retour à l'accueil nouvelle fenêtre vers www.appa.asso.fr Pollution atmosphérique, climat, santé, société

N°228

Lettre de la rédaction

Isabelle Roussel

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Texte intégral

Ce premier numéro de l’année 2016 ne présente pas une orientation thématique unique mais, au contraire, il offre un large aperçu sur ce que peut être la diversité du champ couvert par la revue, à savoir « pollution atmosphérique, climat, santé, société ». Il s’inscrit dans le prolongement de l’activité éditoriale de l’année 2015 puisque l’article de Julien Dron prolonge les investigations présentées dans le numéro 226 consacré à la bio-indication. L’événement majeur de l’année 2015, la COP-21, rencontre dans la revue un écho appuyé, d’une part, à travers un regard pluriel signé Isabelle Roussel, d’autre part, en donnant la parole à Joël Brogat qui, après avoir accompagné l’APPA au sein du conseil d’administration durant de longues années et à la veille de prendre sa retraite, propose un éditorial pour ce numéro ; qu’il en soit remercié. Il montre quelle a été l’évolution du secteur thermique de la production d’électricité à la lumière de la maîtrise des pollutions et du climat. En effet, si l’électricité est une énergie d’avenir, sa production n’aura bientôt plus recours ni au charbon, ni au pétrole, et les énergies fossiles ne seront plus utilisées qu’en dépannage, dans des unités très performantes susceptibles d’être mises en route rapidement pour faire face aux fortes demandes exceptionnelles. Toujours dans le registre de l’énergie, Stéphane Labranche montre combien les habitants ne sont pas prêts à utiliser le bois énergie dans de bonnes conditions en dépit de la promotion qui en est faite et du danger que représentent les particules issues du chauffage au bois dans les maisons.

Les colonnes de ce numéro se sont largement ouvertes à la climatologie parce qu’il convient de rappeler la dépendance de la qualité de l’air vis-à-vis des conditions météorologiques, que ce soit en Iran, au Canada ou à Lyon : brouillards, inversions de températures, humidité… En outre, Pierre Carrega, à travers une analyse très détaillée des fortes pluies survenues dans le pays niçois en octobre dernier, montre combien l’adaptation au changement climatique suppose l’intégration d’une véritable culture du risque. En effet, aucun aménagement, aucune prévision ne pourra permettre de maîtriser complètement les aléas du climat que les habitants doivent savoir reconnaître et gérer au mieux. Que ces incursions en direction de la climatologie géographique soient interprétées comme un hommage à Gérard Beltrando, administrateur de l’APPA, qui nous a quittés prématurément et brusquement à la fin du mois de janvier dernier ! À travers ce numéro de la revue, l’APPA s’associe à la tristesse de tous ceux qui l’ont connu et qui ont pu apprécier son extraordinaire disponibilité souriante et son impressionnante force de travail.

Gérard Beltrando – Février 2014

C’est aussi en pensant au départ d’un autre ami de l’APPA, Jean Bignon, que ce numéro comporte plusieurs contributions sur la qualité de l’air intérieur. Il était impossible de passer sous silence l’étude du professeur Denis Charpin, pneumologue, réalisée dans le cadre de l’Académie de médecine et dont il a eu l’amabilité de donner la primeur à la revue Pollution atmosphérique. Ce travail, réalisé en collaboration avec Nadia Bennedja et Jean-Paul Laplace, aboutit à des recommandations sur la relation entre l’habitat et la santé, trop souvent ignorée en France. Le CSTB a mis au point un outil, indicateur du confinement qui, selon l’article de Jacques Riberon, pourrait être utilisé dans les logements et mis à la disposition des habitants. Dans le même domaine, Chloé Le Cosse fait état des concentrations observées en trichloramines et trihalométhanes dans l’air et l’eau des piscines couvertes. Ce thème de la qualité de l’air intérieur s’intègre dans le champ de la santé environnementale ; il sera repris par le PPSE (Plan Parisien de Santé Environnementale) dont la méthode d’élaboration, présentée par Bernard Jomier, est tout à fait originale. Cette démarche souligne le poids que peuvent avoir dans le champ sanitaire les agglomérations et les regroupements de communes. La loi NOTRe a pour ambition de favoriser des structures urbaines fortes offrant des possibilités de gouvernance renouvelées, en proximité avec les populations. On peut penser que, conformément aux recommandations formulées par le rapport de la Cour des comptes1, analysé par Isabelle Roussel, les agglomérations sauront s’adapter à l’intrication des questions environnementales et à leurs multiples composantes, en particulier sanitaires, et qu’elles deviendront des lieux de développement privilégiés, y compris en termes de mieux-être et de qualité de vie. Dans cette perspective, le retour d’expérience de la ville de Grenoble que présente Jacques Wiart ouvre des pistes sur le rôle essentiel que peuvent jouer les agglomérations dans la maîtrise de la qualité de l’air, pistes que la revue ne manquera pas d’explorer dans ses livraisons futures.

Notes

1  https://www.ccomptes.fr/Accueil/Publications/Publications/Les-politiques-publiques-de-lutte-contre-la-pollution-de-l-air

Pour citer ce document

Référence électronique : Isabelle Roussel « Lettre de la rédaction », Pollution atmosphérique [En ligne], N°228, mis à jour le : 15/04/2016, URL : http://lodel.irevues.inist.fr/pollution-atmospherique/index.php?id=5529

Auteur(s)

Isabelle Roussel