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Climatologie

Un mot pour Gérard Beltrando. Hommages de douze de ses ancien(ne)s doctorant(e)s

Hommage de Lucile Etienne


La belle géographie

Thèse soutenue le 24 septembre 2014 intitulée « Accentuation récente de la vulnérabilité liée au recul du trait de côte et à l’extension des sebkhas dans l’archipel de Kerkennah (Tunisie) » réalisée en cotutelle internationale entre la France (Université Paris Diderot, sous la direction du Pr. G. Beltrando) et la Tunisie (Université de Sfax, sous la direction du Pr. A. Daoud)

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Je voudrais ici raconter une toute petite anecdote qui m’a marquée et a contribué à ma construction de géographe… J’étais en début de thèse. Ma vision de la géographie était en pleine construction, je lisais beaucoup et discutais énormément des concepts géographiques, bref je bâtissais ma conception de la géographie. Nous étions à un séminaire de laboratoire, l’ambiance était très conviviale, et l’un des doctorants de Gérard devait présenter une partie de son travail. Ce travail se voulait au-delà des traditionnelles distinctions entre géographie humaine et physique et associait, pour aller vite, des analyses de terrain et des entretiens auprès d’acteurs locaux. A la fin de son discours, le doctorant se voit poser une question (complètement provoc) que je retranscris telle que je m’en souviens :

L’intervenant : « Vous dites que vous travaillez à la fois en géographie humaine et en géographie physique, mais franchement, elle ne sert à rien la géographie physique. ».

Je ne me souviens plus de la réponse du doctorant mais après qu’il ait répondu, Gérard s’est levé et a ajouté à l’attention de l’intervenant : « Tu sais… nous… on ne fait pas de la géographie physique ou de la géographie humaine, nous on fait de la belle géographie… ».

Et bien cette petite phrase, aussi provoc qu’elle soit, a forgé quelque chose dans ma conception de la géographie. Elle est une jolie formule pour dire que les barrières traditionnelles tombent, que les frontières s’estompent et que les limites deviennent floues dans la géographie. Gérard, bien au-delà de cette anecdote, m’a transmis l’idée d’une géographie qui ne cherche pas à rentrer dans des cases mais qui cherche à comprendre le monde dans lequel nous vivons dans toute sa complexité – une belle géographie.

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Lucile Etienne - (France)

Référence électronique : « Hommage de Lucile Etienne », Climatologie [En ligne], mis à jour le : 14/02/2017, URL : http://lodel.irevues.inist.fr/climatologie/index.php?id=1178