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Comptes-rendus de colloques

Intervenir en santé-environnement auprès des futurs et jeunes parents

Mutualité Française Hauts-de-France

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Texte intégral

Jeudi 26 octobre, s’est tenu à Lille, le colloque « Intervenir en santé-environnement auprès des futurs et jeunes parents : présentation de l’évaluation du projet Femmes Enceintes Environnement et Santé (FEES) et regards croisés d’experts », conjointement organisé par la Mutualité Française Hauts-de-France et l’APPA, dans le cadre du projet FEES.

Le projet FEES est piloté par la Mutualité Française Hauts-de-France et l’APPA depuis 2012. Il vise à diminuer l’exposition des femmes enceintes et de leurs nourrissons aux polluants environnementaux, en faisant notamment de la formation auprès des professionnels de la périnatalité et de la santé.

60 personnes ont fait le déplacement. Parmi elles, des professionnels de santé, de la prévention et promotion de la santé, de l’environnement mais aussi de nombreux institutionnels tels que l’ARS, le Conseil régional des Hauts-de-France ou encore Santé Publique France.

Campagne d’évaluation du projet FEES

La matinée était consacrée aux résultats de l’évaluation du projet FEES, menée entre 2015 et 2017 auprès des professionnels de la périnatalité depuis leur formation. Mais aussi auprès de 560 futurs et jeunes parents dans les lieux de consultation ou à l’issue de l’atelier de sensibilisation FEES.

Objectif : évaluer l’impact de la formation FEES sur les pratiques des professionnels, et mieux connaître les habitudes de vie et l’impact des conseils reçus sur les parents.

Toujours dans le cadre de cette évaluation, les porteurs ont mené des entretiens auprès d’autres structures menant des projets similaires au projet FEES en hexagone.

Il ressort que les futurs et jeunes parents ont bien conscience du lien entre environnement et santé, et notamment en direction de l’air extérieur. Les participants à l’atelier FEES se sentent par ailleurs mieux informés que ceux qui ne l’ont pas suivi.

L’arrivée du bébé, la grossesse sont des déclics qui permettent aux futurs et jeunes parents de s’intéresser davantage à la santé-environnementale.

L’évaluation met également en avant le rôle central des professionnels. En effet, le professionnel de santé, la sage-femme mais aussi le médecin, sont des relais primordiaux pour aider les futurs et jeunes parents à appliquer les conseils. Ce sont les conseils portant sur les cosmétiques (limiter les cosmétiques/éviter les lingettes) qui ont été les plus largement transmis par les professionnels mais aussi les plus largement appliqués suite au conseil par les futurs et jeunes parents.

A contrario, certains conseils relatifs aux intoxications au monoxyde de carbone semblent avoir été moins reçus par les futurs et jeunes parents.

L’évaluation de l’action a permis de montrer que le projet FEES atteint ses objectifs, notamment celui d’agir sur les pratiques des professionnels et les pratiques individuelles des futurs et jeunes parents. Mais aussi que d’autres champs restent encore à investiguer, notamment les actions de prévention à envisager pour ces publics.

Cette réflexion a été lancée l’après-midi, selon trois items : marketing social, prévention auprès des publics précaires/fragilisés, intervention à un niveau hospitalier.

Échanges de bonnes pratiques préventives

Mme Karine Gallopel Morvan, professeure à l’École des Hautes Études en Santé Publique (EHESP), est venue présenter la démarche du marketing social, qui n’est pas seulement faire de la communication en prévention et promotion de la santé, mais bien une démarche-projet en soi : il s’agit d’appliquer les techniques du marketing « marchand » à la prévention et promotion de la santé, afin non pas de vendre un produit, mais de « vendre » un comportement favorable à la santé.

Trois interventions s’en sont suivies sur la prévention auprès des femmes enceintes fragilisées.

Pour en parler, le réseau Solipam, qui aide les femmes exclues et précarisées à effectuer leur suivi de grossesse et d’accouchement dans de bonnes conditions ; le Réseau de Santé Périnatal Parisien (RSPP) ayant présenté les ateliers cuisine et nutrition qu’il propose aux femmes enceintes et aux jeunes mamans en situation de précarité ; le Comité Régional d’éducation pour la santé Provence-Alpes-Côte d’Azur est venu présenter son action « Quand maman respire, bébé aussi », des webinaires sur la qualité de l’air intérieur, à destination des futurs et jeunes parents. Ces webconférences ont été traduites en langue algérienne pour les rendre accessibles au plus grand nombre.

Enfin le Pr Storme a présenté la Fédération Hospitalo-Universitaire (FHU) « 1 000 jours pour la santé » du CHRU de Lille : cette FHU a pour ambition de réunir Recherche et professionnels de santé, au sein des hôpitaux, pour une meilleure prise en compte des 1 000 premiers jours de vie (de la conception aux 2 ans de l’enfant).

Ces interventions ouvrent des perspectives intéressantes et passionnantes pour le projet FEES mais aussi pour la question de la santé-environnementale et de la périnatalité en France.

Interviews

Nathalie Février est assistante de coordination du réseau Bronchiolite 59‑62 (réseau de santé ville-hôpital au service des nourrissons atteints de bronchiolite). Elle recherche avant tout de l’information.

Le colloque m’a beaucoup plu. C’est intéressant de rencontrer d’autres professionnels de la région qui travaillent sur les mêmes problématiques que nous.

Que retenez-vous des échanges ?

Je viens surtout à la pêche aux bonnes infos sur le programme FEES. Le réseau met en place des actions de prévention en milieu hospitalier, scolaire et petite enfance ; la dernière s’est déroulée à Cambrai sur la problématique « Comment aider bébé à passer l’hiver en bonne santé ? », en partenariat avec l’APPA et le centre hospitalier de Cambrai.

Dans quel état d’esprit êtes-vous à l’issue du colloque ?

J’ai pris des noms, des coordonnées et retenu plusieurs leviers qui vont faciliter le développement de projets d’intervention dans les domaines de la périnatalité et de la santé-environnementale.

Le Docteur Luce Vue-Droy est coordinatrice du réseau périnatal de Picardie. Elle regrette le manque d’écho de la thématique en milieu professionnel.

Cette journée est passionnante. On parle rarement des situations autour de la mère et de l’enfant sous l’angle de l’environnement. Sur mon territoire, j’observe un vrai problème de formation des professionnels ; ils sont très peu sensibilisés au lien entre environnement et santé.

Que retenez-vous des échanges ?

Plusieurs points ont retenu mon attention. D’abord, l’idée de travailler avec l’école de sages-femmes de Picardie et ensuite, de mettre en place des ateliers de sensibilisation dans les maternités ou les cabinets d’infirmiers libéraux.

Dans quel état d’esprit êtes-vous à l’issue du colloque ?

C’est un thème dont on parle « un peu » chez nous. Il faut que cela change ! Les femmes enceintes ou jeunes mamans ne peuvent pas être bien conseillées si les professionnels ne sont pas formés.

Entre 2012 et 2016, près de 550 professionnels de la périnatalité ont été sensibilisés à la santé-environnementale dans les Hauts-de-France (soit environ 20 % des sages-femmes en poste).

Pour en savoir plus : http://www.projetfees.fr

Pour citer ce document

Référence électronique : Mutualité Française Hauts-de-France « Intervenir en santé-environnement auprès des futurs et jeunes parents », Pollution atmosphérique [En ligne], N°236, mis à jour le : 27/02/2018, URL : http://lodel.irevues.inist.fr/pollution-atmospherique/index.php?id=6447

Auteur(s)

Mutualité Française Hauts-de-France