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Comptes-rendus de colloques

Journées Interdisciplinaires de la Qualité de l’Air


2 et 3 février 2017 – Villeneuve-d’Ascq
I. Roussel et B. Hanoune

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Texte intégral

Les 2 et 3 février 2017 a eu lieu la neuvième édition des Journées Interdisciplinaires sur la Qualité de l’Air (JIQA), à Villeneuve-d’Ascq, dans les nouveaux locaux que l’université de Lille 1 Sciences et Technologies dédie aux innovations.

Ces JIQA ont été organisées par le laboratoire de physico-chimie des Processus de Combustion et de l’Atmosphère (PC2A, UMR 8522 CNRS/université Lille 1), en partenariat avec le comité régional Nord-Pas-de-Calais de l’APPA et le laboratoire des sciences végétales et fongiques de la faculté des sciences biologiques et pharmaceutiques de Lille (université Lille 2).

L’objectif de ces journées est de permettre à de jeunes chercheurs de présenter leurs travaux dans tous les domaines relevant de la qualité de l’air et de ses impacts sur l’homme et son environnement : chimie, biologie, géographie, physique, épidémiologie... Ces journées s’adressent en priorité aux doctorants et jeunes docteurs, mais réunissent également des chercheurs confirmés, des institutions ou des professionnels de l’environnement (AASQA, conseil régional, bureaux d’études...) ou de la santé (épidémiologistes, médecins), afin de favoriser au maximum les échanges et débats entre participants d’horizons variés.

Cette édition a réuni plus d’une centaine de personnes, dont la majorité était composée de doctorants et de jeunes chercheurs provenant principalement de la région Nord-Pas-de-Calais, mais les régions du Grand Est, de PACA, d’Auvergne-Rhône-Alpes et Ile-de-France étaient également représentées, ainsi que des universités marocaines. Cette grande diversité de provenance des participants témoigne du vif intérêt suscité par ces journées auprès des acteurs de la qualité de l’air, quels que soit leur âge et leur institution d’origine.

Au total, 42 communications ont été sélectionnées par le comité scientifique et présentées au cours de ces deux journées, dont 25 à l’oral et 17 sous forme d’affiche. Tous ont pu constater la grande qualité pédagogique des présentations qui ont permis à chaque participant d’apprécier le caractère interdisciplinaire de ces journées. Les participants, au cours de ces journées, se sont pliés aux règles en respectant le temps de parole qui leur était alloué pour leur présentation. Les discussions animées ont été du plus grand intérêt et ont permis des échanges croisés permettant d’élargir les perspectives et de mieux articuler les préoccupations.

Les thèmes abordés traitent de la pollution atmosphérique extérieure et intérieure en abordant les liens avec le changement climatique, les effets sanitaires, la physico-chimie de certains polluants, leur mesure et leurs sources. Des exemples concrets ont été développés, pour déboucher sur des résultats opérationnels. De nombreuses contributions étaient issues de projets de recherche financés par des instances publiques régionales, notamment dans le cadre du projet CLIMIBIO du contrat de plan État-Région Hauts de France, ou nationales (programme Primequal, par exemple), montrant ainsi l’intérêt porté par la puissance publique pour la qualité de l’air.

• La connaissance des particules suscite de fortes interrogations et continue à renouveler la problématique de la qualité de l’air. Des recherches, en fonction de leurs caractéristiques, de leurs sources et de leurs impacts, ont constitué près de la moitié des contributions, montrant ainsi la diversité des cas et la complexité de leur maîtrise. Les effets sanitaires de ces particules fines, exposés par des équipes lilloises, montrent l’importance croissante des impacts de ces particules en fonction de la diminution de leur taille, et donc l’enjeu que représente l’évaluation des particules en nombre plutôt qu’en masse comme c’est actuellement souvent le cas.

Les particules de plus grande taille que sont les grains de pollens ont, d’après l’expérience, des effets synergiques avec les polluants de l’atmosphère pour conforter des réactions allergiques dont on commence à mieux saisir les mécanismes.

Même si les particules focalisent les préoccupations, les COV suscitent encore des interrogations, tant dans les ambiances extérieures, puisqu’ils proviennent de sources multiples, qu’à l’intérieur des locaux où ils peuvent être à la fois émis et adsorbés par les différents matériaux utilisés.

• Les recherches sur la remédiation des fumées sont encore d’actualité, etplusieurs travaux présentent des préconisations pour limiter les émissions : lavage de la biomasse, méthode d’allumage des poêles, choix des matériaux de construction en fonction de leur potentiel d’absorption/désorption.

Peu de contributions portaient sur l’évaluation des politiques publiques. Une seule faisait appel à des connaissances en sciences humaines et sociales puisque, au niveau de l’IRIS, une relation a été mise en évidence, au sein de l’agglomération lilloise, entre les mauvais indices de qualité de l’air et la défaveur sociale.

De manière générale, l’absence de communication sur la mise en œuvre des préconisations émises par les chercheurs illustre bien la dissymétrie pénalisante entre l’accumulation des connaissances et la faiblesse des actions mises en œuvre. En effet, les actions possibles portent, comme dans la vallée de l’Arve, sur un encouragement à la réduction des émissions mais, compte tenu de la complexité du système de la pollution atmosphérique, le bénéfice de ces actions en termes d’amélioration des concentrations est difficile à mettre en évidence.

En conclusion, cette neuvième édition des JIQA confirme que cette manifestation est un creuset de réflexion et de discussion entre les acteurs intéressés par les divers aspects de la qualité de l’air. Cette rencontre représente une photographie des recherches engagées à l’heure actuelle. Une fois de plus, on peut regretter l’absence des sciences humaines et sociales, pourtant indispensables pour fonder les concepts et les stratégies pertinentes de prévention et d’action au sein d’une nécessaire collaboration pluridisciplinaire. Le succès de ces Journées Interdisciplinaires de la Qualité de l’Air montre qu’elles correspondent réellement à une attente, dans la mesure où les jeunes chercheurs témoignent de l’intérêt qu’ils manifestent pour intégrer leur recherche, nécessairement très pointue, dans un domaine plus vaste qui est celui de la qualité de l’air, dans lequel chacun apporte sa manière de voir et apprend à écouter et à comprendre d’autres expressions d’une préoccupation collective.

Pour citer ce document

Référence électronique : I. Roussel et B. Hanoune « Journées Interdisciplinaires de la Qualité de l’Air », Pollution atmosphérique [En ligne], N°233, mis à jour le : 29/03/2017, URL : http://lodel.irevues.inist.fr/pollution-atmospherique/index.php?id=6098

Auteur(s)

I. Roussel

Association pour la Prévention de la Pollution Atmosphérique

B. Hanoune

Université Lille Nord de France, F-59000, Lille, France / Physicochimie des Processus de Combustion et de l’Atmosphère (PC2A), UMR 852, CNRS, F-59655, Villeneuve d’Ascq, France