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Comptes-rendus

8e édition des Journées Interdisciplinaires sur la Qualité de l'Air (JIQA)

Pascal Devolder

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Texte intégral

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La huitième édition des Journées Interdisciplinaires sur la Qualité de l'Air (JIQA) a eu lieu les 10 et 11 février 2014 sur le campus de l'université Lille 1 Sciences et Technologies, dans les locaux de l'IUT A de Lille 1, à Villeneuve d'Ascq.

L'objectif de ces journées francophones, organisées depuis 2002 conjointement par l’APPA Nord-Pas-de-Calais (http://www.appanpc.fr), le laboratoire PC2A (http://pc2a.univ-lille1.fr) et la faculté des Sciences pharmaceutiques et biologiques de l’université de Lille 2,  est d'offrir à de jeunes chercheurs l'opportunité de présenter leurs travaux dans une atmosphère conviviale.

Cette édition a rassemblé près d'une centaine de personnes, dont une large majorité de doctorants et de très jeunes scientifiques. Beaucoup de domaines de la qualité de l'air et de ses impacts sur l'homme et son environnement ont été balayés : physico-chimie, biologie, toxicologie, épidémiologie, sociologie, etc. Les exposés se sont souvent suivis de discussions animées et fructueuses ouvrant de nouvelles perspectives.

Si les présentations issues d'équipes de la région Nord-Pas-de-Calais ont été majoritaires, on a aussi relevé des communications orales ou par affiches venant de presque toute la France (Angers, Bron, Caen, Gif, Grenoble, La Rochelle, Marseille, Rouen, Strasbourg, Verneuil) ainsi que quelques autres venant du continent africain (Agadir, Cotonou, Sfax) ou du Liban. Au total, 21 communications et 11 affiches ont été sélectionnées par le comité scientifique ; il faut souligner que la plupart étaient le fruit de collaborations entre plusieurs équipes.

On peut distinguer comme suit les deux thèmes majeurs qui ont été abordés :

Des études concernant les sources, le mesurage, la caractérisation ou l'évolution physico-chimique d'espèces polluantes ; ainsi, plusieurs études s'intéressent à des zones fortement impactées par des pollutions spécifiques, par exemple la zone urbaine de Dunkerque, qui est l'archétype de zone urbano-industrielle, les vallées alpines ou des villes de pays émergents confrontées à des pollutions importantes (exemple : Beyrouth). Les quantifications de divers polluants sont parfois associées à des travaux de modélisation. Au sein de cette vaste problématique, les travaux concernant les effets des particules (PM10, PM2.5) sont particulièrement nombreux. Plusieurs études ont aussi concerné l'air intérieur (par exemple celui de classes d'un collège), les composés aromatiques (dont les HAP), le « carbone-suie », l'influence des métaux transportés par les aérosols sur la végétation ou la réduction/remédiation à la source d'émissions polluantes par des techniques catalytiques.

Des études visant à comprendre en profondeur l'impact sanitaire de la pollution, particulaire ou gazeuse, une tendance amorcée lors de la précédente édition. Ainsi plusieurs études se sont intéressées aux altérations génotoxiques de cellules vivantes exposées aux polluants : lymphocytes, cellules épithéliales bronchiques humaines, etc. Une communication a concerné la biopollution, dans ce cas l'activation d'une souche bactérienne sous stress environnemental.

On peut ajouter quelques remarques de portée plus générale :

Il est réconfortant de constater que, comme dans les éditions précédentes, il s'est maintenu un nombre faible mais significatif de communications liées aux impacts sanitaires de diverses pollutions sur des populations africaines urbaines (Maghreb et Afrique sub-saharienne) ; ceci est l'indice que le niveau souvent éminemment élevé de la pollution dans beaucoup de villes des pays émergents ou en développement constitue enfin une préoccupation importante.

La majeure partie des travaux présentés concerne les particules fines ou ultrafines (PM2.5 ou moins), particules qui font l'objet de quasi-certitudes s'agissant de leurs effets délétères sur la santé humaine.

En conclusion, le succès de ces journées interdisciplinaires ne se dément pas, ce qui confirme qu'elles correspondent à une attente du milieu, en particulier parmi les « novices » en recherche, autrement dit les doctorants et autres tout jeunes scientifiques concernés par la problématique environnementale. Dans l'ambiance décontractée qui prévaut, les jeunes chercheurs libèrent davantage leur parole. Un autre pari semble réussi, celui de l'interdisciplinarité, plus particulièrement l'exploration scientifique rigoureuse de l'interface entre biologie et physico-chimie.

Un grand merci à l'équipe organisatrice responsable de la logistique (l'APPA Nord/Pas-de-Calais), aux deux laboratoires support, ainsi qu'aux financeurs pour leur soutien à cette manifestation originale.

Retrouvez les résumés et articles des communicants sur le site internet dédié aux journées : www.jiqa.fr

Pour citer ce document

Référence électronique : Pascal Devolder « 8e édition des Journées Interdisciplinaires sur la Qualité de l'Air (JIQA) », Pollution atmosphérique [En ligne], N° 221, mis à jour le : 15/04/2014, URL : http://lodel.irevues.inist.fr/pollution-atmospherique/index.php?id=3785

Auteur(s)

Pascal Devolder