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Effets de serre : essence et diesel à égalité

p. 48

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Note de la rédaction

Rapport Annuel 1997 de l'UFIP

Texte intégral

Contrairement aux idées reçues, la diésélisation accrue du parc automobile n'améliorerait pas le bilan des rejets de CO2, qui conditionnent l'effet de serre. En effet, l'avantage de moindre consommation du moteur diesel disparaît si l'on prend en compte les besoins supplémentaires d'énergie nécessaires à la fabrication du gazole et au fonctionnement des nouveaux dispositifs de dépollution.

En outre, les progrès en cours sur le moteur à essence laissent espérer une réduction des rejets de CO2. Le débat entre la motorisation essence et diesel n'est donc pas clos : chaque moteur avec ses qualités propres reste en compétition pour séduire l'automobiliste.

La consommation des véhicules particuliers diesel est inférieure à celle des véhicules à essence (6,8 l aux 100 km pour le diesel contre 8,4 l en moyenne de consommation du parc français en 1996). Si l'on considère la consommation exprimée en kg/100 km, qui est le critère pertinent (le gazole est plus dense que l'essence), l'écart réel de consommation n'est que de 10 %. Il en est de même des niveaux d'émissions de CO2 au km parcouru. Cet écart disparaît totalement si l'on compare les parcs de véhicules neufs essence et diesel de 1995.

Par ailleurs, le bilan des rejets de CO2 doit intégrer les considérations suivantes :

  • les fortes augmentations de consommation d'énergie en raffinerie pour satisfaire la demande de gazole en quantité et qualité annuleront l'avantage moyen actuel mesuré au niveau du parc : leur montant représente près de 10 % d'énergie en plus de celle consommée par le véhicule ; ainsi, à 163,6 g de CO2 par kilomètre émis par un véhicule diesel neuf, il faudrait ajouter 17,4 g/km pour une désulfuration du gazole à 50 ppm ;

  • les surconsommations dues aux dispositifs très performants de dépollution qui seront nécessaires aux véhicules pour la réduction des émissions de NOx et de particules contre-balanceront les avantages de rejet de CO2 du moteur diesel par rapport au moteur à essence actuel avec pot catalytique ;

  • de plus, pour être complète, la comparaison des options essence ou diesel, du point de vue de leur contribution à l'effet de serre, devrait tenir compte des progrès technologiques qui se préparent, en particulier pour le moteur à essence. Ainsi, l'injection directe et la combustion en mélange pauvre permettront de réduire les rejets de CO2, du moteur essence à des niveaux proches de ceux du moteur diesel amélioré.

Ces conclusions se retrouvent dans les études menées en 1994 par l'INRETS.

L'argumentation selon laquelle il faudrait continuer à favoriser le diesel afin de freiner l'effet de serre n'est donc pas vraiment fondée : le choix entre les deux motorisations doit rester ouvert pour les véhicules particuliers.

Pour citer ce document

Référence papier : « Effets de serre : essence et diesel à égalité », Pollution atmosphérique, N°159, 1998, p. 48.

Référence électronique : « Effets de serre : essence et diesel à égalité », Pollution atmosphérique [En ligne], N°159, mis à jour le : 22/06/2016, URL : http://lodel.irevues.inist.fr/pollution-atmospherique/index.php?id=3532

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