Les cahiers psychologie politique http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique Les Cahiers de psychologie politique sont un carrefour inter-disciplinaire des sciences humaines. Revue généraliste, ouverte et transversale, au sein d'une démarche universitaire rigoureuse, c'est aussi un véhicule en langue française, dans le but d'informer et de brasser les idées par-delà les frontières mentales et géographiques, afin de mieux comprendre les controverses anciennes qui sont de retour dans la problématique sociétale actuelle. fr Capharnaüm. Essai sur la communication politique non violente http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=3680 En réponse à la question « Qu’est-ce qu’une politique de l’inconscient ? » je m’interroge sur les médiations rationnelles que nous pouvons proposer à l’âme du monde afin qu’elle s’accomplisse ici-bas. M’appuyant sur la pensée de Charles Sanders Peirce, Carl Gustav Jung et Jürgen Habermas, je propose un concept normatif mais non idéaliste de communication politique non violente. jeu., 26 juil. 2018 00:00:00 +0200 http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=3680 Quantification par big data et apprentissage automatique en médecine personnalisée : l’épistémologie au croisement des enjeux scientifiques, socio-politiques et éthiques ? http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=3710 Cette contribution visera à mettre en évidence l’influence de la dimension épistémologique (qu’est-ce qu’une bonne procédure d’investigation ? Quels en sont les critères de rationalité ? Etc.) sur les enjeux socio-politiques et éthiques associés à la mise en œuvre de techniques de quantification automatique par le big data et l’intelligence artificielle (l’apprentissage automatique) pour l’aide à l’investigation scientifique et à la prise de décision. Je m’appuierai sur l’étude du cas de la médecine personnalisée qui combine séquençage moléculaire à haut débit et techniques IA de traitement de grands ensembles de données pour aborder l’état médical des patients par une quantification moléculaire individualisée. Je montrerai les implications éthiques d’une compréhension de la notion d’investigation rationnelle basée sur la prescription de neutralité (afin d’atteindre une conception absolument objective du problème étudié). Je proposerai ensuite une approche alternative à partir des travaux d’inspiration pragmatiste du philosophe américain Hilary Putnam. mer., 25 juil. 2018 00:00:00 +0200 http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=3710 L’évaluation chiffrée : une fiction au travail http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=3712 Le recours à l’évaluation chiffrée dans les entreprises privées comme dans le secteur public s’est accéléré avec la montée de la normalisation. Deux facteurs essentiels ont joué dans ce phénomène : d’une part, le déploiement des normes et des certifications depuis la création en 1947 de l’ISO, l’Organisation internationale de la normalisation, ONG qui encadre un réseau de 161 organismes nationaux, d’autre part, le renouveau du taylorisme à travers le toyotisme, une doctrine managériale issue des pratiques mises en place dans l’Après-guerre par une entreprise japonaise pour son activité automobile. Ce rapide tour d’horizon historique permettra de saisir le contexte dans lequel s’inscrit le renouveau de la standardisation. L’objet de ce texte n’est pas de décrire précisément les procédures d’évaluation chiffrée liées à la standardisation mais bien plutôt d’examiner ce que cela produit sur celles et ceux qui travaillent. Car le chiffre régente le travail dans les organisations contemporaines de façon sclérosante. Au quotidien, comment les individus qui ne sont pas les décideurs le vivent-ils ? L’analyse des stratégies de confrontation, de contournement ou détournement, de passivité face à l’évaluation va prendre appui sur une étude de cas atypique, la série télévisée étatsunienne qui a documenté cette évolution du travail, Sur écoute/The Wire produite par HBO entre 2002 et 2008. mer., 25 juil. 2018 00:00:00 +0200 http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=3712 La raison totalitaire et morbide http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=3674 Alors qu’on parle de terroriste qui sème la terreur, il est intéressant de chercher à comprendre ce qui préside à une psychologie de la terreur, sans doute à l’origine d’une culture politique de la terreur. La terreur politique n’a-t-elle pas pour origine une logique idéologique totalitaire qui interdit toute altérité ? Cette logique n’a-t-elle pas des motivations psychologiques jusqu’à exprimer une pathologie de la réification de l’autre autorisant toute sorte d’action, de manipulation ou de destruction ? Cette inhumanité totalitaire n’est-elle pas le résultat d’une obsédante pratique de la répétition et de la concentration manifestant une raison morbide ? Et cette raison totalitaire et morbide a-t-elle alors une alternative dans une écologie des pathologies, soit l’organisation de la pluralité pour qu’aucune psychologie particulière ne conduise à une domination totalitaire ? Voilà notre chemin, pour que nous regardions comme Clémenceau les dérives d’une civilisation scientifique. mar., 24 juil. 2018 00:00:00 +0200 http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=3674 Francis Wolff, Trois utopies contemporaines. Editions Fayard http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=3720 Francis Wolff est professeur émérite de philosophie à l’Ecole Normale Supérieure de Paris. Après son remarquable Il n’y a pas d’amour parfait (2016), il porte sa réflexion philosophique sur un sujet de psychosociologie politique dans Trois utopies contemporaines (2017). Sa référence est l’humanisme des Lumières et le Kant du Projet de paix perpétuelle (1795). Il articule sa description de l’utopie en un au-delà de humanisme qu’il nomme l’utopie post-humaniste, un en deçà de l’humanisme, l’utopie animaliste, et une troisième dans le prolongement de l’humanisme, l’utopie cosmopolitique. L’utopie post-humaniste est l’expression d’une éthique de la première personne puisqu’elle vise à une amélioration individuelle et infinie de l’humain. Il qualifie cette utopie d’individualiste car elle retourne le progrès scientifique au profit d’un individu au lieu de l’inscrire dans un progrès collectif, qui serait une forme de nous. Cette utopie centrée sur la première personne est fondée sur l’angoisse de la mort. La force de la fortune et du pouvoir d’une personne lui permettrait ce détournement individualiste de la science pour lui assurer une vie au delà des limites imparties à l’humain. La mort est un Mal qu’il conviendrait de dépasser. En deçà de l’humanisme, Francis Wolff identifie l’utopie animaliste. Elle se caractérise d’être une éthique de la deuxième personne. Par la rigueur de sa classification, il nous fait entendre combien nous sommes baignés dans les excroissances de cette u mar., 24 juil. 2018 00:00:00 +0200 http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=3720 Gloria Leff, L’affaire Freud-Hirschfeld. Une valse-hésitation avec l’occulte. Editions essais Epel http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=3721 La question de l’occulte est une zone « grise » dans la vie et l’œuvre de Freud et pourtant elle est cruciale dans sa conception théorique de l’inconscient. L’occulte l’oppose à Jung alors qu’il surgit à maintes reprises dans l’histoire intime de Freud. C’est cette contradiction qu’essaie d’élucider Gloria Leff, psychanalyste mexicaine. Avec lucidité et sincérité, Freud nous a communiqué les circonstances et le détail de ses crises d’angoisse. Ainsi, lors de sa rupture avec Fliess, en 1905, que l’on peut légitimement considérer comme son analyste, Freud est envahi par des symptômes superstitieux. A l’insu de l’un et de l’autre, une psychanalyse s‘était engagée. Les symptômes étaient à la fois liés à l’histoire personnelle de Freud mais d’autres, la mégalomanie et la paranoïa par exemple, étaient liés à la personnalité de Fließ. Freud ne pourra identifier ce reste que quinze ans plus tard et se débarrasser de ces pensées parasites incluses en lui qu’en 1936, en écrivant à Romain Rolland, soit trente et un ans plus tard. L’intérêt du livre de Gloria Leff est de rechercher la fonction de l’occulte chez Freud, non pas à partir des biographies mais à partir d’un cas clinique qu’il avait dissimulé, cas très présent à sa pensée et interstitiel dans son œuvre. On sait retrouver les allusions à l’Homme aux Loups, cas exemplaire de Freud. Pour le cas d’Elfriede Hirscheld, le fil directeur manquait. En réunissant les fragments, les bribes de confidences, les allusions dans les correspo mar., 24 juil. 2018 00:00:00 +0200 http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=3721 Géraldine Schwarz. Les Amnésiques. Editions Flammarion http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=3722 Le point de départ de l’enquête de Géraldine Schwarz est un étonnement : l’auteure demande à son grand-père, allemand de Mannheim, l’histoire et l’origine de la fortune de son entreprise. Elle apprend qu’il l’a achetée en 1938 lors de la spoliation des biens juifs. Elle est scandalisée par le silence familial sur cette période et par l’absence de culpabilité de l’avoir sous-payée. Par sa mère française, dont le père était gendarme sur la ligne de démarcation, elle est confrontée à d'autres marques de la guerre. Devenue journaliste à l’AFP à Berlin, elle commence une enquête où s’entrelacent la mémoire de ses deux familles avec les traces de la famille juive dont les rares survivants sont dispersés et l’évolution de l’opinion allemande, traversée par l’horreur du drame du nazisme. Le livre a été écrit en français, ce qui se perçoit par instants, mais ce détour permet, sans doute, à l’auteure une plus grande lucidité sur l’histoire de sa famille allemande. La proximité des sentiments s’entend dans la douleur ambivalente qu’elle éprouve pour ces grands-parents qui ont vécu chaque moment de la tragédie allemande, la montée du nazisme triomphant, les ravages de la guerre et de la défaite, et enfin le temps de la tentative d'oubli, d’amnésie. Elle utilise le mot Mitläufer pour qualifier ces citoyens qui ont permis, comme une majorité passive et silencieuse, qu’Hitler puisse se vanter d’avoir l’assentiment de tout le peuple allemand. Ils sont ceux qui « marchent avec le courant ». mar., 24 juil. 2018 00:00:00 +0200 http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=3722 Anselm Jappe. La société autophage. Capitalisme, démesure et autodestruction. Editions La Découverte http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=3723 Après avoir écrit Crédit à mort La décomposition du capitalisme et ses ennemis et surtout Les aventures de la marchandise Pour une nouvelle critique de la valeur, Anselm Jappe, philosophe marxiste, poursuit sa réflexion sur la valeur issue du travail avec La société autophage. Le mythe grec d’Érysichthon est la métaphore de sa démarche : le capitalisme va vers son auto destruction comme ce roi mythique qui, faute de régulation de son appétit insatiable, s’est auto dévoré. Anselm Jappe rappelle à ses lecteurs qu’il est professeur de philosophie par un chapitre consacré à la naissance du sujet moderne chez les philosophes classiques tels que Descartes, Kant et Sade. Mais l’essentiel de son livre s’appuie sur la démarche initiée par Robert Kurt à l’origine du courant « Nouvelle critique de la valeur », Wertkritik. Dans un second chapitre, il introduit son concept de narcissisme-fétichisme en le confrontant aux auteurs de l’Ecole de Francfort et à la polémique Marcuse-Fromm. La psychologie du sujet post moderne, lié à l’évolution du capitalisme absolu actuel, est l’axe de sa recherche. Pour créer ce concept, il croise la notion freudienne de narcissisme des psychanalystes et des psychosociologues de l’Ecole de Francfort avec la critique de la valeur de Kurt Robert et les conceptions du situationnisme de Guy Debord, dont il a précédemment commenté l’œuvre. En construisant le concept de sujet narcissique-fétichiste, il identifie le sujet post moderne comme un effet du capitalisme mar., 24 juil. 2018 00:00:00 +0200 http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=3723 Francis Brochet. Démocratie smartphone. Le populisme numérique, de Trump à Macron. Editions François Bourin http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=3724 A la façon d’un McLuhan expliquant les relations entre les médias, les messages et la démocratie, ce journaliste s’intéresse à ce nouvel objet pour mener une enquête sur ses effets actuels dans les démocraties occidentales. Et son enquête retient l’attention car il y associe une seconde enquête où il convoque les intellectuels et chercheurs qui ont investi ce thème des relations entre la démocratie et les pouvoirs inédits conférés à chacun par les nouvelles technologies. Sa bibliographie et ses nombreuses citations circonscrivent bien les éléments du diagnostic. Il se réfère à Cardon La démocratie internet, Colin et Verdier L’âge de la multitude, Dagnaud Le modèle californien, Jaureguiberry et Lachance Le voyageur hypermoderne ou encore Lewis et Slitine Le coup d’Etat citoyen, Maffesoli La postmodernité à l’heure du numérique et Lyotard La condition postmoderne, etc. Cette érudition n’en fait pas pour autant un travail de recherche ; et ce n’est pas son ambition, mais il témoigne d’une curiosité salutaire où le journaliste rapproche les discours et les faits. Sa première enquête sur l’élection américaine montre comment depuis Obama, les élections se jouent, semble-t-il, de plus en plus dans l’investissement des réseaux sociaux, dans l’identification des habitudes et le ciblage des messages. Très vite, il témoigne de ces mêmes pratiques dans de nombreux mouvements politiques nouveaux, UKIP, AfD, PEGIDA, Podemos, etc. qui partagent cet usage dynamique du monde numérique. Il en mar., 24 juil. 2018 00:00:00 +0200 http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=3724 Christophe Assens. Réseaux sociaux. Tous ego ? Libre ou otage du regard des autres, Bruxelles, De Boeck http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=3725 Dans la continuité de son livre, écrit en 2013, Le Management des réseaux. Tisser du lien social pour le bien-être économique, Christophe Assens « récidive » sur la même thématique, par un ouvrage au titre plus provocateur et avec une ambition plus critique et sociologisante, questionnant plus globalement un fait de société autant que des phénomènes économiques. Est-ce que ce livre tient ses promesses ? La forme utilisée est celle de l’essai. De tels écrits, essayistes, flirtant avec un style littéraire et plus accessible, révèlent toute l’étendue de la pensée d’un auteur et de son interprétation des mouvements de changement culturel et sociétal contemporain. Le livre de 208 pages est découpé en trois grande chapitres : 1/ Les réseaux numériques ; 2/ Les réseaux corporatistes ; 3/ Les réseaux économiques. Une préface de l’Amiral Lacoste, l’ancien chef de la DGSE de François Mitterrand, de 1982 à 1985, apporte des commentaires géostratégiques et futurologiques à l’entreprise éditoriale de l’auteur. L’introduction de 15 pages (pp. 13 à 27) tente de resituer le lexique et les notions utilisées (différence entre « réseau » et « institution » ; types de réseaux ; approche socio-historique des première formes réticulaires et sociétales ; lien avec la notion de citoyenneté et de mondialisation). L’auteur insiste sur un thème récurrent dans tout le livre : tout individu contemporain, qui dispose d’un réseau plus étendu que par le passé, possède, par ce biais, une véritable richesse e mar., 24 juil. 2018 00:00:00 +0200 http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=3725