SaintJacquesInfo

La Lettre Apostolique Deus Omnipotens
Léon XIII relance le « saint voyage » à Compostelle
Les réactions dans les diocèses de France

Micheline Mouradian

Résumé

Les pèlerinages à Compostelle avaient pratiquement disparu au XIXe siècle. Mais en 1879, les reliques de saint Jacques le Majeur sont redécouvertes à Compostelle. Dans sa Lettre apostolique Deus Omnipotens de novembre 1884, le pape Léon XIII officialise leur reconnaissance et appelle l’ensemble du clergé à en faire la publication. Il invite les chrétiens à entreprendre des pèlerinages au tombeau, apportant un appui décisif au renouveau de Compostelle dont nous vivons aujourd’hui les lointaines conséquences. Comment les diocèses de France ont-ils réagi à ce texte ? Beaucoup d’évêques ont publié des lettres pastorales à cette occasion. Ont-ils pour autant relancé les pèlerinages à Compostelle ? Ont-ils répondu à la proposition de pèlerinages alternatifs faite par Léon XIII ? La recherche permet de répondre à ces questions. L’étude apporte également des éléments d’information sur la variation des réponses en fonction des régions. Le texte de la Lettre Deus Omnipotens est donné en fin d’article.

Texte intégral

En 1879, les reliques de saint Jacques le Majeur et de ses disciples sont redécouvertes à Compostelle. Par sa Lettre apostolique Deus Omnipotens du 1er novembre 1884, le pape Léon XIII (1878-1903) officialise cette reconnaissance. Il invite l’ensemble du clergé à diffuser la Lettre. Il est intéressant d’examiner comment cet appel a été alors relayé dans l’ensemble des diocèses de France et dans quelle mesure il a pu constituer une relance du pèlerinage de Saint-Jacques, qui était pratiquement tombé dans l’oubli.

Cliché LM, septembre 2008

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Léon XIII tableau du couvent Saint-Martin, Compostelle

La Lettre apostolique de Léon XIII

On peut s’interroger sur les motivations de cette Lettre : pourquoi une relance du pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle ? Pourquoi en 1884 ? La situation d’isolement diplomatique du Saint-Siège laissée par Pie IX et que Léon XIII s’acharne à combattre depuis son élévation au Pontificat en février 1878, dans un contexte particulièrement difficile, constitue peut-être un élément de réponse. Les problèmes, en effet, ne manquent pas. Par exemple, en Italie où la « question romaine » liée au pouvoir temporel du Saint-Siège oppose le pape à l’Etat ; en France et en Allemagne où l’on assiste à des offensives de laïcisation1et en Espagne justement où, malgré la restauration de la monarchie en 1876, face à l’opposition entre « Carlistes » et « Alphonsistes », Rome invite les espagnols à l’unité avec l’encyclique Cum multa, en 18822. Face à ces conflits, Léon XIII répond en pratiquant un grand talent diplomatique à l’égard des Etats tout en appelant au zèle, au dévouement et à l’élan des peuples catholiques. L’appel au pèlerinage vers Compostelle s’inscrit vraisemblablement dans cette politique de rassemblement qui encourage aux grands pèlerinages3.

  • 1  C. Prudhomme, Stratégie missionnaire du Saint-Si(...)
  • 2  M. Launay, La papauté à l’aube du XXe siècle, Lé(...)
  • 3  Ibid. p. 126.

Pour l’essentiel, le texte de Léon XIII, après avoir exalté le culte des reliques, retrace longuement l’histoire des restes sacrés de l’apôtre, leur fortune diverse à travers les âges et leur redécouverte par le cardinal archevêque de Compostelle en 1879. Il relate ensuite les étapes de la rigoureuse procédure qui l’ont conduit à approuver et à confirmer leur authenticité. Après un appel à la publication solennelle de cette reconnaissance, afin que le message soit connu partout, le pape invite les chrétiens à entreprendre de pieux pèlerinages au saint tombeau :

     « C’est pourquoi, Nous confions et ordonnons à Nos vénérables frères patriarches, archevêques, évêques et autres prélats de publier solennellement ces présentes Lettres, chacun dans sa province, diocèse et cité, de la meilleure manière qu’il jugera à propos, afin que cet événement très heureux soit partout connu et que tous les chrétiens le célèbrent avec un zèle et une piété plus grande, et qu’ils entreprennent les pieux pèlerinages à ce saint tombeau, comme nos ancêtres avaient coutume de le faire ».

      Il accorde enfin, lors de la célébration de la fête de saint Jacques, une indulgence plénière et la rémission de tous leurs péchés aux chrétiens qui, loin de Compostelle, dans les églises dédiées à saint Jacques ou « désignées par l’Ordinaire, auront adressé à Dieu de ferventes prières par l’intercession de saint Jacques ».

        Les diocèses de France en 1884

        En 1884, la France comptait, en dehors de l’Alsace4, quatre-vingt-dix diocèses. La recherche, menée sur les années 1884 et 1885 à partir des organes d’information religieuse des diocèses, le plus souvent hebdomadaires (La semaine religieuse) ou bimestriels, a porté sur soixante-dix-neuf diocèses, si l’on exclut les diocèses d’outre-mer (La Réunion, Martinique, Guadeloupe, Alger, Oran, Constantine) et quatre pour lesquels il n’a pas été recueilli d’informations (Ajaccio, Maurienne et Tarentaise, Aire-et-Dax) ; d’autre part, il semble que les diocèses de Rodez et de Mende avaient une publication commune.

        • 4 Annexée par l’Allemagne de 1870 à 1918 et dont le(...)

        Classement par régions actuelles5 (à l’exception de l’Alsace)

        • Aquitaine

        diocèses de Périgueux-et-Sarlat, Bordeaux, Bayonnne, Aire-et-Dax et Agen.

        • Auvergne

        diocèses de Moulins, Saint-Flour, Le Puy-en-Velay et Clermont-Ferrand.

        • Bourgogne

        diocèses de Dijon, Nevers, Autun-Châlon-et-Macon, Sens-et Auxerre.

        • Bretagne

        diocèses de Saint-Brieuc-et-Tréguier, Quimper-et-Léon, Rennes et Vannes.

        • Corse

        diocèse d’Ajaccio.

        • Centre-Val de Loire

        diocèses de Bourges, Chartres, Tours, Orléans et Blois.

        • Champagne-Ardennes

        diocèses de Troyes, Chalons-sur-Marne, Reims et Langres.

        • Franche Comté

        diocèses de Besançon et Saint-Claude.

        • Ile-de-France

        diocèses de Paris, Meaux et Versailles.

        • Languedoc-Roussillon

        diocèses de Carcassonne, Nîmes, Montpellier, Perpignan.

        • Limousin

        diocèses de Limoges et Tulle.

        • Lorraine

        diocèses de Nancy-et-Toul, Verdun et Saint-Dié.

        • Midi-Pyrénées

        diocèses de Pamiers, Rodez-et-Mende, Toulouse, Auch, Cahors, Tarbes, Alby6 et Montauban.

        • Nord - Pas-de-Calais

        diocèses de Cambrai, Arras-Boulogne-et-Saint-Omer.

        • Basse-Normandie

        diocèses de Bayeux-et-Lisieux, Coutances-et-Avranches et Séez.

        • Haute-Normandie

        diocèses d’Evreux et Rouen.

        • Pays-de-Loire

        diocèses de Nantes, Angers, Laval, Le Mans et Luçon.

        • Picardie

        diocèses de Soissons-et-Laon, Beauvais-Noyon-et-Senlis, Amiens.

        • Poitou-Charentes

        diocèses d’Angoulême, La Rochelle-Saintes, Poitiers.

        • Provence-Alpes-Côte d’Azur

        diocèses de Digne, Gap, Nice, Aix, Marseille, Fréjus-et-Toulon, Avignon.

        • Rhône-Alpes

        diocèses de Belley, Viviers, Valence, Grenoble, Lyon, Chambéry, Annecy, Maurienne et Tarentaise.

        Réaction des évêques de France et pratique religieuse

        La réaction des évêques de France à la Lettre de Léon XIII a été très inégale. Sur les soixante dix-neuf diocèses étudiés :
        Dix sept n’ont donné aucune suite à l’information de Rome,
        Onze n’en ont pas parlé : Dijon, Langres, Saint-Claude, Carcassonne, Perpignan, Limoges, Nancy-et-Toul, Soissons-et-Laon, Nice, Marseille, Valence.
        Six ne disposaient pas encore d’un organe d’information régulier : Moulins, Quimper-et-Léon, Verdun, Cahors, Gap et Belley.

        • 5  Le classement des diocèses par régions actuelles(...)
        • 6  Suivant l’orthographe utilisée en 1884 (La semai(...)

        Trente-trois n’ont publié qu’une information parfois succincte, par exemple :

          « A la date du 1er novembre 1884, Léon XIII a confirmé par des Lettres apostoliques le jugement porté par le cardinal archevêque de Compostelle sur l’identité des corps de saint Jacques-le-Majeur, des saints Athanase et Théodore, ses disciples. C’est un document précieux pour l’Espagne et une page nouvelle ajoutée à l’histoire de l’Eglise7. »

          • 7  La semaine religieuse du diocèse de Bordeaux, no(...)

          Ce sont les diocèses de Bordeaux, Chartres, Besançon, Nîmes, Tulle, Saint-Dié, Toulouse, Auch, Tarbes, Alby, Montauban, Bayeux-et-Lisieux, Séez, Evreux, Rouen, Angers, Laval, Le Mans, Amiens, Angoulême, Digne, Aix, Grenoble et Chambéry,

             ou un développement un peu plus large 8: Le Puy-en-Velay, Sens-et-Auxerre, Saint-Brieuc-et-Tréguier, Tours, Blois, Chalons-sur-Marne, Versailles, Arras-Boulogne-et-Saint-Omer,  Poitiers.

            • 8  La semaine religieuse du diocèse du Puy-en-Velay(...)

            Vingt-neuf diocèses ont publié, soit le texte du pape, soit une lettre de l’évêque, soit les deux, accompagnées ou non d’une information, selon des modalités diverses :

              - Sept ont donné l’information et publié la Lettre9 : Agen, Montpellier, Pamiers, Coutances-et-Avranches, Beauvais-Noyon-et-Senlis, Fréjus-et-Toulon, Lyon.

              • 9  La semaine catholique du diocèse d’Agen, août 18(...)

               - Trois n’ont publié que la Lettre de Léon XIII10 : Clermont-Ferrand, Rennes et Vannes.

              • 10  La semaine religieuse du diocèse de Clermont-Fer(...)

              - Quatre ont donné l’information et publié une lettre épiscopale11 : Autun-Châlon-et-Macon, Reims, Cambrai et Viviers.

              • 11  La semaine religieuse du diocèse d’Autun-Chalon-(...)

              - Onze ont donné l’information, publié la Lettre et une lettre épiscopale12 : Saint-Flour, Nevers, Orléans, Paris, Meaux, Rodez-et-Mende, Nantes, La Rochelle-Saintes, Avignon, Annecy, Luçon.

              • 12  La semaine religieuse du diocèse de Saint-Flour,(...)

              - Un a publié la Lettre et une lettre épiscopale : Périgueux-et-Sarlat13.

              • 13  La semaine religieuse du diocèse de Périgueux-Sa(...)

              - Deux ont publié une lettre épiscopale seule14 : Bayonne et Bourges.

              • 14  Etudes historiques et religieuses du diocèse de(...)

              Au total, douze diocèses ont publié la Lettre de Léon XIII accompagnée d’une lettre épiscopale : Périgueux-Sarlat, Saint-Flour, Nevers, Orléans, Paris, Meaux, Rodez-et-Mende, Nantes, Luçon, La Rochelle-Saintes, Avignon, Annecy, tandis que dix d’entre eux ne publiaient que la Lettre : Agen, Clermont-Ferrand, Rennes, Vannes, Montpellier, Pamiers, Coutances-et-Avranches, Beauvais, Noyon-et-Senlis, Fréjus-et-Toulon, Lyon. Tous ont donc répercuté l’appel au pèlerinage.

                Six n’ont publié qu’une lettre épiscopale : Bayonne, Autun-Châlon-Macon, Bourges, Reims, Cambrai, Viviers.

                  En résumé, un petit tiers des évêques n’a donné aucune suite au message pontifical, un second tiers n’a apporté qu’une information à la connaissance des fidèles tandis qu’un tiers s’est engagé plus largement en publiant la Lettre de Léon XIII, voire en intervenant personnellement.

                    Ces réactions sont-elles représentatives de la pratique religieuse des Français à cette époque ? Une carte établie par Jacques Gadille, en 1877, à partir de données qualitatives relevées par les évêques et les préfets (assistance aux offices, pratiques de Pâques…)15 montre une «vitalité religieuse» plus importante dans l’ouest, le nord, le pays basque et le sud du Massif Central. A l’opposé, des zones en voie de déchristianisation apparaissent dans le Bassin parisien, les Charentes et le Centre ainsi que dans le bassin méditerranéen16.

                    • 15  J. Gadille, La pensée et l’action politiques des(...)
                    • 16  Op. cit., p. 197.

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                      Carte présentant la vitalité religieuse des diocèses en 1877

                        On peut établir, en comparaison, une seconde carte faisant apparaître, en 1884 et 1885, les diocèses qui ont répondu à l’appel du pape par la publication de la Lettre Deus Omnipotens et/ou d’une lettre épiscopale. Il se confirme alors une réactivité plus importante dans l’ouest, qui se prolonge en Aquitaine, dans le Massif central, le Centre et le Nord de la France avec un réveil en Ile-de-France, peut être lié à la personnalité de Mgr Guibert, archevêque de Paris.

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                            Réactions des diocèses à Deus Omnipotens

                              L’appel au pèlerinage

                              Il a été relayé par la publication du texte de Léon XIII mais essentiellement à partir des lettres épiscopales, dans lesquelles l’évêque s’adressait directement aux fidèles. Deux diocèses, celui de Nevers et de Rodez-et-Mende, appellent explicitement à reprendre le pèlerinage à Compostelle tout en fixant des dispositions annexes. Le premier s’adresse directement aux fidèles :

                                « et si l’occasion se présente pour vous d’entreprendre quelques uns de ces pieux pèlerinages, en particulier celui de Compostelle que recommande le Saint Père, vous la saisirez avec empressement. 17. »

                                • 17  Op. cit.,janvier 1885.

                                Le second passe par l’intermédiaire du clergé :

                                  « MM. Les curés et aumôniers […] feront aussi connaître aux personnes qui en auraient les moyens et le loisir d’accomplir le pèlerinage de Compostelle qu’elles pourraient gagner ainsi un Jubilé, pourvu que leur pieux voyage ait lieu dans le cours de la présente année. 18 » (juillet 1885).

                                  • 18  Op. cit., juillet 1885.

                                  Mais, le plus souvent, les évêques invitent à faire la visite prescrite par le pape dans les églises dédiées à saint Jacques, ou dans les églises paroissiales. Les visites dans les chapelles publiques (« nous entendons la chapelle principale des séminaires, collèges, pensionnats, hospices et de nos diverses communautés religieuses ») sont également admises. A Saint-Flour, l’évêque est plus précis :

                                    « Nous verrions avec plaisir que les paroisses voisines d’une église ou d’une chapelle dédiée à saint Jacques, s’y rendissent processionnellement en pèlerinage ; et les personnes qui feraient partie de ces pèlerinages pourraient, ce jour même, gagner l’indulgence plénière19 […] ».

                                    • 19  Op. cit., juillet 1885.

                                    Les modalités applicables au bénéfice de l’indulgence font également l’objet de dispositions particulières. La date est fonction de celle de la publication des lettres (fête de Noël ou tel dimanche de l’Avent pour 1884, fête de saint Jacques le plus souvent mais aussi fête de l’Assomption en 1885)…  

                                      - Des évêques appellent à visiter les églises dédiées à saint Jacques : Périgueux-Sarlat, Saint-Flour, Châlons, Meaux, Rodez-et-Mende, Cambrai, Luçon, La Rochelle-Saintes, Viviers, ou les églises paroissiales : Périgueux-Sarlat, Orléans, Cambrai, Luçon, La Rochelle-Saintes, Nevers.

                                        - A Châlons, l’église dédiée à saint Jacques ou une église quelconque,

                                          - A Nantes, l’une des églises ou chapelles publiques.

                                            Parfois, l’évêque indique nommément les églises à visiter :

                                              - Celui de Paris appelle à une visite dans les trois églises du diocèse sous le patronage de saint Jacques le Majeur : La Villette (aujourd’hui dans le XIXe arrondissement, place de Joinville, sous le vocable Saint-Jacques et Saint-Christophe), le Grand Montrouge (église paroissiale de Montrouge) et Aubervilliers (depuis 1902 église Notre-Dame-des-Vertus).

                                                Le diocèse de Tours, qui n’a pas publié de lettre épiscopale se réfère néanmoins à celle de l’archevêque de Paris, auparavant évêque de Tours jusqu’en 1871. Il invite à visiter les églises dédiées à saint Jacques

                                                  A Bayonne, s’il n’y a pas eu publication des Lettres et si l’appel au pèlerinage à Compostelle n’a pas été relayé, pas plus que l’appel à un pèlerinage local, le diocèse a néanmoins publié la lettre épiscopale de l’archevêque de Paris !... précédée d’une note introductive, mais sans autre explication

                                                    - Dans le diocèse de Rodez-et-Mende, l’évêque invite à se rendre dans une église dédiée ou bien à effectuer le pèlerinage dans le lieu le plus voisin qui possèdera une église ou chapelle sous le vocable de saint Jacques ; si le chef-lieu était très éloigné, hors du district ecclésiastique, l’église paroissiale servirait d’église stationnale,

                                                      - A Reims, l’archevêque indique deux dates distinctes pour la visite et le gain de l’indulgence : le 26 juillet 1885, fête de saint Jacques dans l’église Saint-Jacques de Reims, et le 15 août suivant, fête de l’Assomption dans toutes les églises paroissiales du diocèse.

                                                        - A Autun-Châlon- et-Mâcon, l’évêque désigne lui aussi les églises du diocèse dédiées à saint Jacques (Issy-l’Evêque, La Guiche, Milly, Crèches, Serrières, Saint-Romain-sous-Versigny) ou, à défaut, toutes les églises ou chapelles ;

                                                          Lorsque l’église possède une relique de l’apôtre, l’évêque en tient compte et donne des directives plus précises :

                                                            - A Bourges, l’archevêque invite à la visite de l’église Saint-Bonnet, qui possède une relique de saint Jacques. Pour les paroisses ou communautés en dehors de la ville de Bourges, dit-il, la visite se fera dans les églises ou chapelles dédiées à saint Jacques ou dans les églises paroissiales.

                                                              - A Annecy, l’évêque indique l’église paroissiale pour la visite prescrite. Toutefois les fidèles des paroisses voisines de Sallanches (dont l’église Saint-Jacques possède une côte de saint Jacques) sont invités à y faire le pèlerinage pour « vénérer dans son église la relique qui y est conservée et entourée de tant de respect depuis plusieurs siècles »20.

                                                              • 20  Op. cit.

                                                              Les lettres épiscopales : quels enseignements ?

                                                              Elles présentent un grand intérêt car elles explicitent le texte pontifical, détaillent, pour les fidèles les dispositions particulières au diocèse et constituent un relais vers des manifestations de foi locales. Elles répondent, en outre, aux efforts de Léon XIII pour la mobilisation des catholiques. Elles expriment un reflet des préoccupations de l’époque et proposent, à partir de la redécouverte des reliques, l’alternative de la foi.

                                                                Il faut, en effet, évoquer le contexte politique marqué par l’installation, encore récente, de la IIIe République en France, par l’instauration d’un programme de politique républicaine lié aux lois Ferry et par l’anticléricalisme qui fut un des phénomènes majeurs du moment. C’est en 1880 qu’eut lieu l’expulsion des Jésuites et des Congrégations, en 1882 que fut votée la loi scolaire interdisant l’enseignement religieux dans les écoles primaires, en 1884 la loi sur le divorce. Ces bouleversements sont souvent présents dans les Mandements des évêques et la presse religieuse en rend compte très largement :

                                                                   « Le Saint Père, pour appeler sur l’Eglise, de plus en plus opprimée par la Révolution la protection de l’apôtre saint Jacques, a voulu que l’heureuse invention de ses restes sacrés fût célébrée par des grâces spirituelles dont tous les fidèles du monde catholique seraient invités à profiter… » 21 (Périgueux-Sarlat),

                                                                  • 21  Op .cit., juillet 1885.

                                                                   « Ce n’est jamais sans un dessein providentiel que ces précieux trésors enfouis dans l’obscurité reparaissent à la lumière… » 22 (Nevers, Luçon),

                                                                  • 22  Op. cit,. décembre 1884.

                                                                   « Nous nous unirons aux sentiments dans lesquels les catholiques d’Espagne… entourent d’honneurs et de vénération les reliques de saint Jacques […] Nous protesterons ainsi contre les dégradantes doctrines qui ravalent au rang de la bête, sans conscience et sans personnalité, l’homme créé à l’image de Dieu… » 23 (Autun-Châlon-Mâcon),

                                                                  • 23  Op. cit., juillet 1885.

                                                                   « Au milieu des luttes douloureuses que nous traversons […] en présence d’un pareil travail de décomposition intellectuelle et morale, n’est-il pas utile, n’est-il pas urgent de protester et de réagir au nom de la religion outragée, au nom de la dignité humaine oubliée, au nom de la famille et de la société, également menacées… » 24 (Nantes),

                                                                  • 24  Op. cit., décembre 1884.

                                                                  « Combattre, sans exception comme sans crainte, les erreurs publiques, c’est rendre à la civilisation le plus signalé des services. Lorsqu’il voit (le Saint Père) monter le torrent de l’impiété, lorsqu’il le voit prêt à engloutir les consciences humaines, sa parole se fait entendre pour raffermir les âmes ébranlées… » 25 (La Rochelle-Saintes).

                                                                  • 25  Op.cit., décembre 1884.

                                                                  Léon XIII, a-t-il contribué à relancer, en France, le pèlerinage de Compostelle ?

                                                                  Les éléments statistiques sur les pèlerins français à Compostelle dans les années qui suivirent Deus Omnipotens font défaut. Le texte de Léon XIII a néanmoins eu le grand mérite de remettre le pèlerinage de Compostelle et le culte de saint Jacques sur le devant de la scène. En France, le terrain n’était pas tout à fait vierge. Par exemple, dès 1862 l’évêque de Chartres offrait à l’église Saint-Jacques de Montlandon une relique de saint Jacques en même temps qu’une reproduction en cire du corps du saint. Son but explicite est de relancer un pèlerinage local :

                                                                    « Sans doute ce serait une entreprise chimérique que de prétendre rétablir le mouvement d’autrefois vers l’Espagne ! […] Si nous ne pouvons plus aller à Compostelle, qui nous empêche d’attirer Compostelle parmi nous, pour y relever le culte du grand apôtre ?26 ».

                                                                    • 26 Abbé Joly, Notice historique sur saint Jacques le(...)

                                                                    Autre exemple : peu de temps avant la redécouverte de Compostelle, en 1875, l’évêque de Quimper authentifiait une relique du sang de saint Jacques conservée à Locquirec, celle qui est encore honorée aujourd’hui.

                                                                      En parallèle on assiste à cette époque, en France, à une relance des pèlerinages locaux qui s’inscrivent, d’ailleurs, dans le grand mouvement de réveil catholique qui, entre 1880 et 1890, a tenté d’apporter une réponse à l’entreprise de laïcisation de la société.

                                                                        « Dans de nombreuses paroisses, des prêtres, aiguillonnés par le combat laïque, sortent des églises, se transforment en ‘ hommes d’œuvres’ et s’engagent dans l’organisation de cercles d’études, l’encadrement de groupes de jeunes, d’associations sportives…27 ».

                                                                        • 27  F. Démier, La France du XIXe siècle, 1814-1914,(...)

                                                                        De plus, depuis 1870 et grâce au chemin de fer, les pèlerinages mobilisent les foules à La Salette, Lourdes ou le Mont-Saint-Michel. L’organe des pèlerinages : Le Pèlerin créé en 1873, n’accorde pourtant, en 1884, qu’une information (et en quels termes) à la redécouverte des reliques de saint Jacques : « Ce n’est guère le moment de parler de pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle puisque les Espagnols nous ferment leurs frontières avec un soin féroce28. Néanmoins, nous voulons publier un document important de la Cour de Rome … » suit une information très courte sur le texte de Léon XIII.

                                                                        • 28  Le Pèlerin, n° 396, juillet 1884, p. 503. L’Espa(...)

                                                                        On peut penser que le message du Pape a eu deux conséquences favorables pour l’Eglise en France :

                                                                          - la première en lui fournissant l’opportunité, à une époque où elle se trouvait bien malmenée, d’appeler à l’affirmation de la foi et à l’unité de l’Eglise : « Dans une famille bien ordonnée, les joies sont communes ainsi que les épreuves…29 » souligne l’évêque de Viviers en 1885.

                                                                          • 29  Op. cit., octobre 1885.

                                                                           - la seconde, dans la personnalité affirmée de Léon XIII pour qui la diplomatie était « une maîtresse science, l’art suprême » et qui eut, dès le début de son pontificat (1878) le désir de réconcilier l’Eglise avec les Etats, et selon l’un de ses biographes, le R.P. Lecanuet, de « persuader les chefs des peuples que le Saint-Siège peut leur concilier l’affection des multitudes […] concourir avec eux à l’apaisement des passions révolutionnaires qui menacent les Etats, monarchiques ou non…30 ».

                                                                          • 30  R.P.Lecanuet, Les premières années du pontificat(...)

                                                                           C’est ainsi que Léon XIII s’emploiera particulièrement à consolider la société chrétienne en invitant les catholiques à prendre en compte les changements politiques. Cette attitude en faveur du « Ralliement » aboutira ensuite, en 1891, à la publication de l’Encyclique Rerum novarum, qui demeure l’un des textes majeurs de son pontificat.

                                                                            Bibliographie

                                                                            Daux (Camille), Sur les chemins de Compostelle, Tours, 1909, rééd. Biarritz-Paris, Atlantica-Séguier, coll. Autour de Compostelle, 2003.

                                                                            Démier (Francis), La France du XIXe siècle, 1814-1914, Paris, Editions du Seuil, 2000, (Points-Histoire), 602 p.

                                                                            Gadille (Jacques), La pensée et l’action politiques des évêques français au début de la IIIe République, 1870-1883, Paris, Editions Hachette, 1967, 2 vol., 352-336 p.

                                                                            Joly (Abbé), Notice historique sur saint Jacques le Majeur, son origine, sa vocation, son apostolat, sa mort, sa translation et ses miracles suivie de quelques réflexions sur la fondation d’un pèlerinage à Montlandon, Chartres, 1862, 28 p.

                                                                            Launay (Marcel), La papauté à l’aube du XXe siècle, Léon XIII et Pie IX, 1878-1914, Paris, Editions du Cerf, 1997, 347 p.

                                                                            Lecanuet, (RP), Les premières années du pontificat de Léon XIII, 1878-1894, Paris, Lib. Félix Alcan, 1931.

                                                                            Prudhomme (Claude), Stratégie missionnaire du Saint-Siège sous Léon XIII, 1878-1903, Ecole Française de Rome, Coll. de l’Ecole Française de Rome, 1994, 621 p.

                                                                            « Œuvres pastorales de Mgr. Isoard, évêque d’Annecy », Académie Salésienne, Annecy, vol. 1884-1890.

                                                                            Périodiques

                                                                            Le Pèlerin, Paris, Edition de la Bonne Presse, depuis 1873,

                                                                            Semaines religieuses des diocèses ; Annales religieuses et littéraires de la ville et du diocèse d’Orléans ; Bulletin catholique du diocèse de Montauban ; Bulletin du diocèse de Reims ; Bulletin religieux du diocèse de La Rochelle-Saintes ; Etudes historiques et religieuses du diocèse de Bayonne ; La semaine catholique de Toulouse ; La semaine catholique du diocèse de Luçon ; La semaine du fidèle –diocèse du Mans- ; La semaine religieuse de la ville et du diocèse de Nîmes ; La semaine religieuse de la ville et du diocèse de Tours ; Le dimanche -diocèse d’Amiens- ; Revue religieuse de Rodez et de Mende ; Revue catholique du diocèse de Tarbes ; La voix de Notre-Dame de Chartres.

                                                                            Notes

                                                                            1  C. Prudhomme, Stratégie missionnaire du Saint-Siège sous Léon XIII, 1878-1903, p.1.

                                                                            2  M. Launay, La papauté à l’aube du XXe siècle, Léon XIII et Pie IX, 1878-1914, p.50.

                                                                            3  Ibid. p. 126.

                                                                            4 Annexée par l’Allemagne de 1870 à 1918 et dont les diocèses (Strasbourg et Metz) avaient été directement rattachés au Saint-Siège

                                                                            5  Le classement des diocèses par régions actuelles a été préféré au classement par ordre alphabétique. C’est également celui qui sera utilisé dans la suite de l’article.

                                                                            6  Suivant l’orthographe utilisée en 1884 (La semaine religieuse du diocèse d’Alby)

                                                                            7  La semaine religieuse du diocèse de Bordeaux, novembre 1884, n° 47, p. 835. La voix de Notre-Dame de Chartres, décembre 1884, p. 276. La semaine religieuse du diocèse de Besançon, novembre 1884. La semaine religieuse de la ville et du diocèse de Nîmes, novembre 1884, n° 37. La semaine religieuse du diocèse de Tulle, novembre 1884, n° 46, p. 731-732. La semaine religieuse du diocèse de Saint-Dié, août 1884, p. 552-553. La semaine catholique de Toulouse, novembre 1884, n° 44, p. 1072-1073. La semaine religieuse de l’archidiocèse d’Auch, novembre 1884, n° 3, p. 27. Revue catholique du diocèse de Tarbes, novembre 1884, n° 45, p. 709-710. La semaine religieuse du diocèse d’Alby, novembre 1884, n° 2, p. 17. Bulletin catholique du diocèse de Montauban, août 1884, n° 32, p. 503. La semaine religieuse du diocèse de Bayeux-et-Lisieux, novembre 1884, p. 722-723. La semaine catholique du diocèse de Séez, août 1884, n° 35, p. 590-591. La semaine religieuse du diocèse d’Evreux, août 1884, n° 23, p. 451-452. La semaine religieuse du diocèse de Rouen, août 1884, n° 31, p. 784. La semaine religieuse du diocèse d’Angers, août 1884, n° 32. La semaine religieuse du diocèse de Laval, novembre 1884, n° 4, p. 54. La semaine du fidèle -diocèse du Mans-, novembre 1884, n° 51. Le dimanche –diocèse d’Amiens-, novembre 1884, n° 699, p. 391-392. La semaine religieuse du diocèse d’Angoulême, novembre 1884, n° 41, p. 962. La semaine religieuse du diocèse de Digne, novembre 1884, p. 547. La semaine religieuse de l’archidiocèse d’Aix, novembre 1884, n° 262, p. 547. La semaine religieuse du diocèse de Grenoble, novembre 1884, n° 14, p. 161.La semaine religieuse de la Savoie et Haute-Savoie, paraissant à Chambéry, novembre 1884, n° 3, p. 34.

                                                                            8  La semaine religieuse du diocèse du Puy-en-Velay, 1884-1885, p. 277-278. La semaine religieuse de Sens-et-Auxerre, novembre 1884, n° 46, p. 733-734 ; juillet 1885, p. 531. La semaine religieuse du diocèse de Saint-Brieuc-et-Tréguier, août 1884, n° 33, p. 396 ; novembre 1884, n° 46, p. 553. La semaine religieuse de la ville et du diocèse de Tours, août 1884, p. 296 ; juillet 1885, p. 265. La semaine religieuse du diocèse de Blois, août 1884, n° 38 ; novembre 1884, n° 51, p. 815. La semaine religieuse du diocèse de Châlons, août 1884, n° 44, p. 692 ; novembre 1884, n°s 6 et 7, p. 86-87 et 101-102. La semaine religieuse du diocèse de Versailles, août 1884, n° 315, p. 240-241 ; novembre 1884, n° 327, p. 244. La semaine religieuse du diocèse d’Arras-Boulogne-et-Saint-Omer, août 1884, n° 31, p. 369 ; novembre 1884, n° 46, p. 547. La semaine religieuse du diocèse de Poitiers, août 1884, n° 32, p. 541, novembre 1884, n° 46, p. 781.

                                                                            9  La semaine catholique du diocèse d’Agen, août 1884, n° 33, p. 522 ; novembre 1884, n° 48, p. 757-759. La semaine religieuse du diocèse de Montpellier, août 1884, n° 3, p. 41-42 ; novembre 1884, p. 259-265. La semaine religieuse du diocèse de Pamiers, décembre 1884, p. 1203-1211. La semaine religieuse du diocèse de Avranches-et-Coutances, novembre 1884, n° 8, p. 122 ; janvier 1885, n° 17, p. 279-286. La semaine religieuse du diocèse de Beauvais-Noyon-et-Senlis, novembre 1884, n° 321 et 322, p. 143-147 et 162-168. La semaine religieuse du diocèse de Fréjus-et-Toulon, novembre 1884, n° 46 et 47, p. 730-731 et 739-747. La semaine religieuse du diocèse de Lyon, août 1884, n° 36, p. 264-265 ; novembre 1884, n° 51, p. 677-686.

                                                                            10  La semaine religieuse du diocèse de Clermont-Ferrand, novembre 1884, n° 47, p. 816-822. La semaine religieuse du diocèse de Rennes, 22 et 29 novembre 1884. La semaine religieuse du diocèse de Vannes, 5 et 12 mars 1885, p. 127-131 et 141-146.

                                                                            11  La semaine religieuse du diocèse d’Autun-Chalon-et-Mâcon, août 1884, n° 31 ; juillet 1885, n° 29, p. 563 et suiv. Bulletin du diocèse de Reims, novembre 1884, n° 46 ; août 1885, n° 33. La semaine religieuse du diocèse de Cambrai, août 1884, n° 31, p. 515-516 ; novembre 1884, n° 47, p. 779-780 ; juillet 1885, n° 29, p. 465-466. La semaine religieuse du diocèse de Viviers, octobre 1885, n° 31, p. 483-485.

                                                                            12  La semaine religieuse du diocèse de Saint-Flour, novembre 1884, n° 46, p. 541-542 ; juillet 1885, n° 30, p. 354. La semaine religieuse du diocèse de Nevers, novembre 1884, n° 45, p. 557 ; décembre 1884, n° 52, p. 638-640 ; janvier 1885, n° 1, 2, 3 et 4, p. 2-3, 14-17, 29-31 et 37-40. Annales religieuses et littéraires de la ville et du diocèse d’Orléans, novembre 1884, n° 46, p. 771 ; décembre 1884, n° 49, p. 819. La semaine religieuse du diocèse de Paris, août 1884, p. 148 ; juillet 1885, p. 85-94. La semaine religieuse du diocèse de Meaux, novembre 1884, n° 46, p. 554-559. Revue religieuse de Rodez-et-Mende, août 1884, n° 32, p. 497 ; novembre 1884, n° 46, p. 721 ; juillet 1885, n° 29, p. 449-454. La semaine religieuse du diocèse de Nantes, août 1884, n° 33, p. 777-779 ; décembre 1884, n° 51, p. 1201-1212. Bulletin religieux du diocèse de La Rochelle-Saintes, novembre 1884, p. 219 ; décembre 1884, p. 261-264. La semaine religieuse du diocèse d’Avignon, novembre 1884, n° 45, p. 626 ; décembre 1884, n° 52, p. 715-716. Isoard (Mgr.), Œuvres pastorales de Mgr Isoard, évêque d’Annecy, Académie salésienne, Annecy, vol. 1884-1890. La semaine catholique du diocèse de Luçon, novembre 1884, n° 17, p. 267-268 ; juillet 1885, n° 51, p. 811-813.

                                                                            13  La semaine religieuse du diocèse de Périgueux-Sarlat, juillet 1885, n° 30, p. 473-485.

                                                                            14  Etudes historiques et religieuses du diocèse de Bayonne, 1900, p. 9-12. La semaine religieuse du diocèse de Bourges, novembre 1885, p. 590-593.

                                                                            15  J. Gadille, La pensée et l’action politiques des évêques français au début de la III République, 1870-1883, t.1, p.152.

                                                                            16  Op. cit., p. 197.

                                                                            17  Op. cit.,janvier 1885.

                                                                            18  Op. cit., juillet 1885.

                                                                            19  Op. cit., juillet 1885.

                                                                            20  Op. cit.

                                                                            21  Op .cit., juillet 1885.

                                                                            22  Op. cit,. décembre 1884.

                                                                            23  Op. cit., juillet 1885.

                                                                            24  Op. cit., décembre 1884.

                                                                            25  Op.cit., décembre 1884.

                                                                            26 Abbé Joly, Notice historique sur saint Jacques le Majeur, son origine, sa vocation, son apostolat, sa mort, sa translation et ses miracles suivie de quelques réflexions sur la fondation d’un pèlerinage à Montlandon, Chartres, 1862

                                                                            27  F. Démier, La France du XIXe siècle, 1814-1914, p. 356.

                                                                            28  Le Pèlerin, n° 396, juillet 1884, p. 503. L’Espagne tentait de se protéger de l’épidémie de choléra qui sévissait alors dans le sud de la France et en Italie, et qui l’atteindra en 1885.

                                                                            29  Op. cit., octobre 1885.

                                                                            30  R.P.Lecanuet, Les premières années du pontificat de Léon XIII, 1878-1894, p. XI.

                                                                            Pour citer ce document

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