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Interviews

Présentation d’Oxfam – Entretien avec Romain Bénicchio

Milena Beekmann et Isabelle Roussel

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Texte intégral

Oxfam : Oxford Committee for Relief Famine est une organisation fondée en Grande-Bretagne en 1942. La confédération internationale Oxfam a été créée en 1995 par un groupe d’organisations non gouvernementales indépendantes. Leur objectif était d’unir leurs efforts sur la scène internationale afin de maximiser l’impact de leurs actions visant à réduire la pauvreté et l’injustice. Actuellement, Oxfam regroupe 17 organisations qui travaillent ensemble, avec des partenaires et communautés locales, dans plus de 90 pays.

L’objectif principal d’Oxfam est la lutte contre la pauvreté : « Une personne sur trois vit dans la pauvreté, nous sommes déterminés à changer cela en mobilisant le pouvoir citoyen contre la pauvreté. Tout autour de la planète, nous nous efforçons de trouver des solutions pratiques et innovantes pour aider les individus à s'extraire de la pauvreté et à s'épanouir ».

Oxfam livre ce combat en s’appuyant sur le respect des droits : « Nous avons la vision d’un monde juste et sans pauvreté. Nous aspirons à un monde dans lequel tous les hommes et les femmes sont considérés et traités sur un pied d’égalité, exercent pleinement leurs droits et peuvent influencer les décisions qui touchent à leur vie ». C’est ainsi qu’Oxfam milite pour que les populations pauvres se fassent entendre et pèsent sur les décisions, aussi bien locales qu'internationales, qui les affectent.

Le pouvoir citoyen contre la pauvreté – Oxfam International

https://www.oxfam.org/fr/multimedia/video/2013-le-pouvoir-citoyen-contre-la-pauvrete

Pour atteindre ces objectifs, Oxfam agit sur plusieurs registres et intervient :

  • dans l’urgence, pour porter secours à toutes les victimes des catastrophes naturelles ou des guerres : « Nous sauvons des vies et aidons les personnes touchées par des crises ou catastrophes à reconstituer leurs moyens de subsistance ».

  • sur le long terme au sein des projets de développement durable fondés sur les droits, des campagnes de sensibilisation et de mobilisation. Pour s’attaquer aux causes structurelles de l’injustice et de la pauvreté, l’organisation a développé un réseau d’experts qui se sont investis dans l’action de plaidoyer et qui rédigent de nombreux rapports concernant tous les défis auxquels le monde moderne est confronté.

En conformité avec ces objectifs, Oxfam a décidé d’agir sur la maîtrise du changement climatique que l’organisation considère comme étant une cause structurelle de l’augmentation de la pauvreté et des injustices dans le monde. La trajectoire d’Oxfam, parmi le monde des ONG investies sur la question climatique, est bien particulière puisqu’elle était essentiellement impliquée, sur le terrain, dans des actions en faveur du développement et de lutte contre la pauvreté et que, progressivement, elle s’est dotée d’une expertise sur le climat et s’est investie dans un plaidoyer en faveur de la réduction des émissions de GES des pays du Nord et de l’adaptation des pays du Sud aux contraintes climatiques grandissantes.

Romain Benicchio, investi dans l’action de plaidoyer sur le changement climatique, dans le cadre d’Oxfam international, a bien voulu répondre aux interrogations de Milena Beekmann et d’Isabelle Roussel, en novembre 2014, à Genève.

L’investissement progressif d’Oxfam dans le domaine du climat : un plaidoyer international étayé par des actions locales

L’association a suivi un chemin inverse de celui que l’on retrouve habituellement : les publications d’Oxfam partent de l’adaptation pour en tirer des conseils aux pays du Nord afin de limiter les GES. Cette trajectoire s’inscrit dans la logique des objectifs de l’association dont le but : « est d’influencer les plus puissants pour aider les populations à améliorer non seulement leur vie mais aussi leur faire prendre part aux décisions qui les touchent ». D’après cette organisation de solidarité et de développement, il est impossible de travailler sur les besoins locaux pour promouvoir l’adaptation au changement climatique sans avoir un discours plus complet portant sur le financement et l’atténuation… et donc, au-delà, à une autre échelle, une expertise s’impose sur le lien entre le climat et les hommes, sur les défis que le climat présente à l’humanité, sur les acteurs apportant des solutions et donc sur le fonctionnement des négociations onusiennes. L’association intervient donc sur l’adaptation au niveau local sans négliger une action plus globale sur la réduction des émissions des pays du Nord.

Quels sont les catastrophes liées au climat sur lesquelles Oxfam intervient, et selon quelles modalités ?

Oxfam considère que le changement climatique exerce d’ores et déjà des ravages auxquels l’association est sensible puisqu’elle apporte son aide pour secourir les populations touchées par les catastrophes naturelles. Celles-ci se traduisent presque toujours par une hausse des prix agricoles qui infligent aux populations touchées une double peine: par exemple, au Brésil, la pire sécheresse de la décennie a détruit les récoltes dans la région « grenier » du pays, notamment la précieuse récolte de café, ce qui a engendré une augmentation des prix du café de l'ordre de 50 %. En Californie, la pire sécheresse depuis plus de 100 ans a des effets catastrophiques sur l'industrie agricole de l'État qui produit près de la moitié des fruits, des légumes et des noix cultivés. Ces catastrophes touchent les pays comme le Brésil, la Californie, l’Australie qui sont les plus impactés par le changement climatique alors qu’ils assurent des approvisionnements indispensables. Ces dérèglements du climat ont alors des répercussions sur les prix alimentaires.

Oxfam essaie de faire le lien entre telle ou telle catastrophe et les projections à plus long terme sur le climat et l’évolution. Cette question du lien entre catastrophes naturelles et évolution climatique est délicate ; elle est encore discutée puisque les deux phénomènes relèvent d’échelles et de processus différents mais s’alimentent l’un l’autre. Si Oxfam continue à mettre en œuvre un travail d’urgence en cas de catastrophe, l’association tient à investir à l’amont pour prévenir les risques et continuer à protéger les populations. Le lien entre une catastrophe spécifique et les impacts du changement climatique en général est difficile à établir selon le discours du GIEC mais, du point de vue d’Oxfam, ces évènements extrêmes montent en intensité et en fréquence. Cette affirmation est étayée par des observations au niveau très local : certaines populations déclarent que sur les 10 dernières années, la saison des pluies a changé, qu’elle est plus courte et plus intense.

Ainsi, sur le changement climatique et la sécurité alimentaire, le discours d’Oxfam est cohérent et crédible, il est écouté par les politiques, même si l’efficacité de la percolation des discours dans le monde des décideurs et des ministères est difficile à apprécier.

Cette maîtrise des différentes échelles et le poids d’Oxfam au niveau politique repose sur la crédibilité du discours et des nombreux rapports mis en ligne depuis 2009. Oxfam s’est doté d’une expertise forte sur le climat pour essayer d’agir sur la source de ces problèmes en encourageant les pays du Nord à abandonner les énergies fossiles.

Oxfam réalise la synthèse entre mitigation (avec des interventions à l’échelle globale) et adaptation (avec des actions plus locales)

Cette ONG, très bien implantée localement, était donc bien placée pour accompagner les populations sur l’adaptation. Mais, pour agir efficacement sur le terrain à l’aval, elle a ressenti le besoin de peser aussi sur les émissions des pays du Nord et d’agir en amont pour peser sur les négociations, dans l’espoir d’éviter les pires dégâts.

Le travail sur le terrain, qui représente l’essentiel du financement d’Oxfam, n’interdit pas à l’association de participer à des campagnes et politiques dirigées vers les gouvernements du Nord, mais aussi vers ceux du Sud : en particulier, Oxfam a beaucoup travaillé sur les questions d’accaparement des terres en Afrique et en Amérique du Sud.

Selon cette même méthode, Oxfam veut peser sur les négociations sur le commerce international en intervenant en particulier sur la question des subventions agricoles qui ont pour conséquence de déstructurer l’agriculture familiale dans les pays du Sud.

Mais c’est toujours en partant de la réalité de terrain et des observations effectuées localement que l’ONG établit son agenda politique en fonction des possibilités et de l’existence d’un forum au sein duquel un travail de campagne, la description de la situation locale peut avoir un écho politique pour que le plaidoyer, la médiatisation puisse changer la situation. L’association effectue un lien entre les différentes échelles en partant du niveau local pour remonter au niveau politique.

Quelles sont les relations d’Oxfam avec les grandes fédérations intervenant dans le domaine du climat ?

Oxfam a rejoint le RAC pour avoir accès à une expertise sur l’aspect national des négociations. Par exemple, Oxfam n’a pas développé d’expertise sur le sujet de la transition énergétique mais l’organisation a bénéficié de celle d’autres ONG du RAC. En contrepartie, Oxfam apporte à ces associations une expertise locale sur les questions de développement, d’impacts humains et de financement.

La mobilisation par le niveau local est essentielle alors que les démonstrations par les chiffres parlent peu (30 ou 40 % de réduction d’ici à 2030 !). Il est nécessaire d’expliquer ce qu’est le contexte climatique de manière concrète. Par exemple, en France, le mouvement de Notre Dames des Landes, concret et centré localement, aborde beaucoup de questions environnementales. Ainsi, Alternatiba prend de plus en plus d’ampleur en France car il présente des solutions ancrées au niveau local. Il est vrai que ce discours s’adresse à une frange restreinte de la population. Or, pour ne pas prêcher uniquement à des convertis, il s’agit, au minimum, d’agréger les différents mouvements sociaux et environnementaux.

L’objectif de l’ONG consiste à traduire dans la réalité les constatations plus théoriques recensées dans les rapports du GIEC qui, selon Romain Benicchio, sont audibles, écoutées mais peu confrontées avec la réalité des situations locales. Ainsi Oxfam essaie, dans ses rapports, d’avoir un discours macro et global, étayé par des exemples, des situations plus locales, des études de cas.

Le fonctionnement d’Oxfam : ONG internationale

Oxfam est, au départ, une association anglaise, mais Oxfam international travaille avec Oxfam France sur le climat. La plupart des associations affiliées travaillent sur le climat dans leur contexte national et plaident auprès des gouvernements en faveur de la maîtrise du climat. C’est l’objectif suivi par Oxfam France qui, dans ce cadre, est membre du RAC, tandis qu’Oxfam International est membre du CAN.

Chaque entité garde son indépendance, mais en rejoignant le RAC, Oxfam, tout en gardant une certaine marge de manœuvre, adhère à un certain nombre de positions en termes de stratégie, d’objectifs… Le RAC ne dicte pas une stratégie, c’est plutôt l’inverse qui est observé, les membres utilisent le RAC pour les soutenir et trouver une coordination.

Oxfam dans le contexte des négociations internationales

Romain Benicchio ne trouve pas beaucoup de différences entre les associations francophones et anglophones en dehors de la question linguistique qui, bien sûr, crée des liens d’appartenance à une même culture avec une certaine facilité de se comprendre. En revanche, il observe de vraies différences entre les modalités d’action des sociétés civiles françaises et américaines, en raison du contexte politique plus que de la langue.

Sur les questions climat, le degré de compréhension est très différent selon les pays et la constitution de leur mix énergétique. Ainsi, en France, le débat est centré sur le nucléaire. En Angleterre, aux USA et en Australie, les associations d’Oxfam travaillent de manière très différente en fonction des opportunités politiques et des contextes nationaux.

On ne peut pas dire que les anglophones raisonnent plus en termes de justice environnementale car les discours sur la justice sociale et environnementale se rejoignent et forment un tout. C’était évident à New York, au mois de septembre : tous les combats sociaux et environnementaux se sont agrégés - végétalien, gaz de schiste, santé… Tous ces thèmes ont un lien avec le changement climatique qui offre une base très large. En France, les syndicats travaillent avec ATTAC qui rejoint les membres du RAC…

Tout le monde est conscient des lacunes des négociations qui ont été beaucoup discutées dans le monde des ONG après l’échec de Copenhague, car les ONG avaient considéré que l’ONU était le forum idéal et la solution à tous les problèmes. Aujourd’hui, les ONG savent que les négociations à l’ONU sont le résultat de politiques nationales, et que l’ONU n’est qu’une chambre d’enregistrement des actions des États. C’est pourquoi il revient aux ONG d’articuler leur discours de façon plus large, comme le montre le grand nombre de thèmes abordés au sein du débat français : le paquet climat européen, la loi sur la transition énergétique, le secteur privé, la place du charbon… Les ONG, fortes de cette expérience, ont développé un narratif beaucoup moins centré sur les COP et le climat, mais il est davantage centré sur des principes (droits de l’Homme, justice sociale et environnementale, droit à la sécurité alimentaire) qui se déclinent selon les groupes d’action sans être toujours bien articulés entre eux. Cette convergence sur les grands principes va au-delà du monde occidental. Oxfam décline ces objectifs fondamentaux pour construire des plaidoyers spécifiques en fonction des contextes nationaux ou locaux. Dans les pays du Sud, en Asie, en Amérique latine, etc., ce travail de plaidoyer fonctionne bien.

Est-ce que la COP de Varsovie a beaucoup joué dans le repositionnement des ONG par rapport aux COP en général ?

 Alors qu’à Copenhague, on pouvait voir deux réseaux distincts d’ONG – Climate Justice Network et le Climate Action Network (CIN : plus activiste, CAN : plus introduit dans les négociations, pragmatisme politique), à Varsovie, ces deux réseaux ont changé de stratégie en abandonnant les points de rupture superficielle et en se regroupant sur des points stratégiques. Beaucoup de groupes ont adopté une position médiane et ne se retrouvent pas dans l’une ou l’autre de ces catégories. À Varsovie, des liens se sont créés autour de la volonté de travailler ensemble. En France, une large coalition est en train de se créer avec des groupes locaux tels qu’Alternatiba, Greenpeace ou WWF, avec l’objectif de se parler et d’échanger. Chacun a ses stratégies, ses moyens d’action, ses priorités. Cet inside/outside est presque une nécessité fonctionnelle.

Quelle est l’efficacité de ce processus de négociation ?

Romain Benicchio répond à travers sa longue expérience de négociations à l’OMC, qui valide la rencontre des deux processus : des actions très concrètes mobilisent des groupes qui manifestent à l’extérieur et, en même temps, entament un dialogue avec les négociateurs en affirmant que les deux se renforcent. D’ailleurs, les négociateurs l’admettent : les manifestations, en ajoutant clairement une pression, imposent une dynamique. Les négociations qui se déroulent sous pression de la société civile et des ONG gagnent en qualité, car les négociateurs sont obligés de prendre en compte les motifs de revendication.

Le jeu politique est-il plus facile avec les hommes politiques du Nord ? Ceux du Sud n’ont-ils pas tendance à privilégier les financements ?

C’est en partie vrai, mais ça dépend du gouvernement et de la manière dont le débat est cadré au niveau national. Les outils et stratégies fonctionnent peut-être mieux en Europe mais Oxfam a aussi des expériences très positives en Afrique du Sud.

Souvent, les ONG font partie des délégations elles-mêmes. Est-ce aussi le cas d’Oxfam ?

Certains représentants d’Oxfam font partie des délégations au Népal, aux Philippines, en Indonésie et en Belgique. Ils apportent de l’expertise. En Europe, des représentants de la société civile font toujours partie des délégations ; ils jouent un rôle de conseil en ayant un accès direct aux négociateurs, ils recueillent des informations et peuvent influencer les discussions… Pour la France, le président du WWF fait partie des négociations. Mais l’action des ONG comme le RAC, qui ne sont pas dans les délégations, est tout aussi importante, avec des échanges réguliers avec les négociateurs pendant la COP.

Le Fonds vert : Oxfam peut-elle aussi présenter des projets pour obtenir des financements sur les fonds dédiés au climat qui transitent surtout par les agences bilatérales de développement comme l’AFD ou son équivalent allemand ou anglais ?

On peut déplorer un véritable saupoudrage des financements sur le terrain : chaque acteur veut financer ses propres projets. L’idée du Fonds vert est de favoriser un accès direct des pays pour développer leurs propres stratégies d’adaptation. Oxfam n’a donc pas un accès direct au Fonds vert, mais sera peut-être impliqué in fine au niveau local, dans la gestion des projets financés. Le Fonds vert ne sera pas une source de financement éventuel pour Oxfam, l’ONG se considère plutôt comme une aide pour construire des projets intégrés dans les stratégies nationales.

50 % des financements du Fonds vert devraient être dédiés à l’adaptation, à laquelle seulement 20 % du total des financements climat est dédié, un rééquilibrage est donc nécessaire.

D’un point de vue énergétique, les pays émergents, qui ont besoin d’énergie pour se développer, peuvent-ils faire l’impasse sur les énergies fossiles et accéder directement à l’énergie propre ?

Une impasse complète paraît compliquée. Mais selon le GIEC, il faudra sortir rapidement du charbon et du pétrole pour maintenir la hausse des températures dans la fourchette des 2 degrés. Un soutien financier et technique est nécessaire pour les pays en développement pendant cette transition. Néanmoins, on ne peut pas exclure une dynamique de court terme, une période transitoire au cours de laquelle l’accès à l’énergie passera nécessairement par les fossiles.

Depuis le rassemblement de New York, différents engagements ont été pris, et une dynamique paraît se mettre en place, mais est-ce un changement de paradigme ou un effet d’annonce ?

On sent une vraie prise de conscience, les acteurs ne peuvent plus ignorer le sujet, mais il y a encore beaucoup de fausses solutions et de greenwashing. Beaucoup d’éléments doivent être étudiés et critiqués. Tous les acteurs doivent davantage se positionner, de façon positive ou non.

Les annonces des États comme la publication de l’accord Chine-US montrent une ambition minimale, mais, cependant, elles donnent un signal politique non négligeable. En outre, elles constituent une base insuffisante mais qui doit inciter à poursuivre la mobilisation pour aller au-delà.

Quelle est la stratégie d’Oxfam pour la COP-21?

Elle évolue rapidement en fonction du contexte. L’ONG a développé un plan stratégique sur 5 ans, avec une réévaluation annuelle. Aujourd’hui, le travail avec la COP-20 est essentiellement axé sur le Fonds vert… Pour la COP-21, la stratégie consiste à interdire les investissements dans les énergies fossiles et à surveiller, au fil des ans, les engagements pris.

Romain Benicchio pourra bientôt être interrogé, en 2016, sur le bilan qu’Oxfam a pu tirer de ces négociations et sur le développement des actions à entreprendre après la COP pour préparer la COP-22 qui aura lieu au Maroc.

Pour citer ce document

Référence électronique : Milena Beekmann et Isabelle Roussel « Présentation d’Oxfam – Entretien avec Romain Bénicchio », Pollution atmosphérique [En ligne], N°227, mis à jour le : 01/12/2015, URL : http://lodel.irevues.inist.fr/pollution-atmospherique/index.php?id=5319

Auteur(s)

Milena Beekmann

Isabelle Roussel