloniens fait apparaitre dans la culture égyptienne et plus tard dans le judaïsme, la paradigme du dieu qui meurt et revient à la vie.

Ainsi, ma vie de l'homme s'enrichit, elle reçoit un sens de même que la mort. Dans Le Livre des Morts, le célèbre texte égyptien, le chapitre 25, le défunt s'adresse ainsi à Osiris: "Je m'incline devant toi, grand dieu, le maître des deux Maat" après quoi il lui avoue le but de . . . sa mort: "Je suis venu chez toi, mon maître, pour m'apercevoir de ta perfection". Ainsi, la mort a un sens, car seulement par celle-ci on peut arriver à connaître la perfection de la Divinité. La mort devient la dernière et la suprême initiation.

A ce que Mircea Eliade remarquait, au jugement d'Osiris le défunt devait répondre à un interrogatoire initiatique. Le jugement proprement dit a lieu d'après un scénario complexe. Dans le même chapitre 25 du Livre des Morts on trouve représenté le tribunal devant lequel le décédé devait plaider pour son innocence. Le tribunal est présidé par Osiris qui est assisté par une cour formée de 42 juges, membre qui correspond d'après l'historien des religions Emilian Vasilescu, aux  42 nomes de l'Egypte. Le mort est introduit dans la salle d'audience par Horus, le fils d'Osiris. Horus et Anubis pèsent l'âme du mort en employant une balance. Sur un plateau de la balance il y a l'âme du mort et sur l'autre, la déesse de la Justice et de la Vérité, Maat, pose une plume. Si la décédé fut une personne pécheresse alors son cœur serait plus lourd, la balance s'inclinerait de ce côté et le cœur lourd de péchés tomberait et il serait dévorait sur-le-champ par un animal hideux et terrifiant, un hybride entre le crocodile et l'hippopotame, nommé Oms. Le défunt ne peut pas suivre passivement ce qui se passe et, par une longue confession négative, il avoue qu'il aurait pu faire des choses nuisibles mais qu'il ne les apas faites. Entre autres, il déclare qu'il n'avait pas essayé d'apprendre, sans en avoir le droit, des connaissances ésotériques: "je n'ai pas voulu connaître ce qui ne doit pas être connu", qu'il a n'avait pas fait d'injustices, qu'il n'avait frappé personne, qu'il n'avait pas perçu un pot-de-vin, qu'il n'avait pas déshonoré (sali) le nom des dieux, qu'il n'avait pas opprimé les pauvres, etc. Tous ces péchés que le défunt nie les avoir commis nous fournissent une image indirecte des mœurs des gens de l'Egypte ancien, de leurs idée sur le mal et le bien. A la fin du plaidoyer et tenant compte du résultat du pesage de l'âme, le dieu Toth qui y joue le rôle de greffier, rédige un rapport adressé au suprême Osiris où il montre que le décédé n'est pas coupable, que son âme est juste et que la balance ne s'est pas inclinée. A ce moment-là Osiris prononce la sentence en permettant à celui qui vint au jugement, d'entrer dans son royaume.

Pourquoi le décédé s'agite-t-il et quelle est la raison pour laquelle il se défend avec tant de véhémence, si vigoureusement, devant le jugement d'Osiris? Quel en est l'enjeu? Eh bien, ceux qui entreront dans le royaume d'Osiris pourront s'identifier mystiquement à Osiris lui même, c'est-à-dire ils mourront et reviendront à la vie en même temps qu'Osiris, comme les chrétiens s'identifieront mystiquement plus tard à Jésus Christ, celui qui fut crucifié et qui revint à la vie. Et pour ça l'homme doit pratiquer le culte, à vrai dire il doit, à des intervalles fixes qui ont une périodicité préétablie, imiter par des jeux et la pantomime les tortures de la Divinité, participer par des rituels au drame et à l'apothéose ( la déification) d'Osiris. De cette manière Osiris devient le modèle divin de toutes les gens qui espèrent triompher sur la mort. Osiris présentait la garantie du triomphe sur la mort parce que, comme Eliade écrivait, dans une dernière synthèse religieuse les égyptiens ont identifièrent des éléments communs tant dans le voyage journalier de Ra (de Soleil) que dans le drame d'Osiris. Les égyptiens réussirent à articuler dans un seul système ce qui est par excellence immuable et invulnérable - le trajet du Soleil - avec un épisode accidentel: le meurtre d'Osiris et ce qui est toujours accidentel, fragile et éphémère dans l'existence humaine. On opéra la translation du Soleil dans le ciel à la résurrection nécessaire d'Osiris et à la possibilité que chaque mortel pisse devenir lui-même un Osiris. En définitif, toutes les apparitions du soleil, les lever du soleil, peuvent être considérées comme une initiation et un support pour la foi dans l'immortalité de l'âme.

Pour citer ce document

Nicolae Iuga, «La psychologie des mystères dans l’Egypte antique selon Hérodote», Les cahiers psychologie politique [En ligne], numéro 9, Juin 2006. URL : http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=743

Quelques mots à propos de :  Nicolae Iuga

Université ¨V. Goldis Arad, RoumanieDr . ès philosophie Maître de conférences