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Pollution atmosphérique - 1993 - N°139, Juillet-Septembre 1993 - Articles

Point de vue sur les nouvelles tendances en matière d'évaluation et de gestion des risques
Point of view concerning new trends in the assessment and management of risks

Roland Masse


Résumé

Parce qu’ils conduisent aux contraintes les plus sévères, en matière de valeurs limites d’exposition, ce sont les risques Cancérogènes Mutagènes et liées à la toxicité pour la reproduction qui dominent les procédures de classification et d’étiquetage des substances toxiques en général, et des métaux lourds en particulier. La définition de ces différentes catégories de toxicité a fait l’objet de modifications récentes de la part des communautés Européennes. Ces modifications touchent principalement la procédure d’identification des mutagènes et des tératogènes dont l’extension de la catégorie implique désormais tous les effets sur la reproduction de l’homme, depuis les troubles de la libido jusqu’aux troubles du développement périnatal. Si l’épidémiologie permet de mettre en évidence certains effets cancérogènes, le plus souvent associés à des expositions métalliques multiples, et à de nombreux autres facteurs du style de vie, la reconnaissance du potentiel cancérogène du plomb, du cadmium, du béryllium reposent essentiellement sur l’expérimentation animale. Alors que l’identification d’un potentiel cancérogène peut être l’objet d’un consensus assez unanime, l’utilisation des données expérimentales pour l’évaluation du risque pour l’homme pose de multiples problèmes. Ces problèmes sont liés à la nature des voies utilisées pour obtenir l’effet à l’existence de facteurs toxique mal pris en considération dès lors que l’utilisation de la dose maximale tolérée est la seul à être cancérogène, aux différences d’espèces considérables qui peuvent exister entre l’exposition et la « dose », chez l’animal et chez l’homme. Ces paramètres sont particulièrement importants lorsque l’effet cancérogène est limité au poumon. En fait chez le rat toute surcharge caniotique expérimentale peut être suspectée d’être la cause réelle d’une cancérisation de type irritative. Par ailleurs une susceptibilité extrême à l’induction de cancers pulmonaires est établie pour l’exposition au beryllium et au cadmium, sans influence décisive de la speciation des composés inhalés. Cette observation se heurte à l’épidémiologie des groupes professionnellement exposés, n’exprimant pas de manière convaincante un excès de cancer du poumon ou à distance de la voie d’entrée, alors que des effets de nature déterministe, néphrites dues au cadmium et bérylliose chronique, établissent avec certitude l’existence d’une exposition à un niveau ayant entrainé un détriment sévère.

Abstract

Because they result in the most severe constraints for exposure limitation, carcinogenicity mutagenicity and toxicity for human reproduction (CMT) make up the greatest concern for toxicants in general and this remains true for heavy metals.
New guidelines have recently been proposed by EEC for including compounds in CMT categories. Categorization of substances toxic to reproduction has been the most widely reassessed including all the aspects from toubles of the libido to neonatal behaviour.
Although epidemiology allows to evidence some carcinogenic potency of combined exposure to different metals, lifestyfe confounding factors are multiple and do not permit in general to derive risk coefficient for exposure limitation. Thus the role of animal experiments remains crucial for that purpose.
Identifyfng a carcinogenic hazard in animals is usually easy, however risk evaluation and extrapolation of.risk coefficients to man is highly debatable owing to different toxicokinetics, to the use of non relevant ways or to the use of near MTD concentrations. This is especially true when lung carcinogens have to be dealt with. Overloading the lung can result from very little amount deposited in the exchange airways resulting in irritation which may turn to cell prolifération and tumor
Cadmium and beryllium are extremely potent carcinogens after low doses deposited in the airways of the rat. There is no evidence that this phenomenon relate to human situation since most occupationnally exposed workers did not develop significant excess of tumors although they developed berylliosis and kidney disease. It is therefore suggested that the limitation system be based on specific human pathology and not on carcinogenic risks since elements cannot be banned from the environment.

Pour citer ce document

Référence papier : Roland Masse « Point de vue sur les nouvelles tendances en matière d'évaluation et de gestion des risques », Pollution atmosphérique, N°139, 1993, p. 110-116.

Référence électronique : Roland Masse « Point de vue sur les nouvelles tendances en matière d'évaluation et de gestion des risques », Pollution atmosphérique [En ligne], N°139, mis à jour le : 22/04/2014, URL : http://lodel.irevues.inist.fr/pollution-atmospherique/index.php?id=4267, https://doi.org/10.4267/pollution-atmospherique.4267

Auteur(s)

Roland Masse

Centre d'Études Nucléaires de Fontenay-aux-Roses, Direction des Sciences du Vivant, BP n° 6, 92265 Fontenay-aux-Roses