retour à l'accueil nouvelle fenêtre vers www.appa.asso.fr Pollution atmosphérique, climat, santé, société

Articles

L'évolution de la couche d'ozonestratosphérique : faits et incertitudes

Evolution of stratospheric ozone layer: acts and doubts

Gérard Mégie

p. 41-43

[Version imprimable] [Version PDF]

Résumé

Les résultats expérimentaux les plus récents mettent en évidence une perturbation importante de la couche d'ozone stratosphérique du fait des émissions anthropiques de composés halogénés, et notamment des chlorofluorocarbures. Les évaluations actuelles des tendances évolutives montrent que l'épaisseur de la couche d'ozone a diminué de 6 à 10 % en hiver et de 3 à 5 % en été dans les régions de moyenne latitude des deux hémisphères. Cette érosion, qui se produit principalement dans une zone comprise entre 20 km et 30 km d'altitude, peut être attribuée aux réactions catalytiques en phase hétérogène induites dans les composés chlorés chimiquement actifs, introduits dans la stratosphère par la destruction à haute altitude des chlorofluorocarbures. Par ailleurs, dans les régions polaires de l'hémisphère sud, la diminution de plus de 50 % de l'épaisseur de la couche d'ozone au cours du printemps austral, doit maintenant être considérée comme une caractéristique permanente de la stratosphère polaire Antarctique. Un lien direct de cause à effet peut aujourd'hui être établi avec certitude entre ce phénomène de grande ampleur et le chlore d'origine anthropique. Des mécanismes analogues ont également été mis en évidence dans l'hémisphère Nord, mais une plus grande variabilité dynamique au cours de l'hiver et du printemps a jusqu'à présent empêché que la destruction de l'ozone n'atteigne une amplitude comparable à celle mise en évidence au pôle sud. Enfin, une augmentation du rayonnement solaire ultra -violet mise en évidence au-dessus du continent antarctique lors de la diminution d'ozone au printemps, et plus récemment dans les régions de haute latitude de l'hémisphère nord du fait des diminutions importantes de la concentration d'ozone qui ont suivi l'éruption majeure du Mont Pinatubo en juin 1991.

Abstract

Recent results demonstrate the present perturbation in the ozone layer due to massive accumulation of manmade chlorine in the stratosphere. For the first time during the last years, the most recent evaluations of the long term trends in the ozone layer show negative trends in the total ozone content, with the highest values being observed in the wintertime high latitudes of both hemispheres. These trends are mainly related to decreases in the ozone concentration between 20 and 25 km, and could not be explained by gas phase photochemistry related to chlorine catalytic cycles. In the high latitude regions of the southern hemisphere the springtime ozone deficit can now be considered as a permanent feature of the Antarctic stratosphere. A direct link has been established between man-made chlorine and the large decrease in the ozone concentration, up to 90 %, observed between 15 km and 20 km. The 1993 ozone hole can be classified as the largest hole ever observed, with minimum ozone values lower than 100 Dobson Units (millicentimeter atmosphere) and an extended surface of more than 25 millions square kilometers. For the first time during the last years, evidence is also given for an increase of solar UV radiation during the springtime ozone hole over Antarctica, and more recently over the period 1989-1993 in the high latitude of the northern hemisphere over Canada. All these measurements serve as further observational evidences of the destructive effects of chlorofluorocarbons and halons on the stratospheric ozone layer.

Pour citer ce document

Référence papier : Gérard Mégie « L'évolution de la couche d'ozonestratosphérique : faits et incertitudes », Pollution atmosphérique, N°142, 1994, p. 41-43.

Référence électronique : Gérard Mégie « L'évolution de la couche d'ozonestratosphérique : faits et incertitudes », Pollution atmosphérique [En ligne], N°142, mis à jour le : 09/04/2014, URL : http://lodel.irevues.inist.fr/pollution-atmospherique/index.php?id=4111, https://doi.org/10.4267/pollution-atmospherique.4111

Auteur(s)

Gérard Mégie

Institut Pierre-Simon-Laplace, Service d'Aéronomie, Université Pierre-et-Marie-Curie, 4, place Jussieu, 75252 Paris cedex 05