retour à l'accueil nouvelle fenêtre vers www.appa.asso.fr Pollution atmosphérique, climat, santé, société

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Toxicological aspects of air pollution risk

Evaluation toxicologique du risque en pollution atmosphérique

John A. Hoskins

p. 37-41

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Résumé

L'opinion publique s'inquiète de plus en plus au sujet de l'environnement mais beaucoup de ces craintes proviennent de l'ignorance et de journalistes mal informés. Il est à regretter que la responsabilité en incombe plus aux experts qu'aux journalistes. Le problème se pose lors de l'extrapolation des effets observés d'une exposition à haute dose à une toxine, aux effets prévus d'une exposition à faible dose. Cette extrapolation est toujours nécessaire pour ceux qui tentent d'estimer le risque d'exposition à des toxines à des doses couramment observées dans l’environnement. L'évaluation du risque en pollution de l'environnement commence souvent par une étude toxicologique d'une exposition à haute dose, généralement d'origine professionnelle ; elle est scientifique, a de fortes chances d'être correcte et même remarquable. Il est regrettable que, dans beaucoup de cas, l'étude finisse par produire un chiffre estimé qui ne peut être ni correctement justifié ni scientifiquement validé. Malheureusement, les dernières étapes du processus d'évaluation font rarement l'objet d'un examen critique et indépendant. Comme c'est la dernière ligne qui est publiée par les média, l'opinion publique exprime une inquiétude non fondée qui peut conduire les pouvoirs publics à adopter une réglementation encore plus sévère. A l'heure actuelle, un nombre croissant de composés qui polluent l'environnement font l’objet d'une évaluation du risque et des niveaux d'exposition acceptables ou souhaitables leur sont imposés. Ces niveaux sont souvent d'une faiblesse injustifiée. Il est temps de faire l'inventaire et d'essayer de reprendre contact avec la réalité. Les points à considérer sont : les taux de produits chimiques dans l'environnement général, les taux de mortalité et de morbidité de la population. Examinons-les dans l’ordre : nous vivons dans un monde chimique, nous sommes faits de corps chimiques, nous mangeons des produits chimiques. Selon les études publiées, nous respirons des produits cancérigènes, nous en produisons dans notre corps, nous en excrétons, nous en mangeons. L'évaluation des risques de l'environnement prévoit la mortalité attendue résultant de l'exposition à certains niveaux de polluants. Quand on étudie l'ensemble des polluants, on ne trouve pas assez de morts pour rendre compte de leurs effets estimés. Troisièmement, la maladie : il est difficile de la mettre en relation avec la pollution dans une population qui est en meilleure santé, en meilleure forme et d'une plus grande longévité que la génération précédente. Rien de tout cela ne signifie que la pollution est une bonne chose ou qu'elle est sans importance. Tout au contraire, elle demeure le fléau qu'elle a toujours été, en particulier dans la vie urbaine. Le message est qu'il vaut mieux ne pas faire d'estimations qui ne peuvent pas être justifiées. Elles effrayent les gens, elles peuvent causer des dommages économiques et lorsqu'on les considère dans leur ensemble leur absurdité se révèle et peut déconsidérer la science. Enfin, considérant le train où vont les choses, si les niveaux d'exposition sont fixés à des taux excessivement bas comment sera-t-il possible de les revoir à la hausse ? Quelle commission de sages osera, à la lumière de nouvelles preuves, affirmer qu'un composé est moins dangereux que ne l'avait décidé la commission précédente ?

Abstract

There is increasing public concern about the environment much of which is fuelled by uninformed journalism and ignorance. Regrettably much of the poor information comes from the professional risk assessors rather than the journalists. The problem is the extrapolation from the observed effects of high dose exposure to a toxin, to predicted effects of exposure to a law dose. Such extrapolation is invariably necessary for those who attempt to assess the risk of exposure to toxins at the levels generally found in the environment. Risk assessment of environmental pollution often starts with a toxicological survey of high dose exposure. Usually occupational, which will be science based, almost certainly sound and may be laudable. Regrettably in many instances the process finishes with a speculative figure which cannot be properly justified or scientifically validated. Unfortunately, the steps of the final assessment process rarely undergo Independent critical examination. Since, it is the bottom line that is quoted by the media unnecessary concern is then expressed by the exposed public which can lead to ever more stringent regulations from the politicians. At the present time mare and mare compounds which pollute the environment are being risk assessed and permissible or ideal levels of exposure to them set. These levels are often unjustifiably low. It is time surely to take stock and try to regain a grip on reality. Points to consider are: background levels of chemicals, death rate and ill- health in the community. Take these in order. We live in a chemical world, wae are made of chemicals, we eat chemicals. According to the literature we breathe carcinogens, we produce carcinogens in our bodies, we excrete carcinogens and we eat carcinogens. Environmental risk assessment suggests the expected death rate far exposure to certain levels of pollutants. When ail the pollutants are considered together there are not enough dead bodies to account for all their assessed effects. Thirdly. Ill-health: difficult to relate this ta pollution in a population which is healthier. Filter and longer-lived than the generation before. None of this is to say that pollution is a good thing or that it is unimportant. Quite the opposite, it is still the scourge. particularly of urban living, that it has always been. The message is rather to not make assessments that cannot be justified. They frighten people. they can be economically damaging and when taken together their absurdity is revealed which can bring real science into disrepute. Lastly, looking at the way the world works, if exposure levels are set at unrealistically low levels what is the chance of them ever being adjusted upwards? What committee of wise men will dare to say, even in the light of new evidence. That a compound is less of a danger than the previous committee decided it was?

Pour citer ce document

Référence papier : John A. Hoskins « Toxicological aspects of air pollution risk », Pollution atmosphérique, N°147, 1995, p. 37-41.

Référence électronique : John A. Hoskins « Toxicological aspects of air pollution risk », Pollution atmosphérique [En ligne], N°147, mis à jour le : 31/03/2014, URL : http://lodel.irevues.inist.fr/pollution-atmospherique/index.php?id=4016, https://doi.org/10.4267/pollution-atmospherique.4016

Auteur(s)

John A. Hoskins

MRC Toxicology Unit. Hodgkin Building, University of Leicester, Leicester LE1 9HN, UK