SaintJacquesInfo

Pèlerins de saint Jacques en région Centre
Invitation à mettre en valeur le patrimoine régional

Denise Péricard-Méa

Notes de la rédaction

Ces recherches ont fait l’objet d’une communication au colloque organisé à Blois par la Société Archéologique du Loir et Cher le 13 avril 2007.

Résumé

Bien que figurant dans le Guide du pèlerin, Tours et Orléans n’ont pas été proposées pour être inscrites au Patrimoine Mondial « au titre des chemins de Compostelle ». La Région Centre possède pourtant de nombreux témoignages du passage de pèlerins et de cultes à saint Jacques, preuve supplémentaire que ces inscriptions n’ont pas été faites avec sérieux.

Texte intégral

En région Centre, Tours et Orléans ont l’insigne honneur de figurer dans un manuscrit du XIIe siècle, connu depuis 1938 sous le nom de Guide du pèlerin. Huit siècles plus tard, les noms des vingt lieux inscrits dans ce document historique ont été portés sur la liste du Patrimoine Mondial de l’UNESCO, au titre des chemins de Compostelle… à l’exclusion de six1, parmi lesquels, précisément, Tours et Orléans ! Pourquoi cet ostracisme, alors que, dans la région, furent inscrites la cathédrale de Bourges et l’église de Neuvy-Saint-Sépulchre et qu’on relève dans la liste un dolmen du département du Lot ?

  • 1  Les autres exclus : Montpellier, Saint-Thibéry,(...)

Cette incohérence s’ajoute à de nombreuses erreurs commises au cours de l’histoire des chemins de Compostelle, écrite depuis un siècle. Cette histoire repose sur des mythes mais elle a abouti à la naissance, bien réelle, des chemins de pèlerinage contemporains. Il est intéressant et utile de la comprendre pour sortir du discours stéréotypé et banal présenté en chacun de ces lieux qui ne sont plus regardés qu’en fonction de Compostelle. Mettre l’accent sur les pèlerins de saint Jacques dans la Région donne une meilleure connaissance d’histoires originales et de légendes locales liées à saint Jacques, voire même à Compostelle. La Région Centre pourra ainsi mieux s’inscrire dans le mouvement actuel qui draine des milliers de pèlerins et touristes vers le sanctuaire galicien.

    Pèlerins de Galice

    Chacun de ces marcheurs connaît un livre paru en 1938, sous le titre évocateur de Guide du pèlerin. Ce livre est la traduction de la dernière partie d’un manuscrit conservé à Compostelle, le Codex Calixtinus. Cette partie n’a été connue qu’à partir de 1882, date à laquelle elle a été éditée, en latin. D’emblée, elle a été considérée, selon l’abbé Daux2, comme un « guide officiel » utilisé par les « caravanes » de pèlerins. Personne n’a cherché à comprendre ni sa diffusion, ni la cause de son insertion dans le manuscrit de Compostelle. Immédiatement et sans la moindre étude critique, les postulats suivants ont été admis par tous ceux qui se sont intéressés à Compostelle :

    • 2  Les Chemins de Compostelle, souvenirs historique(...)

    - Depuis le Moyen Age, des millions de pèlerins sont accourus pour y vénérer le tombeau de saint Jacques

      - Ces pèlerins marchaient au long de quatre routes créées pour eux.

        - Ils étaient reçus dans des établissements charitables, eux-aussi fondés à leur intention.

          Un grand nombre d’érudits se mirent donc à chercher ces fameux chemins et à tracer des cartes. Pour retrouver les lieux capables d’abriter ces millions de personnes, il a fallu balayer large et c’est ainsi que tout lieu d’hospitalité, hôpital, commanderie, abbaye recevant des pèlerins, ou même de simples voyageurs, balisait un chemin de Compostelle. Avec force, on affirma que tout établissement portant le vocable Saint-Jacques avait forcément été fondé pour les pèlerins de Compostelle et que toute confrérie Saint-Jacques était une confrérie d’anciens pèlerins de Compostelle. On ne compte plus les livres, brochures ou articles écrits sur la base de ces postulats et la Région Centre n’a pas été épargnée. Peu par contre parlent des pèlerins partis de la Région ou l’ayant traversée ni des cultes locaux à saint Jacques dont le patrimoine conserve des traces. Leur étude nous donnera un autre regard sur le phénomène compostellan.

            Pèlerins partis de la région

            A la demande de René de La Coste-Messelière, l’un des plus ardents promoteurs du renouveau des pèlerinages à Compostelle, une grande partie de mon travail de thèse a consisté à vérifier ces postulats. Mes recherches ont été particulièrement soignées dans la région Centre qui est ma région d’origine. Une des difficultés a été la dispersion des sources : cartulaires, chroniques, registres de comptes d’hôpitaux, mais aussi registres canoniaux, annales, lettres, demandes de sauf-conduits, lettres de rémission, testaments. Les registres de confréries sont parfois des sources, mais ils restent souvent muets, surtout pour les périodes médiévales. Un par un, j’ai retrouvé les noms de 159 pèlerins attestés qui, entre les XIIe et XVIe siècles, sont allés jusqu’en Galice. Du Cher, 21, d’Eure & Loir, 48, de l’Indre, 13, de l’Indre & Loire,17, du Loir & Cher, 36, du Loiret, 24.

              Un remarquable travail de maîtrise d’espagnol a été effectué par Martine Battrel en 1978 à l’Université François Rabelais de Tours (Institut d’études hispaniques et portugaises), sous la direction du professeur Redondo. Sous le titre Contribucion al estudio de la peregrinacion francesa a Santiago de Compostela (1630-1655) segun los libros de enfermos del archivo del hospital real de dicha ciudad. Elle a relevé toutes les fiches des pèlerins reçus à l’hôpital des Rois Catholiques. Elle les a classés par pays d’origine et, en France, par régions d’origine. Là encore, il ne s’agit pas de comptabilité stricte, étant entendu que tous les pèlerins n’étaient pas admis dans cet hôpital mais les ordres de grandeur sont intéressants.

                Par ordre de nombre, les pèlerins étaient originaires de France (675), Portugal (132), Flandres (97), Italie (60), Allemagne (35), Irlande (29), Hollande (5), Pologne (4), Turquie (2). Parmi les pèlerins de France, ceux de la région Centre s’avèrent étonnamment les plus nombreux puisqu’ils sont 93, suivis par l’Auvergne (68), l’Aquitaine (64) et Rhône-Alpes (60) trois régions traditionnellement portées aux voyages en Espagne, tant pour le commerce que pour les expatriations, temporaires ou non.

                  Il est évident que ces recherches ne sont pas closes. Ainsi une pèlerine de Compostelle a récemment signalé que le musée d’Astorga conserve l’acte de décès d’un pèlerin de la région, mais en l’absence de réponse du conservateur, on n’en sait pas plus pour l’instant. De même, les registres paroissiaux en cours de dépouillement ajoutent de temps en temps quelques unités. Par exemple, ceux de Chambon-sur-Cisse (Loir-et-Cher) mentionnent3 :

                  • 3  Arch. dép. Loir-et-Cher, E-dépôt 35/1591-1702, a(...)

                  juillet 1607 : sépulture de « Loys Texier pèlerin de Saint Jacques »

                    août 1607 : sépulture du « filz de Fleury Chartier aussi pellerin de Sct Jaques »

                      ainsi que l’étonnant départ du père d’un enfant nouveau-né, avec quatre compagnons dont trois au moins étaient célibataires :

                        « Le Ve du moys et an que dessus [5 mars 1610] fut baptizée Anne fille d'Estienne Pesné et Anne Labbé sa femme nommée par Françoys Labbé son frerre, la marrainne Catherinne Pesné, pour tesmoing Ysabel Morian, ne sçavoir signer.

                          Et ce mesme jour et an sont partis de ceste parroisse de Chambon pour fairre le voyage de Sainct Jacques en Calice ledit Estienne Pesné, Michel Fraalin boulenger, Jacques Salmon, Florimond Daridan et Gaspard Barbary. Dieu leur face la grâce d'en bien revenir. Amen »

                            Ils sont effectivement revenus car le même registre mentionne, le 28 janvier 1612, le « baptême d'Etiennette Pesné fille d'Etienne et Anne Labbé », ainsi que, dans les mêmes années, les mariages de Gaspard Barbary, Jacques Salmon et Florimond Daridan. Ces renseignements postérieurs aux pèlerinages sont rarissimes, sans doute parce que les premiers chercheurs n’ont pas pensé à lire ce que devenaient les pèlerins dans les années suivantes. Bien évidemment, les archives ne nous permettent pas de tout connaître de ces pèlerins, mais il se dégage néanmoins quelques constantes autour de leurs statuts sociaux, aussi bien dans le Centre qu’ailleurs. Pendant les siècles médiévaux ils sont plutôt des nobles, des bourgeois, des marchands. On peut y ajouter, dans des proportions minimes, quelques pèlerins pénitentiels. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, ce sont plutôt des paysans et des ouvriers en mal d’emploi ou en fuite de la conscription et de la misère.

                              Ces travaux n’ont confirmé aucun des postulats énoncés par les premiers chercheurs. Les nombres de pèlerins retrouvés, même affectés d’un coefficient multiplicateur, ne permettent pas d’imaginer que Compostelle a pu en recevoir des millions. Aucun document de fondation ni registre d’hôpital ne mentionne spécialement les pèlerins de Galice. Aucune constance dans les itinéraires (quand ils sont connus), chaque pèlerin a le sien. Et pas non plus de trace de départs groupés depuis de grands sanctuaires comme il est dit partout au vu du Guide.

                                Issoudun (Indre) saint Jacques

                                  Les confréries, lorsqu’elles ont des archives, permettent parfois de retrouver des pèlerins de Galice. Elles sont peu nombreuses dans le diocèse de Bourges. Celle de Bourges, la plus riche en archives, était, au XVIe siècle, confrérie des pâtissiers et aubergistes. Une autre est mentionnée à Issoudun en 1450, dont le siège est situé à l’abbaye Notre-Dame4. Le 14 juin 1767, les « confrères de Saint-Jacques » se font confirmer une reconnaissance de rente devant Me. Morat l’aisné, notaire à Issoudun5. On ignore tout de ce que fut la vie de ces confrères au fil des siècles. On peut simplement supposer que c’est à eux que l’on doit la splendide tête de saint Jacques conservé au musée.

                                  • 4  Arch. dép. Indre, abbaye ND d'Issoudun, liasse 1(...)
                                  • 5  Arch. dép. Indre, C. 754, contrôle des actes des(...)

                                  Un portrait par siècle

                                  Plus que les chemins, les hommes sont intéressants à retrouver. Mettre ses pas dans ceux d’un ancien pèlerin dont on connaît quelques éléments de biographie prend une tout autre valeur que suivre des foules de fantômes sans identité. Voici quelques exemples de pèlerins de la Région, images propres à faire rêver de ces voyages. Les choix ont été faits en essayant de tenir compte de la diversité des pèlerins en n’en retenant qu’un par siècle. Et les citations permettent de voir comment, à chaque époque, les départs étaient perçus par les contemporains.

                                    Après 1164, le comte Thibaud de Blois est allé en pèlerinage à Saint-Jacques. Il s’agit de Thibaud V de Blois (1130-1191), frère d’Henri Ier comte de Champagne (1127-1181) et époux d’Alix en 1164. Il n’est certainement pas parti seul, et peut-être pour une raison politique liée à la naissance longuement attendue du futur Philippe-Auguste (1165). Un moine de Saint-Martial de Limoges raconte son passage dans les Annales du monastère :

                                      « Thibaud comte de Blois, mary d’Alix ou Adelle fille de Louis VII et d’Allienor et frère d’Henry comte de Champagne revenant du pèlerinage de Saint-Jacques en Galice passa à Limoges pour y faire ses dévotions au sépulchre de saint Martial. Il fut reçu avec joie et procession par les religieux de Saint-Martial dans l’octave de l’Ascension de N. Seigneur… Henry roi d’Angleterre luy faisoit fournir sa dépense avec magnificence royale tandis qu’il passait par ses terres, quoy qu’il ne le voulut pas »6

                                      • 6  Bonaventure de Saint-Amable, Histoire de saint M(...)

                                      En 1228 Pierre de Livron (1209-1257), chevalier, seigneur de Pesselières en Berry7 part pour Compostelle avec tout un groupe, sans doute derrière le comte de Sancerre. Son départ est connu grâce à une donation faite à ce moment-là reçue par l’abbaye de Lorroy :

                                      • 7  Cher, Pesselières, com. Jalognes, arr. Bourges,(...)

                                       « A tous ceux qui contrôleront les présentes lettres, P. archiprêtre de Sancerre, adresse son salut dans le Seigneur, sachez que le seigneur Pierre de Livron, chevalier, un de ceux qui partent à Saint-Jacques, pour augmenter les aumônes de sa chapelle de Pesselières… »8

                                      • 8  Arch. dép. Cher, Saint-Satur et Saint-Thibaut, l(...)

                                      En 1358 à Blois, plusieurs anciens pèlerins de Compostelle s’alarment de voir des pauvres affluer de toute la région à cause de la guerre avec les Anglais et mourir dans la rue. Ils se réunissent pour fonder un hôpital chargé d’accueillir toute cette misère. Ils font partie de la bonne société, nobles et grands bourgeois marchands qui étaient sans doute appelés en Espagne pour leurs affaires et en profitaient pour aller jusqu’à Compostelle, à l’image des notables parisiens qui avaient eux aussi fondé un hôpital quelques années plus tôt. L’acte de fondation témoigne de leur pèlerinage :

                                        « Pour ce que en la ville de Blois n'avoit, ne n'a eu au temps passé, lieu ne maison où les poures trez passans soient habergez, par lequel défaut les dits poures ont souffert male de poureté et de mésaise ou temps passé, et est convenu que lesd. poures ayent geu la nuit par les rues et sous les fenestres où par plusieurs fois ont esté trouvés mors de froidure et de poureté laquelle chose est contres toute humanité, ce par défaut de charité. Et en considération sur ce, plusieurs ci-dessous nommez, pèlerins dou trez glorieux apostre Mons. St. Jacques, meuz par bonne dévotion, ayent commencé une confrairie de l'hospital de Mons. S. Jacques en propos et entention que par eux et par autres fust ordonné et fondé un hospital en lad. ville où lesd. poures chascun soir pussent estre hostellez et habergez²9.

                                        • 9 .Paris, B.n.F, coll. Clairambaut, II, 374, vol.CI(...)

                                        En 1403, dans un village du Loiret, voici trois » povres hommes laboureurs chargiez de femmez et de plusieurs petis enfans », Jehan Les Thure, Michel Les Thure, Perrin Godeau qui ne partent pas de leur plein gré : ils sont condamnés à partir en Galice car ils ont trucidé un procureur qui les poursuivait de sa haine. Poussés à bout, le 22 mai, deux heures avant minuit, ils se sont rendus chez leur tourmenteur, à Saint-Hilaire-les-Andrésis10. Ils frappent à sa porte et le pressent d’ouvrir. Comme il refuse, ils forcent le passage, le poursuivent jusqu’au grenier, le font descendre et le sortent de la maison. Et « lui coppèrent d’un petit coustel à pain les nerfs des bras et des jambes » et le laissent là. Mais, comme « il crioit molt hault, ils retournèrent sus » et, pour le faire taire, « lui couppèrent la langue, dont mort s’ensuyt environ trois ou quatre heures après ». Etrange méthode, unique dans les lettres de rémission…

                                        • 10 Loiret, arr. Montargis, cant. Courtenay

                                        C’est un crime très grave, avec préméditation. Certes il n’y avait au départ que l’intention d’immobiliser le bonhomme et de l’empêcher de nuire davantage. Pour une raison que l’on ignore, les trois hommes ne sont pas condamnés à mort, mais graciés sous condition d’un pèlerinage à Compostelle. Pour l’exemple « en manière de pénitence [ils] seront batus tous nuz de verges en plain carrefour au dit lieu de Courtenay » puis ils doivent partir « chascun d’eulx en pèlerinage à Monseigneur saint Jacques en Galice, et seront tenus de en rapporter certiffication convenable »11. Malgré la gravité de la faute, la rémission prouve une fois de plus qu’on ne lâche pas sur les routes des gens capables de récidive. Leur absence permettra l’oubli, du moins on l’espère.

                                        • 11  Paris, arch. nat., JJ158, n°12

                                        Au XVIe siècle, en 1594, c’est une femme seule, Matalina Ruggieri, qui part de Choue12. Elle arrive malade à Compostelle où elle est hospitalisée à l’hôpital des Rois Catholiques. Elle guérit et rentre, munie de l’un des rares certificats13 qui nous soient parvenus. Ce certificat a été conservé dans les archives du seigneur du château, sans que l’on en connaisse la raison :

                                        • 12  Loir-et-Cher, arr. Vendôme, cant. Mondoubleau
                                        • 13  Papiers de Jacques de Vendosmois, seigneur d'All(...)

                                        Moy subsiné Dinis Suchay, hospitalié du gram hospital de Meunsieur Sanct Jaque certifie a tous ceux qui ces presentes lettres verront que Matalina Rugiere, nee et natif de la parace de Chue est venue au voyage a meunsieur San Jaque de Galice qui est à Compostela, qui esqt arrivé le jur des Rogacions (12 mai) an ladite cité de Compostela, laquele a esté malade au grand hospital de San Jaque pendant espace de six semaine, apres quel a esté guérie de la maladie qui la plu à Dieu, est revenue a la santé, et retornée en son païs. Dinis Suchay »

                                          En 1603, Guillaume Ytasse, tourneur, habitant de Beaugency, veut que l’on garde à perpétuité le souvenir de son état de pèlerin : il demande par acte notarié à être mis une « tombe » (table dont on couvre la sépulture) près de son tombeau avec son bourdon14. Par un autre acte, son exécuteur testamentaire, Mathurin Hubeau  « donne à faire à Jehan Lalouette, tailleur de pierre à Beaugency, une épitaphe… sur laquelle il fera faire un Crucifix, ung ymage de saint Jacques, le pourtrait du défunt Guillaume Itasse, tourneur, le jour, mois et an de son décès, moyennant 9 livres »15. Par miracle, cette pierre tombale est conservée au musée de Beaugency sous le n° d’inventaire 7324. Brisée en sa largeur, elle a pour dimensions 76 x 45 x 15 cm. L’image correspond en tout point à la commande. Le bourdon fait de lui un pèlerin et le portrait de saint Jacques un pèlerin de Compostelle : à cette date à Beaugency, une confrérie regroupait d’anciens pèlerins. Malheureusement, l’inscription gravée dans la pierre n’affirme rien :

                                          • 14  Orléans, bibliothèque municipale, ms.1010, archi(...)
                                          • 15  Dépouillement Adam p. 630, n°4374, notaire Flori(...)

                                          CY GIST GVILLAVME / YTASSE VIVANT TOURNEUR / A BAUGENCY QUI DECEDA / MERCREDY 26 IOUR / DE FEVRIER AN 1603 / PRIEZ DIEU POUR / SON AME

                                            et les registres paroissiaux sont muets sur Guillaume Ytasse. On peut néanmoins admettre qu’il est bien allé à Compostelle, comme « Guillaume Preudhomme Maître cordonnier lequel a fait le voyage de St Jacques en son temps, trépassa le second jour d'Avril 1604 & fut ensépulturé en la Chapelle de l'Hôtel-Dieu début Mai »16 et, sans doute, comme quelques autres, membres de la confrérie Saint-Jacques de la ville.

                                            • 16  Registres paroissiaux de Beaugency, recherches e(...)

                                            En 1761 Jacques Villady (ou Villaudy) et son ami domestique François Fouillaud partent à Compostelle à la suite d'un vœu. Par chance, la famille Villady conserve, encore aujourd’hui, la pèlerine de cuir chargée de 29 coquilles et le laissez-passer de François Fouillaud, signés des conseillers du roi, maire et échevins de Bourges.

                                              « … François Fouillaud, journalier vigneron, natif de la paroisse Saint-Martin-d'Auxigny près Bourges, âgé de 40 ans, taille de 4 pieds 10 pouces env. cheveux châtain, la barbe de même, une cicatrice dessous le menton, les yeux vairons, s'est aujourd'hui présenté devant nous et nous a dit voulloir aller à Saint-Jacques en Galice par dévotion »

                                                Image2

                                                  Saint-Martin d'Auxigny (Cher) cape

                                                    Surchargé de mentions manuscrites, le précieux passeport atteste que le départ a eu lieu à Bourges le 18 mai. Les deux compagnons étaient à Limoges 25 mai, à l’hôpital Saint-Jacques de Bordeaux le 1er juin, à Pampelune en juin, à Sainte-Marie de Léon le 22 juin. Au retour sont mentionnés Burgos en août, Saint-Jean-Pied-de-Port le 16 août. De Villaudy on conserve le certificat de confession et de communion délivré en juillet par les chanoines de Compostelle.

                                                      Ensuite, dit la chronique familiale, on le nomma Villaudy-le-Pèlerin, surnom qui se maintint parmi ses descendants. La valeur attachée au pèlerinage est soulignée par le fait que la famille, par-delà les générations, a tenu à en conserver le souvenir.

                                                        Chacun de ces témoignages est suffisamment vivant pour que l’on n’éprouve pas le besoin d’ajouter des commentaires ou de placer chaque homme dans une cohorte de pèlerins. Est-il nécessaire de déformer la vérité pour embellir l’histoire ?

                                                          Des textes manipulés pour justifier l’importance des pèlerins

                                                          Deux exemples pris dans la région illustrent bien comment, pour trouver les millions de pèlerins que l’on cherchait, on a biaisé les textes. Le premier concerne la fondation de l’hôpital Saint-Jacques de Blois. Le texte cité plus haut a été souvent résumé plutôt que cité intégralement, et déformé pour conclure que l’hôpital avait été construit pour les pèlerins de Compostelle passant par Blois, ce que la lecture intégrale ne peut en aucun cas permettre. Cette habitude de déformer est ancienne : la plus ancienne modification semble dater de 1682, lorsque Bernier17 écrit :

                                                          • 17  Bernier, J., Histoire de Blois, Paris, 1682, Par(...)

                                                          « L’église collégiale fut fondée en 1366 par Louis de Chatillon comte de Blois et par quelques particuliers du comté, qui touchez de compassion envers les pèlerins de saint Jacques en Galice qui n’avaient aucun lieu pour se retirer en passant… »

                                                            Les pèlerins de Galice sont devenus les “particuliers du comté” et les pauvres mourant dans les rues à cause des guerres avec les Anglais sont devenus les “pèlerins de saint Jacques en Galice” qui, eux non plus, “n’avaient aucun lieu pour se retirer en passant”. 1682 est l’époque où les pèlerins se font plus nombreux et gênants, et c’est peut-être une explication.

                                                              Le second exemple concerne Orléans. En 1836, D. Lottin18, dans le cadre d’une étude historique effectuée, dit-il, d’après « un manuscrit sur Orléans » consulté à la bibliothèque, décrit la procession inaugurale de la statue de saint Jacques en 1388 comme « remarquable par la présence de 160 pèlerins de cette ville qui tous avaient fait le voyage de Compostelle ». Chiffre important qui ne concorde guère avec d’autres. Comment vérifier alors que tant d’archives ont brûlé ? Heureusement, il existait le travail antérieur de F. Lemaire19 qui avait publié en 1658 une Histoire de l'église et diocèse d'Orléans. Le manuscrit de ce travail a dû être la source de Lottin car on y retrouve chiffres et dates, mais dans un ordre complètement différent. Si Lemaire relate bien l’inauguration de la statue de saint Jacques en 1388 sur le pont des Tourelles, par la confrérie Saint-Jacques, il raconte ensuite que cette statue a été détruite en 1562 par les Protestants mais constate que les membres de cette confrérie ont néanmoins continué à effectuer à leur chapelle Saint-Jacques toute voisine « dévotions, voyages et processions annuelles, le jour et feste de sainct Jaques, le 26 jour de juillet, où se trouvent à présent [1658] plus de huict vingt [=160] Pèlerins, nonobstant les guerres arrivées entre le Roy de France et le Roy d’Espagne ».

                                                              • 18 Lottin D., Recherches historiques sur la ville d'(...)
                                                              • 19 Documents originaux disparus. Lemaire F., Histoir(...)

                                                              C'est donc en 1658 qu'il y avait 160 pèlerins et non pas en 1388. C’est en effet à cette époque, contrairement à une autre idée reçue, que le nombre de pèlerins pour Compostelle augmente partout, ainsi qu’en témoignent les nombreux textes de réglementation.

                                                                Les itinéraires

                                                                Concernant les chemins de Compostelle, la région Centre est traversée par deux des chemins évoqués par le Guide du pèlerin et à partir desquels ont été tracés les itinéraires contemporains :

                                                                  « – le troisième, par Sainte-Madeleine de Vézelay, Saint-Léonard en Limousin et Périgueux
                                                                  – le quatrième, par Saint-Martin de Tours, Saint-Hilaire de Poitiers, Saint-Jean d’Angély, Saint-Eutrope de Saintes et Bordeaux ».

                                                                    De ces itinéraires seul le 4e est connu tout au long de son tracé et depuis le Moyen Age comme étant le « Grand chemin d’Espagne ». Mais alors, pourquoi avoir éliminé Tours et Orléans lors du classement de l’UNESCO ? On constate seulement qu’en inscrivant Bourges et Neuvy (qui sont sur l’autre chemin) les promoteurs de la demande adressée à l’UNESCO ont eu la volonté de privilégier un tracé par rapport à l’autre. Sur les raisons, seules des hypothèses peuvent être formulées ; une chose est certaine, il ne peut s’agir de raisons historiques. En effet, aucun des récits de pèlerins connus, rédigés entre le XVe et le XVIIIe siècle, ne mentionne le chemin de Vézelay. Tous montrent que le chemin le plus souvent emprunté par des pèlerins était précisément ce « grand chemin d’Espagne » qui pouvait passer par Chartres ou Orléans voire même par Montargis, chacune de ces routes étant d’un accès facile. Les exemples suivants en sont des preuves.

                                                                      En 1170, Gilbert de Montgommery20, qui « se préparait à partir comme pèlerin à Saint-Jacques en Galice » eut, durant la nuit précédant son départ, une vision qui lui enjoignit de passer d’abord par l’abbaye Saint-Père de Chartres, ce qu’il fit, à l’aller et au retour, un an plus tard21.

                                                                      • 20  Près de Vimoutiers, Orne, ar. Argentan
                                                                      • 21  Inventio et miracula s. Gilduini, éd. Analecta B(...)

                                                                      En 1224, Jehan de Brienne (v.1138-1237) part pour Compostelle et prend son bâton de pèlerin à Saint-Martin de Tours. Il est roi de Jérusalem (1210-1225) par son mariage avec Marie de Montferrat puis Empereur latin d’Orient (1231-1237). Il entreprit, après la chute de Damiette en 1220, une grande tournée dans les Cours européennes pour aller chercher du secours. Sa biographie, écrite seulement au XVIIIe siècle raconte22 :

                                                                      • 22  Lafitau, Joseph-François, Histoire de Jean de Br(...)

                                                                      En 1224, il « alla à Tours où il prit solennellement le bourdon de pèlerin le premier dimanche de Carême pour aller visiter le tombeau de saint Jacques en Galice… La piété solide de ce prince eut sans doute une grande place dans ce voyage, mais la politique y entrait aussi pour beaucoup, ainsi que le dessein de solliciter les secours des divers monarques d’Espagne… Le roi Jean était veuf depuis 1212 et il n’ignorait pas qu’à la cour de Castille il y avait une jeune princesse qui convenait infiniment à ses intérêts. C’était Bérangère, fille d’Alphonse IX roi de Léon et de Bérangère de Castille (sœur de la reine Blanche, épouse de Louis VIII) ».

                                                                        Ce pèlerinage est confirmé par les Chroniques de Touraine qui, elles, sont de l’époque  et qui relatent qu’il est repassé par Tours en revenant de Compostelle23. Entre départ et retour ne se sont écoulés que deux mois à peine :

                                                                        • 23  Recueil de chroniques de Touraine, éd. Salmon, T(...)

                                                                        « Dans l'octave suivant la Pentecôte (1224), Jean, roi de Jérusalem, est revenu à Tours du pèlerinage de Saint Jacques avec la fille du roi de Galice, qu'il y avait épousée et qui fut reçue solennellement dans l'église de saint Martin, le seigneur roi venant déposer dans cette même église le bâton de pèlerinage qu'il y avait reçu ».

                                                                          En 1466, Marguerite de Savoie, comtesse de Wurstemberg, tante de Louis XI, arrive par Troyes, entre en région Centre à Montargis où elle rencontre le roi. De là elle gagne Amboise puis Saumur24 où elle rend visite au roi René, à des fins sans doute politiques, secrètes bien sûr. Léon de Rozmital, cette même année, venait, lui, de Nantes, est passé à Langeais, Luynes, Tours, Amboise, Blois, Saint-Laurent, Beaugency et Meung-sur-Loire où il a rencontré le roi Louis XI. Il a repris ensuite le chemin vers l’Espagne en passant à nouveau par Tours puis Sainte-Catherine-de-Fierbois.

                                                                          • 24  Bull. Com. de la langue, de l'histoire et des ar(...)

                                                                          En 1490, Jean de Tournai25 revient de Compostelle par Bordeaux, Tours et Orléans.

                                                                          • 25  Jean de Tournai, B.M.Valenciennes, ms. 28.

                                                                          En 1495, Jérôme Münzer26 rentre à Nuremberg de son long périple en Espagne par un autre itinéraire : Toulouse, Limoges, Poitiers, Tours et Orléans. A peu près au même moment, Hermann Künig von Vach27 rentre en Allemagne en passant par Sainte-Catherine-de-Fierbois, Tours, Amboise, Blois et Orléans.

                                                                          • 26  Itinéraire ou récit de la pérégrination accompli(...)
                                                                          • 27  Première édition à Strasbourg en 1495, par Mathi(...)

                                                                          En 1531, Henrich Schönbrunner28 arrive de Suisse et, de Paris, passe par Orléans, Blois, Amboise, Tours et Montbazon.

                                                                          • 28  Staub, Bonifaz, Hauptmann Henrich Schönbrunner v(...)

                                                                          Peu avant 1534, Andrew Borde29 médecin anglais effectue un voyage à Compostelle en compagnie de neuf compatriotes qu’il rencontre à Orléans alors qu’il étudiait à l’Université, mais on ne connaît que ce point de départ.

                                                                          • 29  BORDE, (A.), Introduction of Knowledge, 1542, F.(...)

                                                                          Orléans (Loiret) cape confrérie (agrandir)

                                                                            A ces itinéraires empruntés par les uns ou les autres s’en ajoute un, daté de 1595, « imprimé à Sens pour Robert Collot, libraire demeurant en la rue de lescrivinerie près Sainte-Croix à Orléans »30. Il est mis en annexe d’une histoire de la vie de saint Jacques sous le titre Guide du chemin qu’il faut tenir pour aller de la ville d’Orléans au voyage de Saint-Jacques le Grand, en Compostelle, ville du Royaume de Gallice aux Espagnes. La préface précise que le texte a été copié, « pour la plus grande part, sur celuy qui nous a esté communiqué par un dévot & honorable homme, qui a icelluy recuilly & rédigé par escript, faisant ledit voyage en l’an 1583 ». A l’aller, la route passe le long de la Loire jusqu’à Amboise puis pique au sud sud-ouest vers Bléré puis Manthelan et Port-de-Piles. Au retour il est conseillé de rentrer par Toulouse et Limoges (l’actuelle N 20). L’entrée dans la région Centre se fait à Argenton-sur-Creuse. C’est ensuite Lothiers, Châteauroux et Vatan. A partir de là on quitte le tracé de la N 20 pour remonter au plus droit par Graçay, Romorantin puis la traversée de la Sologne par Millançay et Chaumont-sur-Tharonne avant de rejoindre ce tracé à La Ferté-Saint-Aubin, l’entrée dans Orléans se faisant par Olivet.

                                                                            • 30  Orléans, bibl. mun. Rés. H. 12842

                                                                            Ce ne sont donc pas un, mais deux itinéraires qui s’ajoutent à tous les autres. On ne peut que le constater, en région Centre comme ailleurs il n’existe pas d’itinéraire spécifique emprunté par les pèlerins. Ils marchent au gré des personnes qu’ils veulent rencontrer, selon un tracé qui leur est personnel et qui peut varier au fil des siècles. S’en tenir aux quatre chemins du Guide du pèlerin est beaucoup trop réducteur. Y ajouter des bretelles diverses et variées n’a aucune signification.

                                                                              Pèlerins de saint Jacques loin de Compostelle

                                                                              Mais il n’est pas que Compostelle où l’on prie saint Jacques. Le saint apôtre est vénéré par quantité de personnes en tant que saint patron, ou en tant qu’intercesseur à l’heure de la mort, les dévotions pouvant être individuelles ou collectives, au sein de confréries. Elles s’exercent dans des églises Saint-Jacques, des chapelles Saint-Jacques incluses dans des églises ou des chapelles isolées. Elles sont plus efficaces si elles s’accomplissent devant des reliques de saint Jacques : on en compte une petite vingtaine dans la région, isolées ou faisant partie de collections, privées ou publiques. Toutes ces personnes connaissent vraisemblablement Compostelle, mais l’essentiel de leur dévotion concerne plus spécialement l’auteur de l’Epître de Jacques attribuée à l’un ou l’autre apôtre, Majeur ou Mineur, sans souci de distinction. Traversant les siècles, un élément de cette Epître fait sa popularité, celui qui concerne les fins dernières :

                                                                                L’Epître de Jacques

                                                                                L’Epître de Jacques demande (Jc. 14-16) :

                                                                                  « Quelqu’un d’entre vous est-il malade, qu’il fasse venir les prêtres de l’Eglise et qu’ils prient sur lui, en l’oignant avec l’huile, au nom du Seigneur, et la prière de la foi sauvera l’infirme »

                                                                                    Au IXe siècle, Raoul, archevêque de Bourges demande de donner cette onction aux infirmes dans l'un des canons de ses statuts synodaux31 :

                                                                                    • 31  Migne, Patrologie Latine, t CXIX, canon I4(...)

                                                                                    « C'est pourquoi selon le précepte du bienheureux apôtre Jacques avec lequel les décisions des Pères (de l'Eglise) sont en accord, les infirmes doivent être oints par les prêtres d'une huile bénie par les évêques »

                                                                                      Image4

                                                                                        Saint-Aignan (L-&-Ch) Crypte, XIIe (agrandir)

                                                                                          Dans la crypte de Saint-Aignan-sur-Cher, le Christ en Majesté transmet à saint Jacques un phylactère sur lequel est écrit « Confessez-vous donc les uns aux autres…afin d’être guéris : [CONFITEMINI AL]TERUTRUM PEC[C]ATA ». Au pied de la scène, des petits personnages implorants, infirmes, malades, pauvres ou pèlerins32. Saint-Jacques-des-Guérets, posède une même image du Christ transmettant à saint Jacques non pas un phylactère mais une verge d’or, symbole de cette transmission.

                                                                                          • 32  Bossebœuf, (Abbé ), Saint-Aignan, Tésée et Montr(...)

                                                                                          En 1396, l’article CVI des statuts synodaux du diocèse de Tours33 continue de se référer à cette même Epître, devenue l’origine de l’Extrême-Onction :

                                                                                          • 33  « Statuts synodaux du diocèse de Tours (1396) »,(...)

                                                                                          « De derniere unction est à dire, si comme saint Jacques dit, que par elle sont allegés et pardonnez les pechez veniaulx, et aucunes foiz est incité à vraye contriccion et consideracion de pardurable joye »

                                                                                            Image5

                                                                                              Saint-Jacques-des-Guérets. (L-&-Ch) fresque

                                                                                                L'idée se répand que saint Jacques est l'accompagnateur des âmes lorsqu'elles partent pour le Paradis, au long de la Voie Lactée, le chemin de Saint-Jacques du Pseudo-Turpin. Il devient ainsi l'intercesseur privilégié à l'heure du Jugement Dernier.

                                                                                                  Pèlerins de saint Jacques à l’heure de la mort

                                                                                                  La directive est suivie attentivement par les fidèles, qui se font pèlerins de saint Jacques à l'heure de leur mort en demandant le sacrement de monsieur saint Jacques : le roi Saint Louis34 et derrière lui les fidèles, nobles ou humbles. En 1422 Guy II de Chauvigny, seigneur de la Châtre, après quinze jours de maladie demande l’extrême-onction, ainsi que le raconte son biographe35 :  

                                                                                                  • 34  Jean de Joinville, Histoire de saint Louis, éd.(...)
                                                                                                  • 35  Jean de La Gougue, « Histoire des princes de Déo(...)

                                                                                                  « Il trespassa en 15 jours… et à la parfin, quand il vist qu’il fust temps, il demanda le sacrement de Monsieur saint Jacques et appela madame Anthonie et messeigneurs ses enfants et leur donna moult beaux enseignemens et puis il rendist son esprit à Dieu, ancien et plein de jours »

                                                                                                    Dans la collégiale de Cléry-Saint-André, Gilles de Pontbriant, prêtre et trésorier de Saint-Martin de Tours, a fondé, avec un frère, une chapelle sous le double vocable de saint Jacques et du Saint-Sépulcre. Par testament rédigé le 4 mars 1518, il souhaite y être inhumé. On est donc bien en présence d’une chapelle funéraire.

                                                                                                      « Je veux et eslis la sépulture de mon corps être faite en la chapelle que mon frere et moy avons fait faire et édifier en l’eglise Nostre-Dame de Cléry en l’honneur de Monsieur saint Jacques et du Saint-Sépulcre … »36 .

                                                                                                      • 36  Arch. dép. Loiret, fonds Jarry, 2 J 2521

                                                                                                      Gilles avait trois frères, venus avec lui de Bretagne, chercher fortune auprès de Louis XI, « Loys de Ponbriant, escuier, capitaine du château de Blois » était, en 1510, membre de la confrérie Saint-Jacques de Blois. Pierre est gouverneur du jeune prince d’Angoulême, protégé de Louise de Savoie. François est capitaine de Loches, commandant de la grande prison de France. Il l’était encore en 1505.

                                                                                                        Au siècle suivant, on retrouve quelques mentions d’intentions semblables, descendues dans les couches sociales de la société. Le 2 février 1625, Pierre Herpin à Cour-Cheverny : « désire que son corps soit porté par les pèlerins de M. saint Jacques »37, sans aucun doute les membres de la confrérie Saint-Jacques dont on devine le rôle au moment de la mort.

                                                                                                        • 37  Bouyssou, M., « Les confréries religieuses en Bl(...)

                                                                                                        Image6

                                                                                                          Bommiers (Indre) Offrande pour des messes pour les défunts

                                                                                                            En 1628, Jude Bourgeot fait graver sur le mur de la chapelle Saint-Jacques de Bommiers une demande de messes.

                                                                                                               « L'an 1628 le 18 juin en présence de Chambor, notere, Jude Bourgeot a fondé en l'église de ce ceans un service solennel à diacre et sous-diacre avec un libera et exaudis qui se dira tous les ans à l'autel de st Jacque le 27 octobre pour le repos de ses amis trespassés et prospérité de lui et famille en ce monde, moyennant la somme de cent sols de rente à perpétuel à prandre sur un pré nommé le pré Michau détenu par F. Beri. Il sera donné au curé 20 s, 16 sols au diacre (et) sou (diacre), 25 s à l'église, X s au margi(lier) et sicri(stain) et 30 s aux pauvres ».

                                                                                                                Je remercie Marc Bouyssou, de m’avoir donné accès au résultat de ses travaux : il a constaté que, parmi les quelques 2000 testaments qu’il a dépouillés, se trouvent cinq invocations à saint Jacques à l’heure de la mort. On y retrouve sans aucun doute cette référence à l’Epître. Leur rareté vaut qu’on les cite intégralement :

                                                                                                                  A Cangé (Indre et Loir)  Louis Piard, meunier, teste le 1er janvier 162838.

                                                                                                                  • 38  Arch. dép. Indre-et-Loire, G 721

                                                                                                                  «… Premièrement a recommandé son ame a Dieu, aux intercessions de la bienheureuse vierge Marie, de Monseigneur st Jacques et de tous les bienheureux sainctz et sainctes de paradis... »

                                                                                                                    A Ménars (Loir et Cher), Pierre Pean39 fait de même (s.d.), mais inclus saint Jacques dans une longue liste de saints :

                                                                                                                    • 39  Arch. dép. Loir-et-Cher, G 1642

                                                                                                                    « soit disant estre agé de quattre vingtz ans et plus ...se recommandant à Dieu, a la benoiste vierge Marye, a st Michel l'ange et archange, à st Jehan Baptiste son patron, a st Pierre et st Paul, st Jean l'évangéliste, a st Jacques, st André, a Madame ste Anne, ste Katherine, ste Radegonde et Marye Magdeleine et a tous les benoistz stz et sainctes de paradis... »

                                                                                                                      A Danzé40 (Loir et Cher), le 12 décembre 1643, Marie Brillard, veuve de honnête personne François Lancelot, mère du curé de Pezou41 fait de même :

                                                                                                                      • 40  Arch. dép. Loir-et-Cher, G 1417
                                                                                                                      • 41  Loir-et-Cher

                                                                                                                      « Premierement a recommandé son aame a Dieu le dreateur a la glorieuse sacrée vierge marye, a monsieur st Michel ange et archange, a monsieur st Jacques, a monsieur st Nicolas, a monsieur st pierre son patron et apotre, les sainctz et sainctes de la Cour Celleste de paradis, les priant destre intercesseurs pour elle avec nostre seigneur Jesus christ... »

                                                                                                                        Deux prêtres de Saint-Victor, où est vénérée une relique de saint Jacques, n’oublient pas l’apôtre dans leurs listes : à Saint-Victor42, le 19 Janvier 1593, Jehan Duloy, prêtre, ancien « curé et recteur de sainct Victor et aussy prieur et curé de l'église de sainct Estienne de Chiverny » :

                                                                                                                        • 42  La Chaussée-Saint Victor, Loir et Cher, Arch. dé(...)

                                                                                                                        « pour la bonne et fervente devotion et le bon zèle amour et affection qu'il a vers Dieu et la vierge marie vers monsieur sainct Jacques, monsieur sainct Victor son patron et toute la court celeste de paradis et desirant qu'on prie Dieu pour luy et ses amys vivants et trespassez... »

                                                                                                                          Encore à Saint-Victor43, le 25 janvier 1622, le curé, Lacaille teste au moment de partir en pèlerinage en Italie :

                                                                                                                          • 43  Id. G 1254

                                                                                                                          « ... le temps que je seray absent faisant le voyage de monsieur st Pierre et st Paul à Rome et autres lieux tant de Notre Dame de Laurette que les sts lieux tant de Naples et Venise... je reccomande mon ame à mon Dieu mon créateur, a glorieuse vierge Marie, a monsieur st Michel lange et archange, a monseigneur st Pierre et st Paul, a monsieur st Jacques le Grand et paraillement à Monsieur st Victor et st Ursin mes patrons et generalement a toute la Cour Celeste de paradis, a cellefin que par le merite de la passion de Jesus XPit nre redempteur et par les prières des sudicts sts et stes mon ame estant séparee d'avec mon corps, elle puisse estre colloquée au repos éternel promis a tous les esleuz de ce Grand Dieu ... »

                                                                                                                            Semblançay (I-&-L) Jacques de Beaune (agrandir)

                                                                                                                              Bien évidemment, cet espoir d’intercession est plus fort lorsque l’on porte le nom de Jacques. Jacques Cœur, vers 1450, sur le grand vitrail de la chapelle familiale qu’il fit construire dans la cathédrale de Bourges, est présenté par saint Jacques.

                                                                                                                                En 1543 lorsque Jacques Dubreuil, chanoine de cette même cathédrale fait sculpter une mise au tombeau dans l’église souterraine de la cathédrale de Bourges, il y inclut saint Jacques-pèlerin. Il souhaitait être lui-même enterré à proximité, assisté sans doute par son saint patron.

                                                                                                                                  En Touraine, deux personnages célèbres du XVe siècle, Jacques de Beaune et Jacques Hurault se sont fait peindre sur des vitraux, agenouillés et présentés par saint Jacques, l’un à, Semblançay et Ballan-Miré, l’autre à Cheverny.

                                                                                                                                    Image8

                                                                                                                                      Saint-Amand(Cher)_gisant_Pierre Pellerin_detail (agrandir)

                                                                                                                                        Si l’on adopte le costume de pèlerin, saint Jacques ne sera-t-il pas un meilleur auxiliaire pour affronter le grand voyage vers l’Au-delà ? A Saint-Amand-Montrond (Cher), Pierre Pèlerin l’a sans doute pensé, inspiré par son patronyme. Ce bourgeois de la ville, inhumé en 1494 au couvent des Chartreux, a choisi de faire sculpter son gisant en costume de pèlerin, avec son blason portant « trois bourdons de pèlerin, en pal, chargés chacun d’une coquille »44. A-t-il pensé qu’il était, de droit, « pèlerin de saint Jacques » ? Est-il allé à Compostelle ? Rien n’autorise à l’affirmer.

                                                                                                                                        • 44  Le gisant est conservé au musée Saint-Vic de la(...)

                                                                                                                                        Bouffry (L-&-Ch) statue reliquaire

                                                                                                                                          Il est difficile d’étudier l’histoire des sanctuaires locaux à saint Jacques car ils n’ont guère d’archives, pas de livres de miracles, pas de foules venant se recueillir sur une relique. Certains pèlerinages sont encore vivants, mais les pèlerins sont toujours discrets, qu’ils invoquent saint Jacques ou un autre saint.

                                                                                                                                            On compte plusieurs reliques dans la région ; si les plus nombreuses ont disparu : Bouffry, Chartres, Châteuneuf-en-Thymerais Chevilly Cormery, Déols, Mehun-sur-Yèvre, Saint-Benoît-sur-Loire, Sandillon, Vierzon, d’autres sont encore présentes dans les églises, à Bourges, La Chapelle-d’Angillon, La Chaussée-Saint-Victor et Montlandon.

                                                                                                                                              Image10 Montlandon (E-&-L) reliquaire (agrandir)

                                                                                                                                                Chapelle-d'Angillon (Cher) reliquaire

                                                                                                                                                  L’église Saint-Jacques de la Chapelle d’Angillon (Cher) conserve, encore aujourd’hui, un reliquaire contenant le chef de saint Jacques. A l’origine, il s’agissait d’un « corps de saint Jacques », mentionné dans une copie faite en 1486 d’un texte de 1064. Ce texte dit que, dès ce XIe siècle, le corps ne devait jamais être déplacé, « si ce n’est pour recueillir des aumônes à la charge de le rapporter aussitôt lorsque la charité des fidèles aurait été implorée » (un texte plus tardif explique que le corps étant promené dans tout le Berry lors de calamités publiques, selon la demande des fidèles). Il est à remarquer que, si les textes émanant de l’abbaye Saint-Sulpice de Bourges dont dépendait Saint-Jacques, depuis le XIIIe siècle, parlent du corps de « saint Jacques ermite », ceux émanant des laïcs ne parlent que de « saint Jacques ». La fête du saint est fixée au 19 novembre. Le culte se perçoit particulièrement bien au XVe siècle. Le corps était conservé dans l’église primitive qui était hors-les-murs, entre ville et château. Il n’en restait que des débris au XIXe siècle, noyés aujourd’hui dans le plan d’eau. On y accédait par la porte Saint-Jacques. Le prieur y disait une messe chaque dimanche et fête, ainsi que deux messes le jour « des fêtes solennelles et le jour de saint Jacques, patron de lad. Eglise ». De la paille était épandue dans l’église aux jours les plus froids : à la Saint-Jacques, à la Toussaint et à l’Epiphanie. Les bâtons des confréries étaient amenés processionnellement depuis les maisons des bâtonniers. Il est donc évident qu’il y eut parmi ces confréries une confrérie Saint-Jacques. Cloches sonnées, cierges allumés, « oublies » distribuées, tout était fête et les offrandes étaient importantes. Jusqu’au XVIe siècle et la destruction de l’église par les Huguenots, l’abbaye Saint-Sulpice a laissé faire, mais l’église fut reconstruite à l’autre extrémité du village, et les moines ont écrit une Vie en bonne et due forme, et établi un parcours de pèlerinage exaltant la vie du saint jardinier qu’ils entendaient dorénavant honorer exclusivement. Les processions allaient de l’église neuve à la cellule du saint aménagée dans l’un des murs des terrasses du château, et à la fontaine du saint, « la fontaine Saint-Jacques » qui s’écoule en un ruisseau affluent de la petite Sauldre. Malgré ces efforts, au XVIIIe siècle encore, les confrères processionnaient avec leur bourdon de pèlerin et leur costume chargé de coquilles Saint-Jacques. Il a fallu attendre le XIXe siècle et la diffusion massive de la Vie de l'ermite pour que les fidèles oublient le saint Jacques, doublet de celui de Compostelle.

                                                                                                                                                    Chaussée-Saint-Victor (L-&-Ch) reliquaire détail agrandir

                                                                                                                                                      L’église de La Chaussée-Saint-Victor45 conserve encore deux reliques de saint Jacques, enfermées avec plusieurs autres dans deux châsses. Elles ont été apportées dans l’église du Val Saint-Victor en 1379 par Hervé, abbé de Bourg-Moyen à Blois. Un texte de 1780 rapporte que « lorsque l'abbé Hervé donna à notre église les reliques que nous avons, on ne fit faire… que quatre grands reliquaires, pour y déposer ces reliques et comme le nombre des reliques surpassait de beaucoup celui des vaisseaux, on fut contraint d'en mettre plusieurs dans un même, toutes ces reliques étant dès lors, comme elles sont encore dans des paquets séparés, dont chacun avait son étiquette... ». L’une des châsses, dite de saint Théodule contient ainsi, outre saint Jacques, des reliques des saints Théodule, Nicolas et Blaise ; l’autre contient une relique de « saint Jacques apôtre et parent de NS », en compagnie de André, Jude, Simon, Thomas, Jean, Paul et Pierre, dont les images sont sculptées sur les parois.

                                                                                                                                                      • 45  Anonyme, « Quelques renseignements sur les reliq(...)

                                                                                                                                                      Les reliquaires ont été restaurés en 1675 et 1854. Avec plus ou moins d’interruptions, les processions ont toujours lieu en octobre non plus entre Blois et le Val Saint-Victor, mais entre l’église de La Chaussée et celle de Saint-Victor. On ignore le rôle exact tenu par saint Jacques au milieu de cette cohorte de saints. On peut seulement se souvenir que le curé de l’église, en 1593, invoquait saint Jacques avant saint Victor.

                                                                                                                                                        Fontaine- les Ribouts (E-&-L) chapelle

                                                                                                                                                          A Fontaine-les-Ribout, au lieu-dit Bois de saint Jacques, se dissimule une minuscule chapelle contenant une statue de saint Jacques et une de la Vierge. Dans ce bois a existé un château médiéval, dont la chapelle passe pour avoir été sous le vocable Saint-Jacques. La chapelle primitive aurait été détruite en 1745. Elle a été remplacée par cette chapelle composée de quatre murs en pierre peu élevés avec, en façade, une porte en bois à claires-voies. Une voûte sert de toit. Au sommet de la façade, une petite croix. Ce lieu était but de pèlerinage pour les personnes qui venaient invoquer saint Jacques contre les fièvres. Aujourd’hui encore, elle est ouverte à tous, et entretenue par des anonymes. Quelques fleurs et des intentions de prières sont encore déposées régulièrement.

                                                                                                                                                            D’autres lieux de pèlerinage ou de prières à saint Jacques ont existé, en particulier Montlandon, pèlerinage à relique, créé sans succès au XIXe et Bouffry, qui conserve encore une informe statue reliquaire.

                                                                                                                                                              Orléans (Loiret) Marchand en bord de Loire (agrandir)

                                                                                                                                                                Depuis le Moyen Age, la Loire est placée sous la protection de saint Jacques. En effet, la confrérie des « marchands fréquentant la rivière de Loire et les affluents descendant en icelle », qui traitait de toutes les affaires concernant le trafic fluvial sur la Loire, ainsi que le gros transit s’effectuant au port d’Orléans considérait saint Jacques comme l’un de ses saints préférés46. Ils demandent une double protection : que saint Jacques les protège des naufrages et les préserve des foudres que l’Epître leur adresse en leur demandant de « pleurer sans attendre sur les malheurs qui les attendent », à cause du mauvais emploi fait de leurs richesses.

                                                                                                                                                                • 46  Mantellier P., « Archives de la communauté des m(...)

                                                                                                                                                                Image15

                                                                                                                                                                  Tours (I-&-L)  île Saint-Jacques (agrandir)

                                                                                                                                                                    Au fil de la Loire et de ses affluents s’égrènent ainsi les lieux de prière à saint Jacques, de chapelle en chapelle, de croix en croix sur les ponts, d’île en île, toutes attestées au Moyen Age. Ainsi la croix Saint-Jacques au milieu de la Loire à Nevers, la chapelle Saint-Jacques de Beaugency, construite sur la quatrième arche marquant le milieu du pont, démolie en 1767, l’île Saint-Jacques à Tours à l’emplacement du pont actuel, le prieuré Saint-Jacques dans le faubourg de Pirmil à Nantes, au bord de l’estuaire… Et puis encore l’église Saint-Jacques-des-ponts à Chinon qui garde les ponts sur la Vienne47, l’église Saint-Jacques-des-Guérets tout près du bac qui passait le Loir…

                                                                                                                                                                    • 47  Faucillon D., Un monument chinonais disparu, l’é(...)

                                                                                                                                                                    Région de passage, favorisée par la navigation sur la Loire et par des accès terrestres faciles, le Centre a vu passer de nombreux voyageurs et parmi eux d’innombrables pèlerins se dirigeant vers l’un ou l’autre des grands sanctuaires ou allant en hâte implorer un saint dans un petit sanctuaire local. Saint Jacques et Compostelle ont eu leur place dans ces dévotions et la région en possède de nombreux témoignages. Il est d’autant plus surprenant que ni Tours ni Orléans dont les noms figurent dans le manuscrit de Compostelle sur lequel repose toute l’histoire du pèlerinage n’aient pas été retenues lorsqu’une inscription au Patrimoine Mondial de l’humanité a été demandée à l’UNESCO par la France « au titre des chemins de Compostelle ». Cette inscription a suivi de cinq ans celle du Camino francés faite en 1993. Rien ne la justifiait vraiment, tant les arguments sur lesquels elle repose sont fragiles ou inventés de toutes pièces. Tours et Orléans avaient plus que d’autres des raisons d’y figurer. Leur absence de cette liste ne les empêche pas de mettre en avant leurs atouts et d’attirer avec de vrais arguments le flot contemporain des pèlerins de Compostelle. Il reste, en terminant, à formuler deux vœux, que ce colloque soit un point de départ pour relancer des recherches car beaucoup de pèlerins dorment encore cachés dans les archives et qu’il motive tous ceux qui ont la charge de mettre en valeur le patrimoine hérité des cultes à saint Jacques.

                                                                                                                                                                      Notes

                                                                                                                                                                      1  Les autres exclus : Montpellier, Saint-Thibéry, Blaye et Belin

                                                                                                                                                                      2  Les Chemins de Compostelle, souvenirs historiques, anecdotiques et légendaires, Tours, 1909, rééd. Altantica-Séguier & Fondation David Parou, 2006

                                                                                                                                                                      3  Arch. dép. Loir-et-Cher, E-dépôt 35/1591-1702, aimablement communiqué par Anne-Cécile Tizon-Germe, directrice des archives départementales.

                                                                                                                                                                      4  Arch. dép. Indre, abbaye ND d'Issoudun, liasse 1401-1480 Legs à la confrérie Saint-Jacques vers 1450

                                                                                                                                                                      5  Arch. dép. Indre, C. 754, contrôle des actes des notaires, vol. 81, p. 165v°  Renseignement dû à l’obligeance de J.P. Surrault

                                                                                                                                                                      6  Bonaventure de Saint-Amable, Histoire de saint Martial apôtre des Gaules, Clermont, 1676, t.III, p.490 d’après les Annales de Saint-Martial

                                                                                                                                                                      7  Cher, Pesselières, com. Jalognes, arr. Bourges, cant. Sancerre

                                                                                                                                                                      8  Arch. dép. Cher, Saint-Satur et Saint-Thibaut, liasse 2, chap. 3, archives de Loroy, liasse Ménetou-Salon, éd. Buhot de Kersers, (L.), Histoire et statistique monumentale du département du Cher, 8 vol., Bourges, 1898, t. VII,  p. 96

                                                                                                                                                                      9 .Paris, B.n.F, coll. Clairambaut, II, 374, vol.CIV (1215), Mélanges, Extrait de 3 petits volumes in-folio relliès en bois et cuir concernant la confrérie de Saint-Jacques à Blois, communiqués par M. Begon, intendant de Canada, à Paris au mois de mai 1711, fol.1-35v° et 50-62v°, copie d’une histoire de la confrérie rédigée en 1432 d’après un registre commencé en 1358, par Michel Quoci, donnée par discrète personne maistre Jacques Pocuret, chanoine de Saint-Jacques à la requeste de prudente personne Jean Grangier, confrère procureur de lad. confrairie

                                                                                                                                                                      10 Loiret, arr. Montargis, cant. Courtenay

                                                                                                                                                                      11  Paris, arch. nat., JJ158, n°12

                                                                                                                                                                      12  Loir-et-Cher, arr. Vendôme, cant. Mondoubleau

                                                                                                                                                                      13  Papiers de Jacques de Vendosmois, seigneur d'Alleray et de Choue, officier de la cour de Henri IV, éd. abbé Chambois, Certificat de pèlerinage à Saint-Jacques en Galice, Vendôme, 1891

                                                                                                                                                                      14  Orléans, bibliothèque municipale, ms.1010, archives notariales de Beaugency (détruites en 1940)

                                                                                                                                                                      15  Dépouillement Adam p. 630, n°4374, notaire Florimond Segrétier (étude Lubineau de l’actuel classement)

                                                                                                                                                                      16  Registres paroissiaux de Beaugency, recherches effectuées par Jacqueline Baujoin

                                                                                                                                                                      17  Bernier, J., Histoire de Blois, Paris, 1682, Partie I, p. 35-36

                                                                                                                                                                      18 Lottin D., Recherches historiques sur la ville d'Orléans, Orléans, 1836, 2 vol., t.I, p.165 et 464

                                                                                                                                                                      19 Documents originaux disparus. Lemaire F., Histoire de l'église et diocèse d'Orléans, éd. 1658 (2 tomes en 1 vol.), t.II, p. 24-26

                                                                                                                                                                      20  Près de Vimoutiers, Orne, ar. Argentan

                                                                                                                                                                      21  Inventio et miracula s. Gilduini, éd. Analecta Bollandiana, t.I, 1882, p.174-175, c.58-50.
                                                                                                                                                                      Musset, Lucien , » Les pèlerins normands sur la route de Compostelle au Moyen Age », Annuaire des cinq départements de la Normandie, 1977, p. 63-65

                                                                                                                                                                      22  Lafitau, Joseph-François, Histoire de Jean de Brienne, roy de Jérusalem et empereur de Constantinople, Paris, 1727

                                                                                                                                                                      23  Recueil de chroniques de Touraine, éd. Salmon, Tours, 1854, p. 155-156. La Coste-Messelière, René de, » Saint Louis et le pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle », Saint Louis pèlerin, Actes du colloque de Rocamadour, 1970, p. 173-181

                                                                                                                                                                      24  Bull. Com. de la langue, de l'histoire et des arts en France, t. II, 1853-1855, p.363

                                                                                                                                                                      25  Jean de Tournai, B.M.Valenciennes, ms. 28.

                                                                                                                                                                      26  Itinéraire ou récit de la pérégrination accomplie par l’excellent Jérôme Münzer de Feldkirchen, docteur es arts, docteur en médecine, bourgeois de Nuremberg, Munich, Staatsbibliotek, Codex Latinus Monacensis 431

                                                                                                                                                                      27  Première édition à Strasbourg en 1495, par Mathias Hupfuff sous le titre Die Walfart und Strass zu Sant Jacob Künig von Vach. Trois autres éditions ont suivi, la dernière en 1521 à Leipzig. Au XIXe siècle, K. Haebler a republié ce texte sous le titre Das Wallfarhrtsbuch des Hermannus Künig von Vach und die Pilgerreisen der deutschen nach Santiago de Compostela, Strasbourg, 1899. Une traduction française de Urs Graf, en prose, a été publiée en 1988 dans le bulletin des Amis du chemin de Saint-Jacques de Suisse, Ultreïa n°2. Avec l’autorisation du traducteur et du président de l’Association, la Fondation David Parou Saint-Jacques a repris cette traduction et l’a complétée avec l’aide des travaux de Léon Marquet (qui a publié, en 1989, une traduction en vers), de Joseph Theubet (premier président de l’Association suisse), de Louis Janin, de la traduction espagnole de Robert Plötz et Klaus Herbers. Elle est actuellement sous presse.

                                                                                                                                                                      28  Staub, Bonifaz, Hauptmann Henrich Schönbrunner von Zug und sein Tagebuch, 1500-1537, Geschichtsfreund 18, Einsiedeln, 1862, trad. Bernard Gicquel

                                                                                                                                                                      29  BORDE, (A.), Introduction of Knowledge, 1542, F.J. Furnivall éd., London, 1870

                                                                                                                                                                      30  Orléans, bibl. mun. Rés. H. 12842

                                                                                                                                                                      31  Migne, Patrologie Latine, t CXIX, canon I4

                                                                                                                                                                      32  Bossebœuf, (Abbé ), Saint-Aignan, Tésée et Montrichard, histoire et archéologie, Tours, 1890, p.27.

                                                                                                                                                                      33  « Statuts synodaux du diocèse de Tours (1396) », J. Fougeron éd., Mémoires de la Société archéologique de Touraine, t. XXIII, Tours, 1873, p.113

                                                                                                                                                                      34  Jean de Joinville, Histoire de saint Louis, éd. N. de Wailly, Paris, 1848,  § XV, p.25-26 et § CXLVI, p. 266

                                                                                                                                                                      35  Jean de La Gougue, « Histoire des princes de Déols et seigneurs de Chasteauroux », éd. Grillon des Chapelles, Esquisses biographiques du département de l’Indre, 1862, t.III, p.382

                                                                                                                                                                      36  Arch. dép. Loiret, fonds Jarry, 2 J 2521

                                                                                                                                                                      37  Bouyssou, M., « Les confréries religieuses en Blaisois et Vendômois, XVIe-XVIIe siècles », Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest, t. 98, 1991, p. 27-49 (arch dép G 1378)

                                                                                                                                                                      38  Arch. dép. Indre-et-Loire, G 721

                                                                                                                                                                      39  Arch. dép. Loir-et-Cher, G 1642

                                                                                                                                                                      40  Arch. dép. Loir-et-Cher, G 1417

                                                                                                                                                                      41  Loir-et-Cher

                                                                                                                                                                      42  La Chaussée-Saint Victor, Loir et Cher, Arch. dép. Loir-et-Cher, G 1257

                                                                                                                                                                      43  Id. G 1254

                                                                                                                                                                      44  Le gisant est conservé au musée Saint-Vic de la ville

                                                                                                                                                                      45  Anonyme, « Quelques renseignements sur les reliques de la paroisse de la Chaussée-Saint-Victor », La semaine religieuse du diocèse de Blois, 29 juin 1872, p. 506-508

                                                                                                                                                                      46  Mantellier P., « Archives de la communauté des marchands de la Loire », t.II-III, Histoire de la communauté des marchands fréquentant la rivière de Loire et fleuves descendant en icelle, Orléans, 1864-1869, 3 vol.

                                                                                                                                                                      47  Faucillon D., Un monument chinonais disparu, l’église Saint-Jacques, Bulletin du Vieux Chinon, t. III, 1934, p. 426-432
                                                                                                                                                                      Grimaud H., Notes relatives aux anciennes paroisses de Chinon, Bulletin de la société archéologique de Touraine, t. XIV, 1903, p. 178-186

                                                                                                                                                                      Pour citer ce document

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                                                                                                                                                                      «Pèlerins de saint Jacques en région Centre», SaintJacquesInfo [En ligne], Portraits de pèlerins, Pèlerinage et société, mis à jour le : 20/05/2008,
                                                                                                                                                                      URL : http://lodel.irevues.inist.fr/saintjacquesinfo/index.php?id=162

                                                                                                                                                                      Quelques mots sur :  Denise Péricard-Méa

                                                                                                                                                                      Docteur es-Lettres, Responsable de la recherche à la Fondation David Parou Saint-Jacques - pericard@vjf.cnrs.fr - http://www.saint-jacques.info - http://www.parou-saint-jacques.info