"
Climatologie

Un mot pour Gérard Beltrando. Hommages de douze de ses ancien(ne)s doctorant(e)s

Hommage de Anne-Laure Lereboullet

Thèse soutenue à l’Université Paris Diderot le 6 juin 2014 et intitulée « Vulnérabilité et capacité d’adaptation au changement climatique de deux systèmes vitivinicoles méditerranéens. Une comparaison France (Côtes-du-Roussillon-Villages) – Australie (McLaren Vale) ».

Quand on s’est rencontrés, je n’y connaissais absolument rien en vin. En sortant de votre bureau après que vous m’ayez convoquée pour savoir si vous alliez m’accepter en thèse, je pensais avoir tout raté. Vous m’aviez demandé si j’étais plutôt Bordeaux ou Bourgogne, j’avais répondu à tout hasard Bourgogne, et vous aviez commenté ma réponse d’un « ah, je vois » en hochant la tête d’un air entendu. Je ne saurai jamais si c’était la bonne réponse, et de toutes façons je ne suis toujours ni Bordeaux ni Bourgogne, puisqu’on s’était mis d’accord pour que j’étudie une petite région oubliée : les Côtes du Roussillon, à comparer avec un vignoble australien. Ce qui nous a valu des escapades sympathiques dans les collines des Corbières, où votre accent du sud, couplé aux connaissances de rugby de votre ami et collègue Eric Rouvellac, a débloqué bien des entretiens et mené à bien des dégustations avec les viticulteurs.

Ce que je retiens de notre rencontre, c’est que, dès le début, vous m’avez toujours fait confiance. Tout d’abord dans mon travail et mes initiatives de recherche, que vous n’avez pas cessé d’encourager, même si vous n’en voyiez pas toujours l’intérêt ou que vous n’étiez pas forcément d’accord avec le co-directeur australien. Vous m’avez poussée à donner toujours plus, à mettre en valeur mon travail, et à croire en ce que je faisais. Cette liberté que vous m’avez laissée a été le moteur de mon travail de recherche. Vous m’avez fait aussi confiance pour le reste, comme cette fois où vous m’avez laissée me débrouiller pour louer une voiture et parcourir les collines avec une carte Michelin sur les genoux, à la recherche des viticulteurs, moi la petite parisienne qui n’avait jamais touché un volant. Ou comme quand je vous ai annoncé, craignant votre réaction, que j’allais abandonner la recherche pour partir crapahuter je ne sais où, et que vous m’avez simplement dit que vous aviez confiance en moi pour faire les bons choix et retomber sur mes pattes dans tous les cas. Vous m’avez traitée en égale et non comme une simple étudiante, et cela m’a marquée. Je n’y connais toujours pas grand chose en vin, mais vous m’avez aidée à grandir.

­ 

Anne-Laure Lereboullet - (France)

Référence électronique : « Hommage de Anne-Laure Lereboullet », Climatologie [En ligne], mis à jour le : 14/02/2017, URL : http://lodel.irevues.inist.fr/climatologie/index.php?id=1177