Les cahiers psychologie politique http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique Les Cahiers de psychologie politique sont un carrefour inter-disciplinaire des sciences humaines. Revue généraliste, ouverte et transversale, au sein d'une démarche universitaire rigoureuse, c'est aussi un véhicule en langue française, dans le but d'informer et de brasser les idées par-delà les frontières mentales et géographiques, afin de mieux comprendre les controverses anciennes qui sont de retour dans la problématique sociétale actuelle. fr La transaction de la liberté et les nouvelles servitudes : somatophobie et autophobie http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=3640 ­« Se cacher est un plaisir, mais ne pas être trouvé une catastrophe. »D. Winnicott(1989, 160).« Il faut savoir se perdre pour un temps si l’on veut apprendre quelques chose des êtres que nous ne sommes pas nous-mêmes. »F. NietzcheLe gai savoir § 305.La psychologie politique doit à quelques grands anciens d’avoir posé des réflexions de premier plan. Le Discours de la servitude volontaire de La Boétie est une de ces œuvres majeures de la littérature occidentale au même titre que l’Eloge de la folie d’Erasme1. Ses enseignements méritent d’autant l’attention dans ce contexte contemporain où nous croyons travailler quotidiennement à notre libération par une succession d’émancipations. Il se pourrait bien qu’elles soient au final les conditions d’un asservissement, sous la forme d’une soumission volontaire aux délices de la servitude. Comment ne pas ici songer à la saisissante synthèse de La Fontaine lorsqu’il s’empare de ce sujet de la liberté et de la servitude consentie dans sa fable du loup et du chien2 ? La préférence pour le confort sacrifie cette liberté exigeante et ascétique du loup, ce dernier s’étonnant de ce collier de la servitude.Nos sociétés contemporaines ont très vite postulé que nous aspirions à la liberté sans s’assurer qu’il en était effectivement ainsi. Elles ont alors exposé les bienfaits de la quête de cette liberté émancipant l’homme de toutes les servitudes : religieuses, politiques et économiques. Est-il nécessaire de rappeler les discours des révolutionn Wed, 31 Jan 2018 00:00:00 +0100 http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=3640 Une pédagogie en Afrique noire : mythe ou réalité http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=3649 Traiter d’une pédagogie en Afrique Noire, c’est aborder la lourde problématique de la culture et de la civilisation africaine dans son hétérogénéité particulière. Nul ne doute qu’il existe en Afrique une éduction à tous les âges comme s’il fallait parler d’une éducation permanente et perpétuelle qui se déroule dans les familles, dans les clans, dans les ethnies et dans les couvents. Le manque d’école et par surcroît l’absence de l’écriture, si nous écartons le cas des Egyptiens, ne permet pas d’affirmer comme dans la conception européano-centrique que l’Afrique n’a pas de pédagogie. En effet, toute pédagogie n’est pas faite a priori pour être écrite mais pour véhiculer d’abord oralement des lignes de conduite de la jeune génération par rapport aux conseils et aux recommandations de l’adulte. Il y a alors fondamentalement une éducation en Afrique qui se démontre à travers la vertu de la parole, l’éducation rituelle, l’intégration verticale, l’intégration horizontale de même que les structures sociales. C’est alors une aberration d’affirmer que la pédagogie en Afrique est un mythe ; elle est véritablement une réalité. Thinking about pedagogy in Black Africa, it is to hand a heavy problematic of culture and civilization in Africa in their particular heterogeneity. No one doubt that it exists in Africa an education to all ages as if it was necessary to speak of a permanent and perpetual education that takes place in families, clans, ethnies and in convents. The lack of school addition to the absence of written, if we separate the case of Egyptians, doesn’t permit to affirm as in European conception that Africa doesn’t have pedagogy. Indeed, all pedagogy is not made in priority to be written but to be transported first in orally lines of conduct of the young generation in relation to advices and to the adult’s recommendations. There is an education then fundamentally in Africa that demonstrates itself through the virtue of the word, the ritual education, the vertical integration, the horizontal integration as well as structures and social structuring. It is then an aberration to affirm that the pedagogy in Africa is a myth ; it is veritably a reality. Tue, 23 Jan 2018 00:00:00 +0100 http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=3649 El populismo una vez más http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=3643 “Hacía dos siglos que Florencia disfrutaba de un verdadero régimen democrático; así pues, las vicisitudes de su vida política oscilaban de forma alternativa entre la tiranía de las clases pudientes, las cuales se servían de su riqueza para oprimir a los más humildes, y la dictadura de las masas, que de forma periódica alteraba el orden establecido y lo sustituía por un gobierno terrorista. Éste incapaz de mantenerse en el poder y sensible a las tentaciones del dinero, se transformaba por su parte en oligarquía o se hundía en una sangrienta anarquía. De vez en cuando, ocurría que un hombre honesto, enérgico y de buena voluntad intentaba restablecer la calma en la ciudad, frenando los abusos de los partidos y los excesos de las facciones. En un primer momento, se le aplaudía puesto que mostraba loables sentimientos, hablaba de justicia igual para todos, de acceso de los pobres a los altos cargos del Estado, de repartición equitativa de los impuestos, de disciplina y obediencia; pero transcurrido algún tiempo, lo cierto es que terminaba por contrariar a todo el mundo y aumentaba el número de descontentos. El partido que se consideraba agraviado en mayor grado por su virtud ponía todo su empeño en derrocarlo y aquél pagaba - casi siempre con su vida o, como poco, con su libertad y la pérdida de sus bienes - las generosas ilusiones que lo habían conducido a unas reformas tan impopulares.”1El populismo representa, en cada época que se le considere, algo distinto, un fenómeno histór Mon, 22 Jan 2018 00:00:00 +0100 http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=3643 Paranoïa, bienfaisante, malfaisante, individuelle et collective http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=3648 Je prétends qu’à côté du méchant il existe aussi un paranoïaque bienfaisant. Je prends comme exemple le méchant Hitler et le bon le Général De Gaulle.Le modèle de la paranoïa, bon et mauvais objetsLe modèle de la paranoïa est connu. Le champ de la vie psychique s’organise chez tout le monde entre deux pôles, positif et négatif, amour et haine, bon objet, mauvais objet. La notion du clivage de l’objet en bon et mauvais, en objets partiels chez le bébé a été introduite par Mélanie Klein, psychanalyste autrichienne. La plupart du temps, normalement le bon et le mauvais se complètent au cours du développement individuel, les objets sont reconnus comme n’étant ni entièrement bon ni entièrement mauvais. Ils forment ce qu’on peut appeler l’objet global. La notion de l’objet global s’oppose à celui de l’objet partiel. L’objet global joue un rôle important entre autre dans la vie religieuse. Même chez l’individu normalement développé la prépondérance de l’objet global ou partiel dépend des circonstances et des exigences de la vie collective. Les objets partiels ne disparaissent pas complétement au cours de l’évolution libidinale, ils peuvent s’effacer ou s’imposer. Le bon objet archaïque est un objet partiel, archaïque c’est à dire qu’il n’a pas parcouru toutes les étapes du développement libidinal. Ainsi l’objet phallique peut prendre la fonction du bon objet partiel, par exemple dans la vie militaire. Les insignes, les drapeaux sont des objets phalliques partiels. Le mauvais objet e Mon, 22 Jan 2018 00:00:00 +0100 http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=3648 La subjectivation au pluriel. Croyance religieuse, désidentification et organisation politique dans le mouvement des droits civiques http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=3641 IntroductionLa subjectivation apparaît comme concept dans la philosophie politique pendant la deuxième moitié du 20ème siècle, notamment chez Gilles Deleuze, Michel Foucault et Jacques Rancière. Approfondissant le rejet du sujet des Lumières opéré par Karl Marx, Friedrich Nietzsche et Sigmund Freud – rejet du Je pense de Kant et son sujet autonome, législateur de soi et dont les principes de connaissance du monde lui sont immanentes –, le sujet se voit chez ces penseurs absorbé dans le champ social, pris dans les réseaux du pouvoir, où le plus intime est déjà politique, historiquement situé, traversé par le social1. S’inaugure une conception de la subjectivité comme négociation constante avec le monde et comme construction processuelle. La subjectivation comme notion exige ainsi une attention accrue aux expériences complexes et ambigües qui caractérisent les situations sociales, et pousse plus généralement à appréhender le champ social comme fragmenté, métamorphique et ouvert à l’histoire. Cette notion aspire aussi, du moins chez Deleuze et Rancière, à prendre le relève de la tradition marxiste, « penser avec et contre » Marx2, étant donné que penser la politique présuppose l’indissociabilité de trois éléments : une forme de conflictualité, une théorie du sujet politique et une pensée de l’émancipation. C’est ce qui est en jeu dans la philosophie de la subjectivation politique de Rancière, développée notamment dans Aux bords du politique (1991)3 et La Mésentente (1995)4, et q Thu, 18 Jan 2018 00:00:00 +0100 http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=3641 Editorial http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=3625 L’année 2017 nous a réservé des surprises et interrogations.Si nous avons zappé l’édito du n° 31, la raison en est nos troubles de santé. Par conséquent, Il fallait y remédier et envisager de passer la main. Ainsi nous nous sommes mis d’accord pour le faire en douceur et nous proposons au comité de rédaction de partager la charge du travail de direction et de créer un triumvirat avec nos amis Alain Deniau et Pierre-Antoine Pontoizeau. La ligne éditoriale reste inchangée. Notre accord avec L’INIST-CNRS aussi.Sans aucune autosatisfaction, le nombre de visiteurs de notre revue a augmenté sensiblement : la moyenne par mois est de plus de 35.000. Ce chiffre impressionnant est toujours confirmé cette année. Dans cette année électorale, l’essentiel de la classe politique manifestait sa volonté de se défaire du clivage droite-gauche, lors de la dernière élection présidentielle. Or ce clivage reste toujours d’actualité. La révolution de M. Macron, avec son virage du centre a la droite, le confirme. Le populisme s’accentue et se décante.C’est dans la durée que les évènements de cette année vont nous affecterInvestiture du 45e président américain Donald Trump. Doutes sur son avenir. Éclipse solaire totale aux États-Unis : le 21 août 2017 Macron fut élu comme prévu par la météo et la bourse. Black Friday passionne les acheteurs : Une opération de ventes inspirée des USA. Le dégagisme à droite et à gauche fut énorme : Une recomposition du paysage parlementaire se prépare. Les figures clas Tue, 16 Jan 2018 00:00:00 +0100 http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=3625 Le macronisme : le retour du populisme bonapartiste ? http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=3627 L’arrivée au pouvoir de Macron est un évènement hautement improbable dans un pays comme la France qui hérite d’un rationalisme politique. Or toutes les conditions étaient réunies pour promouvoir la victoire inattendue d’un bonapartisme néo-populiste à la Napoléon III. Le contexte évoque le moment « orléaniste » qui, plus insidieux qu’autrefois, se coule dans les déguisements de la raison. L’homme providentiel peut-il résoudre une telle aporie ?Malgré tout la révolution macroniste poursuit sa marche avec hâte et entêtement. La cohorte de jeunes loups dévore « l’ancien monde » au profit d’une chimère de régime monarchique et populaire incarnée par Macron lui-même, qui s’auto-proclame Jupiter. Figure mythologique trouble dont l’issue est opportuniste et dramatique.Le contexte du moment macronisteLe néolibéralisme, fausse nouvelle idéologie de la pensée économique, se pare, en effet, des attributs qui caractérisent traditionnellement le progrès. Ainsi, la démocratie est-elle jugée trop soumise à l’incertitude. Les bourgeois modernes au nom de la science et les néolibéraux avec une nouvelle force tranquille qui pose la question du centrisme efficace pour s’en débarrasser. Se dessine ainsi un pragmatisme progressiste avec lequel le dogme libéral se déguise comme une variante du politiquement correct de l’anti-populisme ; le néolibéralisme, nouvelle idéologie de la pensée économique mondialisée, se pare, en effet, des attributs qui caractérisent traditionnellement l’idéologie de la Tue, 16 Jan 2018 00:00:00 +0100 http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=3627 Discours d’A. de Tocqueville prononcé à la chambre des députés, le 27 janvier 1848, dans la discussion du projet d’adresse en réponse au discours de la couronne http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=3629 Messieurs,Mon intention n’est pas de continuer la discussion particulière qui est commencée. Je pense qu’elle sera reprise d’une manière plus utile lorsque nous aurons à discuter ici la loi des prisons. Le but qui me fait monter à cette tribune est plus général.Le paragraphe 4, qui est aujourd’hui en discussion, appelle naturellement la Chambre à jeter un regard général sur l’ensemble de la politique intérieure, et particulièrement sur le côté de la politique intérieure qu’a signalé et auquel se rattache l’amendement déposé par mon honorable ami, M. Billaut.C’est cette partie de la discussion de l’adresse que je veux présenter à la Chambre.Messieurs, je ne sais si je me trompe, mais il me semble que l’état actuel des choses, l’état actuel de l’opinion, l’état des esprits en France, est de nature à alarmer et à affliger. Pour mon compte, je déclare sincèrement à la Chambre que, pour la première fois depuis quinze ans, j’éprouve une certaine crainte pour l’avenir ; et ce qui me prouve que j’ai raison, c’est que cette impression ne m’est pas particulière : je crois que je puis en appeler à tous ceux qui m’écoutent, et que tous me répondront que, dans les pays qu’ils représentent, une impression analogue subsiste ; qu’un certain malaise, une certaine crainte a envahi les esprits ; que, pour la première fois peut-être depuis seize ans, le sentiment, l’instinct de l’instabilité, ce sentiment précurseur des révolutions, qui souvent les annonce, qui quelquefois les fait naître, que c Tue, 16 Jan 2018 00:00:00 +0100 http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=3629 Pour une libre critique de Céline http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=3632 Auteur d’un essai sur l’antisémitisme de Céline, Pierre-André Taguieff a voulu répondre à l’article de Jérôme Leroy paru dans le dernier numéro de Causeur.La rédactionLes Français tiennent à leurs contes de fée nationaux, surtout quand ils prennent une couleur littéraire – exception culturelle oblige –, et l’éclosion supposée de « l’écrivain de génie » nommé Céline en est un. Devant ce lieu de mémoire, on est tenu d’admirer sans s’interroger, de contempler sans questionner. Il n’est pas question de toucher à l’intouchable. Même les bobards du « génie littéraire » sont sacrés. Oser les mettre en question, c’est blasphémer à la française, c’est-à-dire faire preuve de « haine de la littérature », comme le répètent en chœur les critiques psittacistes de notre livre, Céline, la race, le Juif.Céline, une mythologieLes célinophiles inconditionnels de toutes obédiences se sont évertués à propager des « vies de Céline » légendaires, récits apologétiques recyclant nombre de ses mensonges et de ses mythes personnels (par exemple, ses prétendues origines bretonnes et flamandes), et légitimant ses postures trompeuses, celles notamment du « persécuté », du « bouc émissaire ». « Le persécuté c’est moi », écrit Céline à Lucette Destouches le 13 août 1946. Délire de persécution, mais aussi posture du persécuté prise sans vergogne par un délateur dont nous analysons les sinistres activités sous l’Occupation. C’est le cœur de la légende célinienne, une légende victimaire. Sur la base de ses men Tue, 16 Jan 2018 00:00:00 +0100 http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=3632 Le Ré-enchantement initiatique du monde de Frédéric Vincent http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=3636 Un aperçu sur l’initiation post-moderneLe monde moderne change à toute allure. Certains, en faisant de grandes esquisses, parlent de postmodernité, d’autres d’hyper-modernité. Fréderic Vincent1 est un sociologue du fantastique averti des changements postmodernes. Il décrit les prémisses d’une réinvention de la pensée collective qui puise la compréhension de la réalité, d’une manière perspicace, dans les nouvelles technologies de la communication véhiculées par les réseaux sociaux. Une de clefs de son récit est un phénomène ancien qui se renouvelle : l’initiation. Celle qui prépare les hommes à interpréter les mythes anciens et futurs. Or, la science moderne, par la méthode rationnelle, fait table rase d’autres formes de penser la connaissance, ignore et méconnaît la symbolique et la transmission mythologique. Les sociétés modernes, contrairement aux anciennes, ne sont plus riches en symboles et en références communes. Jadis, les processus d’initiation fournissaient aux hommes des signes de reconnaissance dont les modernes sont presque dépourvus, afin de les accompagner et de les orienter dans les transformations de l’existence humaine. Un sourd bruit de fond et une quête spirituelle, dont les rites et les formes actuelles ressemblent à des messes païennes, avec des musiques et des rythmes, des lumières et des décors bariolés, forment une toile de fond apparemment chaotique. La TV et le cinéma ont créé tout un monde fantasmagorique et fictif où les jeunes puissent leur imagina Tue, 16 Jan 2018 00:00:00 +0100 http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=3636