Déchets, Sciences & Techniques

N°49


Editorial


Après le Grenelle de l’Environnement ?
Pierre Moszkowicz et Olivier Guichardaz

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Texte intégral

Il y a quelques mois, nous nourrissions quelque inquiétude au sujet du Grenelle de l’Environnement. Les choses paraissaient mal engagées, sur des bases peu étayées. Dans le domaine des déchets notamment, la somme de connaissances accumulées depuis des années — grâce en particulier à la recherche — paraissait partiellement ignorée. Maintenant que le Grenelle a accouché de ses « engagements », nous pouvons constater avec regret que ces inquiétudes étaient, au moins pour partie, fondées. Une des questions très polémiques était le moratoire sur l’incinération. S’il n’a pas été adopté, des conditions très strictes ont été mises à la création de nouveaux projets d’incinérateurs alors que de telles conditions n’existent pas pour les décharges. En théorie, il restera possible de construire de nouvelles usines. En pratique, on peut craindre que les projets, déjà difficiles à faire aboutir, ne deviennent presque impossibles à monter. Et on le sait, ce qui ne va pas en incinérateur finit immanquablement en décharge, avec le gâchis que cela représente en termes de PCI inutilisé et d’espace consommé.

A terme, c’est la « hiérarchie des déchets », gravée dans le marbre depuis la première directive cadre de 1975, qui risque de se trouver ainsi bousculée, l’incinération passant, de fait, après la décharge dans l’ordre des priorités.

Pour ce qui est de la facturation incitative (« payer en fonction de ce que l’on jette »), les pouvoirs publics et les participants au Grenelle n’ont voulu retenir que ce qu’ils voulaient des — relativement rares — données disponibles. Et rien n’a été décidé quant à un éventuel approfondissement de la connaissance de tous les impacts — économiques, sociaux, environnementaux… — d’un tel système.

Un autre des résultats importants du « Grenelle de l’environnement », porteur d’espoirs, a été la mise en place d’un comité opérationnel « recherche », qui rendra ses conclusions fin juin 2008. Ce comité doit décliner de façon opérationnelle les conclusions du Grenelle en matière de recherche et de technologie et proposera en conséquence une stratégie nationale de recherche sur les thématiques suivantes : changement climatique ; nouvelles technologies de l’énergie ; transports propres ; soutien aux démonstrateurs technologiques ; bâtiments écologiques ; éco-conception et substitution des produits ; agriculture durable et OGM ; santé-environnement ; biodiversité ; réseaux de recherche écologiques long terme ; évaluation des impacts sociaux et économiques des politiques environnementales. Il avancera aussi des propositions sur le contenu, la répartition et le financement de l’enveloppe d’un milliard d’euros sur quatre ans qui sera consacrée à la recherche dans le domaine de toutes les énergies et des moteurs du futur, de la biodiversité et de la santé environnementale.

Si le mot « déchets » ne figure pas explicitement dans la liste des thématiques, les problématiques liées à ceux-ci restent en réalité très présentes (impacts sur la santé, éco-conception, valorisation énergétique, recyclage…) et les acteurs de la recherche sont fortement mobilisés.

Pour citer ce document

Référence papier : Pierre Moszkowicz et Olivier Guichardaz « Editorial », Dechets sciences et techniques, N°49, 2008, p. 2.

Référence électronique : Pierre Moszkowicz et Olivier Guichardaz « Editorial », Dechets sciences et techniques [En ligne], N°49, mis à jour le : 02/04/2015, URL : http://lodel.irevues.inist.fr/dechets-sciences-techniques/index.php?id=2983, https://doi.org/10.4267/dechets-sciences-techniques.2983

Auteur(s)

Pierre Moszkowicz

Rédacteur en chef de Déchets, Sciences et Techniques

Olivier Guichardaz

Chef de la rubrique « déchets » d’Environnement & Technique