retour à l'accueil nouvelle fenêtre vers www.appa.asso.fr Pollution atmosphérique, climat, santé, société

N° 221

Éditorial

Marc Larzillière, Isabelle Roussel et Michel Thibaudon

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Annexe(s)

Lettre de soutien

Texte intégral

Le 18 mars, le conseil scientifique de la revue s’est réuni pour établir un bilan de la mise en ligne et de l’accès libre des numéros publiés. Ce bilan s’appuie sur les chiffres de consultation du site de la revue http://irevues.inist.fr/pollution-atmospherique ; ceux-ci font état d’environ 1 400 consultations par mois, ce qui est encourageant par rapport aux 400 abonnés qui avaient accès à la revue auparavant.

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Figure 1. Nombre de pages consultées et nombre de visites sur le site de la revue (source : INIST).

Le passage vers le numérique et l’accès libre s’est effectué dans la continuité de la longue histoire de la revue. Chaque numéro est identifié par une couverture soigneusement réalisée, et le site de la revue, esthétique et convivial, permet d’accéder à l’ensemble des articles numérisés depuis 1992 grâce au moteur de recherche performant de l’INIST.

L’élargissement du lectorat a imposé aux membres du comité de rédaction et du conseil scientifique de prendre de nouvelles orientations pour être en phase avec les préoccupations des lecteurs, public avisé et désireux de s’informer sur l’état des connaissances et des actions entreprises. Cette évolution de la ligne éditoriale s’est traduite par un gros effort fourni par les auteurs qui sont plus attendus sur des synthèses que sur des développements scientifiques pointus. Dans cette perspective, le travail éditorial a été renforcé de manière à être plus en phase avec l’actualité et plus adapté au nouveau public connu uniquement quantitativement par le nombre de consultations enregistrées sur le site.

Qu’il soit permis de remercier tous ceux qui ont pu contribuer au succès de cette publication : les ingénieurs de l’INIST, bien sûr, mais aussi Bruno Calvo-Lopez qui assure le secrétariat et la mise en forme de la revue avec beaucoup de professionnalisme et une rigueur toute alsacienne, notre relecteur Laurent Vermeersch qui, même lors de son séjour aux antipodes, a pu assurer sa tâche avec la conscience professionnelle qu’on lui connaît. Nos remerciements s’adressent tout particulièrement aux membres du conseil scientifique qui est la cheville ouvrière de la publication, tandis que le groupe de travail qui a pris en charge la publication du numéro spécial intitulé « Adaptation au climat et maîtrise de la qualité de l’air » a fourni un travail remarquable dont la diffusion, encore trop confidentielle, sera bientôt plus large avec la mise en ligne prochaine. Le comité de rédaction a été tout particulièrement sollicité pour susciter la variété et la pertinence des contributions proposées mais aussi pour orienter les publications.

Ainsi, grâce aux efforts de chacun, le bilan de cette année 2013 est plutôt satisfaisant à travers les quelque quarante articles, très éclectiques, publiés sur les particules, l’air intérieur, la santé… sans oublier la veille documentaire, les comptes rendus d’ouvrage, les éditoriaux qui représentent un apport certain à la connaissance sur la qualité de l’air et le climat.

La pression médiatique entendue à l’occasion des récents pics de pollution montre l’importance des attentes des habitants par rapport à une pollution de l’air qui les inquiète et qu’ils pensent en augmentation. Seules des réponses nuancées et distanciées peuvent expliquer la complexité du phénomène et la lourdeur des tâches à entreprendre pour construire, dans la durée, une ville plus saine. C’est pourquoi nous avons publié des mises au point sur le tabagisme tertiaire, le diesel, la cigarette électronique, l’incident de Lubrizol…

Donc un bilan qui pourrait encourager la poursuite de l’orientation prise, et pourtant, le modèle économique adopté apporte une ombre au tableau et il interroge les actionnaires de la SARL « Pollution atmosphérique » qui se permettent de signer cet éditorial alors que leur rôle consiste plutôt à rester dans l’ombre en assurant la bonne gestion de la revue pour qu’elle puisse déployer son travail scientifique en étant affranchie des soucis logistiques.

Le dispositif numérique adopté modifie le projet économique de la revue puisque sa seule ambition commerciale est réduite à vendre un numéro spécial, en version papier, par an. En revanche, la large diffusion de l'information correspond à un souhait de la puissance publique qui, par ce fait même, devient un financeur essentiel de la revue, en conformité avec les déclarations gouvernementales consistant à ouvrir largement l’information sur la pollution atmosphérique et le climat pour faire évoluer les comportements.

D’autres soutiens s’imposent pour poursuivre ; compte tenu des restrictions budgétaires en vigueur, le modèle économique ne peut plus reposer essentiellement sur de l’argent public. Le passage au numérique de la revue Pollution Atmosphérique a supprimé les recettes des abonnements et le coût de l’impression mais les frais de structure restent importants : si le conseil scientifique et le comité de rédaction fonctionnent en s’appuyant largement sur le bénévolat, le professionnalisme requis pour mener à bien cette publication nécessite de rémunérer un certain nombre de tâches : secrétariat de rédaction, corrections, comptabilité et gestion, numérisation… C’est le prix à payer pour maintenir une exigence de qualité et continuer à faire vivre cette unique publication française entièrement consacrée à la problématique de la qualité de l’air1. Une réflexion doit s’engager sur les stratégies possibles afin de ne pas perdre l’acquis, l’historique et la notoriété de la seule revue en langue française touchant au domaine. La figure 1, copie d’écran du site de la revue, montre l’ampleur des efforts effectués tant dans la réalisation du site que dans l’accès à l’ensemble des articles mis en ligne grâce au moteur de recherche de l’INIST.

Une première piste de réflexion interroge l’existence même de la SARL en 2015 ou 2016. Cette société n’a sans doute plus de raison d’être puisque la revue n’a plus pour objectif de « gagner de l’argent ».

L’option en faveur de la création d’une SARL a été prise en 1981 pour des raisons de prévention des risques. En effet, la revue, créée dès 1958, avait été portée par l’APPA, Association pour la Prévention de la Pollution Atmosphérique, parce que la revue constituait un secteur marchand important puisque le montant des abonnements était relativement élevé. L’option prise avait pour ambition d’éviter les risques financiers réciproques. Pour autant, l’autonomie financière entre l’APPA et la SARL était plus théorique que réelle. Les locaux, la comptabilité voire même certains travaux de rédaction étaient assurés par l’association qui, par ailleurs, soutenait financièrement la revue dont l’image était portée par un conseil scientifique tout à fait crédible et étranger aux activités plus associatives de l’APPA. Cette séparation avait aussi pour objectif d’assurer une étanchéité entre la connaissance, étroitement liée à la recherche, et les actions de l’association, davantage situées dans le registre de la communication.

Est-ce que cette distinction est encore nécessaire aujourd’hui ? Le contexte de la pollution atmosphérique a évolué : en 1958, l’objectif de l’APPA consistait à susciter des recherches sur le thème de la pollution atmosphérique pour laquelle le déficit de connaissances était impressionnant, tant sur le plan de la métrologie que sur les caractéristiques des polluants et de leurs effets. Actuellement, la recherche s’est amplifiée, elle a pleinement répondu aux attentes, et le déficit est passé progressivement de la connaissance à l’action. Comme le disait Laurence Galsomiès, ingénieure de l‘ADEME, au sein du conseil scientifique, l’enjeu de la revue s’est déplacé et consiste à donner des éléments pour susciter l’action voire même pour réfléchir à ses modalités. Donc les liens avec une structure associative ne sont plus un obstacle, une piste pour assurer la pérennité de la structure consisterait donc à l’intégrer au sein d’un secteur bien identifié de l’activité éditoriale de l’APPA qui est déjà soutenu par le Conseil Régional Nord-Pas-de-Calais en ce qui concerne Air pur. Environnements, santé. Le soutien de l’ADEME et du bureau de l’air du ministère de l’Écologie sont acquis pour continuer à soutenir la revue puisqu’ils sont convaincus que c’est actuellement l’ensemble des habitants qui devient acteur de la maîtrise de la qualité de l’air en s’appuyant sur des informations accessibles puisque la réglementation a atteint ses limites. Même dans les secteurs où elle reste pertinente, elle a besoin d’être expliquée et commentée pour être appropriée et intégrée dans la responsabilité à la fois collective et individuelle de la population. L’APPA deviendrait une plate-forme d’accueil, et le conseil scientifique serait le conseil scientifique du secteur éditorial de l’APPA.

Cette option repose sur la nécessaire motivation de nouveaux partenaires financiers pour encourager l’APPA à poursuivre cette mission de diffusion des informations scientifiques. C’est cette démarche de diffusion large des informations à laquelle l’APPA s’est engagée sous différentes formes : formations, site Internet, newsletters2, revues… que nous vous invitons à encourager3 à travers la diffusion large, en direction d’entreprises, de collectivités et de laboratoires, de la demande de soutien jointe.

Les actionnaires de la revue

APPA, CITEPA, RNSA

Personnes morales représentées par : Isabelle Roussel, Marc Larzillière et Michel Thibaudon.

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Isabelle Roussel                                                          Le Kremlin-Bicêtre, avril 2014
Professeur émérite à l'université de Lille 1
Présidente
appa.irou@gmail.com

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Objet : soutien à l’activité éditoriale de l’APPA

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Monsieur le (Directeur),

Je me permets de solliciter votre soutien sous la forme d’une cotisation à l’APPA (avec un reçu fiscal en retour) ou d’une convention pour pérenniser l’ensemble de ses actions et spécialement son activité éditoriale. En effet, dans la continuité de sa reconnaissance d’utilité publique et des actions entreprises depuis sa création en 1958, l’APPA s’est engagée dans un gros travail de mise à disposition du public de nombreux documents validés scientifiquement sur les thèmes de la pollution atmosphérique, de la santé et du climat.

Cette orientation s’est concrétisée depuis le début de l’année 2013 par l’adoption du format numérique pour la revue Pollution atmosphérique, climat, santé, société qui est en accès libre sur le site de l'INIST (http://irevues.inist.fr/pollution-atmospherique/) et sur celui de l'APPA (Association pour la Prévention de la Pollution Atmosphérique) (www.appa.asso.fr), rejoignant ainsi la revue Air pur. Environnements, santé éditée par le comité régional Nord-Pas-de-Calais (http://www.appanpc.fr/Pages/article.php?art=868).

La revue Pollution Atmosphérique, climat, santé, société, pilotée par un conseil scientifique résolument pluridisciplinaire, a pour ambition de susciter des contributions scientifiques sur la qualité de l’air avec ses implications sanitaires et sociales depuis le logement jusqu’au climat. C’est cette approche globale et intégrée, souvent invoquée mais bridée par une organisation institutionnelle très sectorisée, que la revue et l’APPA entendent promouvoir. Bien sûr, avec votre soutien, cette activité éditoriale doit évoluer au fil des temps et s’adapter aux besoins de la société qui, actuellement, est avide non seulement de connaissances mais aussi de réflexions sur l’action et son pilotage.

Avec une périodicité de quatre numéros par an, la revue ne peut constituer un organe d'actualité. Toutes les informations relayées relèvent d'un regard distancié. Seul ce recul lié au temps de la maturation permet de résister à la pression croissante de l’instantanéité que manifeste le développement des technologies de l’information et de la communication, souvent source de conformisme, alors que la complexité actuelle implique l’articulation de différentes échelles de temps et la prise en compte du long terme, en décalage par rapport aux valeurs actuelles du temps immédiat.

Cette activité éditoriale est soutenue par le Conseil Régional Nord-Pas-de-Calais, en ce qui concerne Air pur. Environnement, santé. Le soutien de l’ADEME et du bureau de l’air du ministère de l’Écologie sont acquis puisqu’ils sont convaincus que c’est actuellement l’ensemble des habitants qui devient acteur de la maîtrise de la qualité de l’air en s’appuyant sur des informations accessibles puisque la réglementation a atteint ses limites. Même dans les secteurs où elle reste pertinente, elle a besoin d’être expliquée et commentée pour être appropriée et intégrée dans la responsabilité à la fois collective et individuelle de la population.

D’autres soutiens s’imposent pour poursuivre. Le passage au numérique de la revue Pollution Atmosphérique a supprimé les recettes des abonnements et le coût de l’impression, mais les frais de structure restent importants : si le conseil scientifique et le comité de rédaction fonctionnent en s’appuyant largement sur le bénévolat, le professionnalisme requis pour mener à bien cette publication nécessite de rémunérer un certain nombre de tâches : secrétariat de rédaction, corrections, comptabilité et gestion, numérisation… C’est le prix à payer pour maintenir une exigence de qualité et continuer à faire vivre cette unique publication française entièrement consacrée à la problématique de la qualité de l’air4.

C’est cette démarche de diffusion large des informations à laquelle l’APPA s’est engagée sous différentes formes : formations, site Internet, newsletters, revues… que nous vous invitons à encourager5 et à laquelle nous souhaitons pouvoir vous associer soit en participant au conseil scientifique, soit en nous envoyant des informations que vous souhaitez publier.

Dans la perspective d’une étroite et fructueuse collaboration, je vous remercie par avance pour votre soutien qui va nous permettre de poursuivre dans cette voie qui est celle d’un enjeu de santé publique.

Isabelle Roussel

Présidente de l’APPA

Notes

1 Si vous le désirez, je tiens à votre disposition tout un argumentaire au sujet de la nécessaire pérennisation de la revue Pollution Atmosphérique.

2 Les newsletters largement diffusées par l’APPA jouent un rôle essentiel dans la diffusion de la revue et d’informations brèves liées à l’actualité. L’annonce de la mise en ligne de la publication d’un numéro de la revue est effectuée par une newsletter dont le contenu est ouvert à tous, adressée à une mailing list qui peut être nourrie et augmentée selon vos suggestions.

3 Sous la forme d’une cotisation ou d’une convention à formaliser.

4 Si vous le désirez, je tiens à votre disposition tout un argumentaire au sujet de la nécessaire pérennisation de la revue Pollution Atmosphérique.

5 Sous la forme d’une cotisation (formulaire joint) ou d’une convention à formaliser.

Pour citer ce document

Référence électronique : Marc Larzillière, Isabelle Roussel et Michel Thibaudon « Éditorial », Pollution atmosphérique [En ligne], N° 221, mis à jour le : 15/04/2014, URL : http://lodel.irevues.inist.fr/pollution-atmospherique/index.php?id=4332

Auteur(s)

Marc Larzillière

Isabelle Roussel

Michel Thibaudon