retour à l'accueil nouvelle fenêtre vers www.appa.asso.fr Pollution atmosphérique, climat, santé, société

N°227

Editorial

Alain Chabrolle

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Texte intégral

Depuis 1958, la revue Pollution Atmosphérique, climat, santé, société est la seule revue scientifique en langue française qui diffuse des connaissances scientifiques sur la qualité de l’air. Cette revue pluridisciplinaire a toujours largement ouvert ses colonnes aux questions sanitaires en lien avec la qualité de l’air et le climat, et je l’en remercie.

À l’occasion de la 21e Conférence de l’ONU sur le changement climatique (COP-21), ce numéro de Pollution Atmosphérique, climat, santé, société propose de faire le point sur les actions conduites sur les enjeux climat-air.

Les acteurs locaux ont un rôle majeur à jouer sur les problématiques de la qualité de l’air et du changement climatique. Nous sommes par ailleurs conscients de la nécessité de traiter de manière conjointe les politiques en faveur de la qualité de l’air, du climat et de l’énergie.  Seule une approche globale air-climat-énergie répondra efficacement aux problèmes liés à la pollution de l’air et aux dérèglements climatiques.

Cette approche intégrée est d’ailleurs une réponse à un enjeu majeur de santé publique. En 2013, l’Organisation mondiale de la santé a classé la pollution de l’air comme cancérigène certain pour l’homme. Cette année, à l’occasion de la COP-21, cette même organisation a lancé un appel à la communauté internationale rappelant que le changement climatique constitue « la plus grande menace pour la santé dans le monde au XXIe siècle ».

La majorité des Régions financent d’ores et déjà les Associations Agréées de Surveillance de la Qualité de l’Air (AASQA), structures dont la gouvernance associe l’État, les collectivités, les industriels – au titre de la TGAP –, ainsi que des associations de protection de la santé et de l’environnement. Les champs d’intervention des AASQA couvrent non seulement les polluants réglementés (ozone, particules, oxydes d'azote et de soufre, benzène, etc.), mais aussi de nombreux autres enjeux : inventaire croisé des émissions de polluants de l’air et de gaz à effet de serre ; surveillance de la qualité de l’air intérieur ; suivi de nuisances associées à l’air (odeurs, pollens) ; suivi de polluants non réglementés tels que les  pesticides, les dioxines, les particules ultrafines.

Le besoin d'améliorer et de diffuser la connaissance sur le climat, ses évolutions et les effets dans nos régions a été transcrit en orientations prioritaires dans de nombreux Schémas Régionaux Climat-Air-Énergie (SRCAE). La Région Rhône-Alpes a, par exemple, contribué à créer un Observatoire Régional des Effets du Changement Climatique (ORECC). Celui-ci permettra à toutes les parties prenantes, dont les collectivités locales en charge de l'élaboration des plans climat, d'accéder aux données d'observation, de partager la connaissance et de disposer de méthodes et d'analyses pour les actions d'adaptation en « réponse » au changement climatique.

Dans le même objectif, Un GIEC régional est en cours de création en Rhône-Alpes, avec le soutien de la Région, afin d’étudier de manière plus précise l’impact du changement climatique sur les diverses activités humaines de notre région (agriculture, disponibilités des ressources…), et ainsi faciliter la construction et le pilotage des futures politiques publiques.

Parallèlement à ces actions structurantes, le Conseil régional Rhône-Alpes a toujours eu à cœur d’impliquer les Rhônalpins dans ces démarches. Ainsi, le Conseil régional a, dès leurs prémices, financé plusieurs expériences d’actions participatives. À ce titre, le projet PHENOCLIM, porté par le CREA (Centre de Recherche sur les Écosystèmes d’Altitude), est un programme scientifique et pédagogique qui invite le public à mesurer l’impact du changement climatique sur la faune et la flore en montagne depuis plus de 10 ans.

Par ailleurs, la région Rhône-Alpes a accueilli, les 1er et 2 juillet à Lyon, le sommet mondial Climat et Territoires, organisé par les collectivités territoriales et acteurs non étatiques du monde entier pour porter des messages communs et des propositions concertées dans le cadre de la conférence internationale sur le Climat (COP-21). 

Lors des ces journées, de nombreuses recommandations invitent les négociateurs à intégrer l’adaptation, l’atténuation, la qualité de l’air, les enjeux air-santé, dans les textes qui seront discutés durant la COP-21. Le sommet mondial Climat et Territoires a également défendu la mise en place d’une mobilité durable avant 2020, garante d’une amélioration de la qualité de l’air dans nos territoires.

Les enjeux de la qualité de l’air sont un défi que devront relever les autorités et acteurs locaux. Ils sont déjà au travail, et ce numéro vous permettra de découvrir de nombreux travaux déjà conduits sur les territoires.

Je vous souhaite une très bonne lecture.

Pour citer ce document

Référence électronique : Alain Chabrolle « Editorial », Pollution atmosphérique [En ligne], N°227, mis à jour le : 04/12/2015, URL : http://lodel.irevues.inist.fr/pollutionatmospherique/index.php?id=5361

Auteur(s)

Alain Chabrolle

Vice-président du Conseil National de l’Air