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L’Hôpital Saint-Jacques-aux-pèlerins de Paris, un lieu de pèlerinage. XIVe et XVe siècles

Isabelle Rousselin

Texte intégral

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L’hôpital Saint-Jacques-aux-pèlerins

Façade sur la rue Saint-Denis. Le portail, surmonté du tympan sculpté, encadré de deux grandes statues

L’église de l’hôpital : un but de pèlerinage

Les reliques

Les pèlerins du Moyen Age voyagent avant tout pour voir, toucher, embrasser, si ce n’est acheter ou voler des reliques. A l’hôpital Saint-Jacques-aux-pèlerins, on a des reliques de saint Jacques : la principale a été donnée par le roi Philippe de Valois et sa femme Jehanne en 13272 mais deux autres ont été rapportées plus tard par deux confrères3.

  • 1  Il y a deux inventaires des archives de l’hôpita(...)
  • 2  Compte 1326-1327 : “ recepte des dons que la Roy(...)

« de sire Philippe Giffard conseillier du roi ns et ja pieca gouverneurs d’yceuls efglise ospital un petit ossement de la poitrine du benoist apostre monseigneur saint Jaques lequel lui avoit esté donné a thoulouse si comme appert per lettres de monseigneur l’abbé de Saint Cerny sur ce faittes lesquelles il lessa ou tresor dudit hospital ausdits gouverneurs avec ledit ossement ou reliquaire présens plusieurs des confrères de la confrairie dudit hospital »

    Paris, musée Carnavalet, cabinet des arts graphiques cotes GC 008A et D829

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        Deux reliquaires de l’hôpital
        A gauche, image du reliquaire offert par Philippe V (1325)
        A droite, le reliquaire « des bâtonniers » représentant le pendu-dépendu (1489)

          Il y a aussi des reliques de saint Eustache4  ; on y trouve aussi du lait de la Vierge, des reliques de saint Claude apportées par la confrérie du même nom lors de son installation dans l’église dans la seconde moitié du XVe siècle, enfin, on note des restes de saint Nicolas de Bari et la tête de l’une des Onze Mille Vierges, sainte Panthalée. Les reliques ordinaires sont exposées toute l’année mais on ne sort les grandes reliques qu’à l’occasion des grandes fêtes. Elles sont conservées dans de précieux reliquaires objets de soins constants. Les gouverneurs de la confrérie en assurent eux-mêmes la garde le jour du siège.

          • 3  Compte 1391-1392 : cette relique provenant de To(...)

          Les saints des statues, tapisseries, nappes d’autel, vitraux

          Les saints sont également présents dans l’église à travers leurs représentations : on trouve ainsi des statues de douze apôtres, plusieurs représentations de saint Jacques, bien sûr, dont l’une dès le porche d’entrée, comme s’il accueillait lui-même les pèlerins. Les jours de fête, il apparaît également sur une bannière ; la Vierge et saint Jehan apparaissent dans le chœur, au pied de la croix. Sainte Catherine est également présente dans l’église. Les saints figurent aussi sur des tapisseries, c’est le cas de saint Domian ou sainte Sixte. Ou sur des vitraux : sur l’un d’eux est représenté saint Jacques, un autre est consacré à la Passion. La vie de saint Jehan Baptiste est relatée sur une nappe d’autel. Le cas des anges, dont la dévotion connaît un grand essor à la fin du Moyen Age est également intéressant, ils ne peuvent être présents que par représentation. Les anges sont ainsi très présents : saint Gabriel fait face à la Vierge sur le portail d’entrée, saint Michel quant à lui veille sur les biens de l’hôpital et de l’église gardés au trésor, d’autres anges entourent saint Jacques au dessus du grand autel : c’est probablement cette représentation qui a inspiré l’artisan qui a gravé le sceau de la confrérie. Enfin des pèlerins ou « priants » sont présents aux pieds de l’apôtre.

            Paris, arch. Nat. Supplt.n°3028 ; MC :ns° inv. N.S.4

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                Le sceau de la confrérie

                  Deux anges entourent saint Jacques debout entouré de sept pèlerins agenouillés, dont deux femmes + S':CONFRATRIE : PEGNOR' BI IACOBI : APL'I PIVS HOSPITAL' : PAR' : FVUNDATOR' : S(igillum) confratrie p(er)ig(ri)nor(um) B(eat)i Jacobi  ap(osto)li ip(s)ius hospital(is) par(isiensis) fondator(um)

                    Les indulgences

                    Pourtant, peu à peu, la présence de reliques ne suffit plus. Entre autre parce que leur authenticité est bien souvent douteuse. Pour attirer, un sanctuaire doit donc pouvoir présenter les bulles accordant des indulgences5. A l’hôpital, elles sont précieusement gardées, régulièrement recopiées6, confirmées quand le calme est revenu à la tête de l’Eglise à l’issue du Grand Schisme7. A chaque fois, ce sont des confrères zélés qui effectuent le voyage, se chargeant de la majeure partie des frais du voyage8. Les reliques et les indulgences sont une bonne raison de venir en pèlerinage à l’hôpital, mais sur place, c’est l’intercession d’un saint que les pèlerins recherchent avant tout.

                    • 4  Cote 158 de l’inventaire manuscrit : « Don de la(...)
                    • 5  9ème chartrier, cote 330 : indulgences accordées(...)
                    • 6  Compte 1330-1331 : « copie de notre bulle  en fr(...)
                    • 7  9ème chartrier, cote 331 : indulgences accordées(...)

                    Les saints

                    Saint Jacques

                    Saint Jacques bien sûr, mais quel saint Jacques ? Le patron des pèlerins tout d’abord, il est en effet souvent représenté avec un bourdon à la main. Le 25 juillet, jour de sa fête lui est associé saint Christophe, patron des voyageurs : un compagnon idéal pour le patron des pèlerins Ensuite, saint Jacques l’apôtre, l’un des apôtres préférés du Christ d’ailleurs, un intercesseur privilégié donc.Saint Jacques, c’est aussi l’évangélisateur qui porte le livre à la main. Ce livre semble représenter le Nouveau Testament que le saint a porté le premier aux espagnols avant de retourner à Jérusalem pour continuer plus fructueusement son œuvre d’évangélisation, jusqu’au martyre. Mais ce livre peut aussi représenter l’épître catholique de Jacques9 du Nouveau Testament. Dans cet écrit dont l’attribution reste incertaine aujourd’hui, mais qui semblait au Moyen Age être liée souvent au Majeur, l’auteur insiste sur la charité et la préparation de sa mort, deux points essentiels dans notre hôpital et qui ont dû toucher d’une manière particulière ceux qui fréquentaient sa chapelle. Enfin cet écrit pourrait être le Protévangile de Jacques qui fut rejeté de la Bible canonique et qui est à l’origine de fêtes comme celle de saint Anne, la Conception et la Nativité de la Vierge fortement solennisées à l’hôpital. Ceci nous conduit à un saint Jacques particulièrement proche de la Vierge. Cela apparaît dans l’importance des fêtes et services religieux qui sont consacrée à cette dernière ; mais ceci pourrait être lié à un phénomène généralisé à cette époque. Cependant, on trouve dans plusieurs lettres de fondation de services religieux en faveur de l’hôpital une phrase dans laquelle le donateur présente sa dévotion à la Vierge et à saint Jacques comme la cause de son acte10. La légende raconte en outre que la Vierge serait apparue au saint lorsqu’il était en Espagne pour lui redonner courage.

                    • 8  Compte de 1319-1324 : Nicolas le Loquetier qui e(...)
                    • 9 Péricard-Méa Denise, Saint Jacques et cultes de C(...)

                    Saint Jacques, c’est aussi le protecteur des eaux, eaux qui le portèrent jusqu’au lieu de son tombeau en Galice. Les pèlerins, notamment ceux qui partaient en pèlerinage par la mer ou le long des fleuves devaient souvent l’invoquer étant donné les circonstances particulièrement désagréables de ce genre de voyage. On note que l’hôpital s’est vu offrir une tapisserie représentant des pèlerins « tant à pied que par voie de mer », ce qui prouve que les deux modes de locomotion étaient empruntés par les pèlerins qui passaient par Paris.Saint Jacques apparaît aussi, en particulier à l’occasion d’une procession organisée par la paroisse saint Eustache11, comme un garant de bonnes récoltes, c’est peut-être à cause de ce verset de l’épître : « Voyez le laboureur : il attend patiemment le précieux fruit de la terre jusqu’aux pluies de la première et de l’arrière saison. Soyez patients vous aussi… 12 ». Accompagnateur des mourants, saint Jacques l’est comme instaurateur du sacrement des malades (toujours dans l’Epître, on lit : « quelqu’un parmi vous souffre-t-il ? Qu’il appelle les prebytres de l’Eglise et qu’ils prient sur lui après l’avoir oint d’huile au nom du Seigneur »13). On note aussi que la coquille, symbole du pèlerinage, est associée depuis l’époque mérovingienne à l’idée d’immortalité.

                    • 10  Cote 10 de l’inventaire manuscrit : Philippe de(...)
                    • 11  Compte de l’année 1474-1475 : “  la revenue de l(...)
                    • 12  Epître de Jacques, V, 7-8.

                    Le saint Jacques matamore n’apparaît pas en tant que tel : il est parfois qualifié de « baron » ou de « très noble », titre de noblesse alors réservés essentiellement aux chevaliers. Le saint prend les traits d’un guerrier lorsque l’on présente Charlemagne comme fondateur de l’hôpital14 (sur le sceau des chapelains par exemple). Selon lePseudo Turpin15 le saint serait en effet apparu à ce dernier pour lui demander de libérer l’Espagne des sarrasins, le vieil empereur aurait répondu à sa requête puis aurait fondé à Paris un hôpital. C’est le jour de la saint Charles que le roi Charles VI se rendit en pèlerinage à l’hôpital.

                    • 13  Idem, V, 13-14 – Péricard-Méa Denise, Compostell(...)
                    • 14  Par exemple, chez Guillebert de Metz (voir note(...)

                    On note enfin que saint Jacques le Majeur est souvent accompagné par l’autre saint Jacques (sur le corset de la confrérie par exemple). Je dis associé et non pas  confondu, car il semble que la distinction entre les deux soit claire. A l’hôpital, les deux saints sont fêtés séparément et accompagnés respectivement de saint Philippe le 1er mai pour le mineur et saint Christophe le 25 juillet.

                      Une dévotion familière

                      C’est donc un saint Jacques aux multiples facettes qui est honoré dans cette église. On note de plus que ce saint paraît, par plusieurs manières, un saint populaire, familier, dont on est fier d’être un pèlerin. Tout d’abord en portant son nom, ou en le donnant à un de ses enfants. Le nom de Jacques, quoique bien moins répandu que Jehan occupe l’une des premières places. On rencontre aussi des Jacquotte ou Jacqueline ou féminin, mais aussi des Jacquet16 et des Jacquin, surnoms qui ne sont pas pris forcément à la suite d’un pèlerinage en Galice. Dans le même registre on rencontre des Pellerin, des Paumier17 (du nom dont on désigne les pèlerins de Jérusalem) et des Le Roy18, surnom dont peut être affublé celui des pèlerins qui, dans un groupe aperçoit le premier une ville sainte. Ensuite, l’attachement au saint et à son pèlerinage transparaît dans les enseignes qui servent à différencier les maisons. Parmi les propriétés de l’hôpital, ou les maisons du quartier où celui-ci touche une rente (rente qui a parfois été donnée par les propriétaires) il n’existe pas moins de six maisons à l’enseigne de saint Jacques19, mais il y a aussi celles de la Coquille, celle du Bourdon, de l’Ecu de Castille. Hors de la ville de Paris, certaines terres appartenant à l’hôpital portent également le nom du saint20.

                      • 15  Traduction du Pseudo Turpin du manuscrit Vatican(...)
                      • 16  Dans les années 1430, on rencontre Jaquet Damlav(...)
                      • 17  Jacques le Paumier, gouverneur de la confrérie e(...)
                      • 18  Par exemple Anthoine Le Roy qui va à Compostelle(...)
                      • 19  Une rue au feurre, une rue de la Truanderie, une(...)

                      « recette des terres hors Paris : un arpens au mesnil madame poiffe l’arpens Saint jacques » et « le tertre saint Jacques au pin les mont Jay » -

                        (Ceci témoigne également de ce que le toponyme « Saint-Jacques » ne se rapporte pas forcément à des lieux par lesquels des pèlerins passent).

                          A l’exception de l’Ecu de Castille qui souligne un lien avec l’Espagne, ces enseignes témoignent surtout du lien privilégié des propriétaires avec l’hôpital et son église. On peut noter dans ce registre l’enseigne des Trois Rois de Cologne (qui se rapporte au pèlerinage qui leur est attaché mais aussi peut-être à leur chapelle qui est dans l’église de l’hôpital) ou celles Saint-Christophe. Enfin, on constate dans les comptes des doyens pour le siège, que la dépense consacrée à la fabrication des méreaux, sorte de jeton à l’effigie du saint qui prouve que l’on s’est acquitté du prix du repas, apparaît chaque année, et qu’il correspond au nombre de convives21. Cela signifie que ces méreaux ne sont pas réutilisé d’année en année, ils sont alors probablement conservés par les confrères un peu au même titre que des enseignes de pèlerinage.

                          • 20  Compte de l’année 1442.

                          Un méreau transformé en enseigne

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                              Paris, musée Carnavalet photo Jacques Labrot

                                Il apparaît en outre que de véritables enseignes soient distribuées ce jour là, fabriquées sur place et non en provenance de Compostelle :

                                   « deux douzaines d’enseignes pour les serviteurs »

                                    à moins qu’elles ne soient destinées aux pèlerins de retour de Compostelle, aux nouveaux confrères ou aux pèlerins de passage22. Cet exemple montre qu’il convient d’être prudent pour attribuer à Compostelle des enseignes de saint Jacques qui ont pu être fabriquées à Paris, ou, comme en témoignent des comptes de 1526, à Aire-sur-la-Lys où était vénéré un demi-chef de saint Jacques.

                                    • 21  Exemple, pour l’année 1466, 138 convives au sièg(...)

                                    Les autres saints

                                    Mais le culte de saint Jacques n’est pas exclusif dans ce sanctuaire. On note par exemple que l‘hôpital n’entretient pas de liens privilégié avec les autres sanctuaires dédiés à saint Jacques de Paris. Les processions qui ont lieu le lendemain du siège s’effectuent vers tous les sanctuaires de Paris23. Elles évitent même soigneusement Saint-Jacques-de-la-Boucherie qui avait adopté un tout autre itinéraire, autour de la paroisse, ces mêmes jours de fête. En outre, les reliques de saint Eustache, titulaire de la paroisse sur laquelle a été fondé l’hôpital, accompagnent systématiquement celles de saint Jacques lors de l’exposition des grandes reliques et pour les processions. D’ailleurs, au début du XVIe siècle, des travaux de réaménagement sont nécessaires dans l’église afin de faciliter l’accès aux reliques de saint Eustache24.L’église de pèlerinage, avec ses nombreuses chapelles, ici consacrées à des saints pèlerins et parfois desservies par des confréries de pèlerins comme celle Notre-Dame-de-Boulogne25 et Notre-Dame-de-Liesse26, la confrérie Saint-Claude27, permet de faire un petit pèlerinage en visitant chaque saint dans sa chapelle. Il y a aussi une chapelle dédiée à saint Martin, sanctuaire de substitution de celui de Tours.Les différentes fêtes solennisées à l’hôpital peuvent donc être l’occasion d’un pèlerinage. La comptabilité dévoile des traces de ces pèlerinages soit lorsque le pèlerin fait un don, soit parce que le pèlerin tient le bâton associé à la fête. Dans le cas d’un roi ou d’une personne proche de la famille royale, ou encore d’un évêque, des dépenses supplémentaires sont engagées.

                                    • 22  Toujours pour l’année 1466, 17 hommes sont accue(...)
                                    • 23  De 1460 à 1470, elles s’effectuent successivemen(...)
                                    • 24  10ème chartrier, liasse 27, pièce de 1513 : auto(...)
                                    • 25  Compte de l’année 1434-1435 : don des maîtres de(...)
                                    • 26  Compte de l’année 1424-1425 : « don de la confré(...)

                                    Les fêtes

                                    La fête de saint Jacques

                                    La principale fête de l’église Saint-Jacques, est bien sûr celle de son patron, le 25 juillet, fête qui commémore sa Translation, c’est à dire sa miraculeuse arrivée en Galice par la mer. A cette occasion, on fait appel à des prêcheurs28 réputés qui, comme pour toutes les grandes fêtes parlent à la foule des fidèles à partir d’une chaire construite à grand frais à la fin du XIVe siècle29. C’est une fête qui bénéficie de jours d’indulgence, parfois annoncée par un crieur, ce jour là et lors de sa vigile, c’est à dire la veille au soir, le carillon de l’église sonne. Et puisqu’une indulgence doit être validée par un don, une boîte permet de recueillir les offrandes des fidèles. L’orgue tenu par un organiste extérieur ou un chapelain accompagne les chants. L’église est parée de tentures et tapis luxueux, les grandes reliques sont exposées à la vénération des fidèles et effectuent probablement un parcours à travers l’hôpital30 et le cloître. Au cours de celle-ci, contre un don dont la valeur et la nature sont très variables, le bâtonnier a l’honneur d’approcher de manière privilégiée des reliques du saint vénéré lors de la fête  car, aidé probablement par trois autres personnes, il supporte au moyen de quatre bâtons (d’où ce nom de bâtonnier) le dais qui protège le reliquaire. L’existence d’une table des bâtonniers pourraient suggérer que les bâtons sont exposés aux fidèles tout au long de l’année. Cette fête est véritablement le pivot de l’année : elle est l’occasion d’accomplir les travaux de ménage et de réparations annuels, c’est la date butoir pour les travaux de grande envergure (lambrissage des salles, réfection des chaires du chœur). De la même façon, les comptes de l’église, hôpital et confrérie se terminent fin juillet et commencent début août. C’est à cette date que l’on vide le tronc de l’hôpital. Pour les rentes, prébendes et autres paiements fixes, c’est le terme de la saint Jean un mois auparavant qui marque souvent un tournant dans l’année. A une époque où l’année commence à Pâques, fête mobile, prendre cette fête comme point de repère n’est pas dénué de rationalité.La fête marque aussi l’ouverture d’une semaine de festivités qui culminent lors du rassemblement annuel de la confrérie, le siège, qui a lieu le dimanche suivant la fête du saint. A cette occasion les nouveaux confrères sont accueillis, et on procède à l’élection des nouveaux maîtres et gouverneurs. Je m’y attarderai plus longuement dans la partie consacrée à la confrérie.

                                    • 27  Compte des années 1467-1470 : « des maitres de l(...)
                                    • 28  Des prêcheurs de renom peuvent venir à l’hôpital(...)
                                    • 29  Compte de l’année 1397-1398 : un « pupitre » est(...)

                                    Calendrier des fêtes liturgiques

                                    La fête de saint Jacques, n’est pas bien sûr la seule fête célébrée à l’hôpital. L’année est ainsi rythmée par de nombreuses fêtes, dont celles de Notre-Dame : l’Assomption (15 août) est la date du siège de la confrérie Notre-Dame de Boulogne-sur-la-mer (confrérie installée dans l’église Saint-Jacques), la  « septembresche » ou Nativité de la Vierge (8 septembre) est celle du siège de la confrérie de Notre-Dame de Liesse. On fête également la Conception de la Vierge (8 décembre). La Visitation (2 juillet) donne lieu à la création d’un service plus solennel à partir de l’année 1482, date de la fondation de Nicolas Potier. Ce dernier, dans sa lettre de fondation, précise la manière dont devra être célébrée cette fête31.Le 1er octobre, jour de la saint Rémi, on fête le jour de la dédicace de l’église32. La dédicace est une fête carillonnée. La fête de la Toussaint (1er novembre) est suivie par le jour des âmes (2 novembre) : ces fêtes complètent ou suppléent aux prières pour les défunts de la confrérie.Vient ensuite le temps de Noël : la Nativité du Christ (25 décembre) est l’occasion d’une grande fête qui rassemble un nombre important de fidèles dans l’église malgré le froid. Ils doivent s’asseoir par terre, où l’on a seulement mis du foin pour éviter un contact direct avec le pavement en pierre de l’église. Ce jour là, on ouvre le Trésor de l’église, sorte de bureau, réserve où sont conservées les reliques et on y fait du feu. C’est une fête « à indulgence ». Une année, l’hôpital reçoit en ce jour la visite d’un étudiant résidant au collège de Navarre et originaire de Compostelle. Son pèlerinage à l’hôpital fut certainement pour lui un moyen de remplacer une visite en la basilique de Compostelle33.

                                    • 30  Année 1397-1398 : on note des travaux d’aménagem(...)
                                    • 31  1er chartrier, Liasse 4, cote 24.
                                    • 32  Cote 158 de l’inventaire manuscrit : « L’an mil(...)

                                    « De ung efcollier demourant au petit naverre a paris le 24 decembre 75 qui na voulu est cy nomme natif comme il difoit de la ville de compostelle en galice xxxiiii grains blancs de xi tournois piece quil a donnez auxd Eglise et hospital »

                                      La « Tiphanie » (6 janvier), ou Epiphanie marque la fin du temps de Noël. La Chandeleur (2 février) est une fête où la lumière joue un rôle très important. Un cierge spécial est allumé par les chanoines ce jour là.Pendant le Carême, temps de préparation à Pâques et donc de pénitence, les statues et le chœur de l’église sont couverts de housses. Certaines années, un prêcheur est chargé de faire les sermons des derniers dimanche de Carême. En règle générale, la tâche de quérir les sermons est confiée à un des valets de l’hôpital34. Cela permet à ceux qui fréquentent l’hôpital d’entendre des sermons particulièrement soignés, parfois faits par des maîtres en théologie. Le dimanche des Rameaux est appelé « Pâques fleuries », c’est déjà un jour de fête puisque l’on commémore l’entrée triomphante du Christ à Jérusalem. L’église est alors décorée par du buis béni. Le Jeudi Saint est commémorée la Cène, peut-être sous la forme d’un mystère. Le Vendredi saint est l’occasion d’une cérémonie d’adoration de la vraie Croix : est-ce là le signe que l’hôpital en possède une relique ? Toujours est-il que lors de cette fête, les reliques sont exposées et le tronc des offrandes vidé. Cette fête bénéficie en effet d’indulgence dans la bulle de 1385. Le jour de Pâques (entre le 23 mars et le 25 avril) est bien sûr un jour de fête avec ostension des reliques, bâtonniers, vidange de la boîte des reliques.

                                      • 33  Compte 1475-1476.

                                      Le 1er mai est la fête de saint Jacques et saint Philippe, fête qui prend de plus en plus d’importance au cours du temps. Au XVe siècle, c’est une fête carillonnée avec indulgence, orgues et prêcheur particulier (le plus souvent le même que pour l’autre fête de saint Jacques : une sorte de test pour la grande fête ?)L’Ascension est une fête à indulgence, mais elle ne semble pas donner prétexte à une cérémonie solennisée d’une manière spéciale. Bien sûr, des ornements particulièrement riches sont utilisés. Dix jours plus tard, la Pentecôte, nécessite l’apport d’eau bénite dont on bénit probablement les fidèles avec les « asperges ». Certaines années, on achète des oiseaux et des fleurs. La Fête-Dieu, ou Corpus Domini, ou encore Saint-Sauveur (le dimanche suivant) est une fête récente puisqu’elle est née au XIIIe siècle du besoin exprimé par les fidèles de célébrer le Christ dans l’Eucharistie. On note à ce propos l’importance, au cours de chaque messe de l’ostension de l’Hostie au cours de la consécration comme nous le révèle l’achat de cierge spéciaux élevés « au moment où on lève Dieu » ou de clochettes. Elle est prétexte à de grandes processions35. Les membres de l’hôpital semblent s’associer à la procession de Paris, d’une manière de plus en plus marquée : les chapeaux de roses vermeilles ou autres fleurs n’apparaissent pas dans les premiers comptes. Ces chapeaux sont destinés aux « images », c’est à dire aux statues qui ornent les reliquaires qui accompagnent la procession ainsi qu’aux chanoines et chapelains de l’église. La fête a également lieu à l’intérieure de l’église jonchée d’herbe verte et décorée de mai. La Sainte-Anne (26 juillet) s’intercale dans la semaine de festivités consacrée à saint jacques. C’est encore une fête qui puise son origine dans le Protévangile.

                                      • 34  Compte de l’année 1326-1327 : « A deux convers q(...)

                                      Fêtes de confréries

                                      On note une répartition très équilibrée des fêtes au long de l’année. De l’une à l’autre, d’autres fêtes moins importantes sont célébrées : celle de saint Charles par exemple ; on sait aussi que l’hôpital possède des ornements spéciaux pour les fêtes d’apôtres ou de confesseurs. Mais comme nous l’avons dit, Saint-Jacques est une église ouverte, disponible, elle est le théâtre d’autres cérémonies. Tout d’abord, les cérémonies propres aux confréries hébergées dans l’église s’y déroulent à date fixe, on peut mentionner la messe célébrée par, et pour, les membres des confréries Notre-Dame-de-Boulogne et Notre-Dame-de- Liesse, de saint Eloi, des marchands de chevaux, de celle des Trois Rois de Cologne, de celle des jongleurs (Saint Julien), de la confrérie des Billettes aux pelletiers ou encore celle de la Madeleine36.

                                      • 35  Compte de l’année 1457-1458 : « Pour porter les(...)

                                      Fêtes exceptionnelles

                                      Ensuite, à ces fêtes ordinaires s’ajoutent des fêtes religieuses à caractère exceptionnel : processions conjuratoires ou d’action de grâce au moment de la peste ou de la guerre, pèlerinage royal37. Enfin, on peut noter des fêtes profanes, ou plus politiques comme les entrées royales des rois revenant de leur sacre à Reims en passant par Saint-Denis ou l’accompagnement de leur convoi funèbre vers Saint-Denis.

                                      • 36  Par exemple, pour l’année 1342-1443, « dons : de(...)

                                      Comptes des années 1319-1324 : « Pour penonceaus des jongleurs quant li rois et monseigneur de Valois vindrent du sacre : xvi s et salaire des jongleurs ce jour : xxx s ».

                                        Compte de l’année 1350-1351 : « A celui qui joua des orgues le jour que le roi vient du sacre à Paris : xvii s » - il s’agit de Jean II le Bon.

                                          Compte 1363-1364 : « Aus vallets qui encourtinèrent quand le roy vint du sacre et qui descourtinèrent » - Charles V le Sage.

                                            Compte 1380-1381 : « pour tendre les cordes quan le roi revint du sacre » - Charles VI.

                                              Compte 1392-1393 : « Depense pour la messe solennelle le XVI dudit mois pour le roi notre sire : xxxii sous » - premiers signes de démence de Charles VI.

                                                Compte 1427-1428 : « pour aller à la procession a saint Denis au cors du roi : iiii s.

                                                  Compte 1431-1432 : « pour accrocher le ii decembre 1431 les tapis de l’hospital devant l’église pour la venue du roi Henry qui fut couronné en l’église Notre Dame, ii sous » - il s’agit d’Henri VI.

                                                    Année 1437 : achat de 4 chevrons neufs pour tendre les tapis devant l’église et l’hôpital « à la venue du roy notre sire » - entrée de Charles VII.

                                                      Année 1443-1444 : « Port de la bannière aus processions qui furent faites pour le roy : iii sous viii deniers ».

                                                        Année 1462 : « Pour l’achat de trois chevrons fervant au front de l’eglise sur la rue saint denis pour tendre la tapisserie quand le roi fait son entree a paris » - Louis XI

                                                          Compte 1482-1484 : « A marc raverdy pour avoir mis six chevron pour tendre devant leglise le jour que madame dauphine arriva à Paris » - il doit s’agir d’Anne de France, sœur de Charles VIII et régente du royaume de 1483 à 1491.

                                                            Accueil des pèlerins à l’hôpital, organisation d’un culte, accueil d’autres confréries, participation à la vie politique et sociale de Paris. Il faut des gestionnaires compétents pour assurer un bon fonctionnement de l’hôpital : il s’agit des membres de la confrérie Saint-Jacques-aux-pèlerins.

                                                              La confrérie : organisatrice efficace du culte

                                                              Avant de présenter le rôle que remplit cette confrérie, en voici l’organisation.

                                                                Organisation

                                                                A la base et selon l’acte de fondation, sont reçus confrères des anciens pèlerins de Saint-Jacques de Galice qui ont payé leur aumône soit 12 deniers par an38. Dès les tous premiers temps de la confrérie, celle-ci est divisée en doyennés, à la tête de chacun desquels il y a deux doyens dont on ignore le mode de recrutement. Ces doyennés sont rattachés à des paroisses qui leur donnent leur nom : Saint-Eustache, Saint-Jacques-de-la-Boucherie, Saint-Séverin et le doyenné des forains, c’est à dire ceux qui habitent hors de Paris. Saint-Denis semble être aussi un pôle important car des cierges y sont vendus au profit de la confrérie, comme dans les autres doyennés. Les doyens sont également responsables de l’organisation du siège.Enfin, au sommet de la pyramides se trouvent les maîtres et gouverneurs au nombre de deux ou trois selon l’importance de la confrérie. Ces responsables de l’église, hôpital et confrérie sont élus lors du siège de la confrérie par ses membres. Leur charge semble avoir été créée au moment de la fondation de l’hôpital afin d’assurer une meilleure coordination entre les doyennés et centraliser la prise de décision au niveau de la nouvelle institution. Nous pouvons maintenant présenter les buts de cette confrérie.

                                                                • 37  Compte 1337-1338 :  « Pour porter la bannière à(...)

                                                                Prier les uns pour les autres

                                                                Dès sa fondation, la confrérie est composée uniquement d’anciens pèlerins de Compostelle qui se regroupent au retour de leur pèlerinage pour continuer à honorer ensemble saint Jacques et surtout prier les uns pour les autres notamment au moment de leur mort39. Elle reçoit ainsi une rente de la part de Guillaume de Charny en 1298 contre la fondation d’une messe anniversaire de sa mort40. Dans certains cas, des méreaux sont distribués aux membres qui ont assisté aux vigiles et aux funérailles d’un confrère. Dès les débuts de la confrérie, des ornements funéraires doivent être mis à la disposition des membres pour leurs funérailles, probablement dans l’église Saint-Eustache. Après la fondation de l’hôpital et de son église, le service divin qui y est célébré chaque jour est destiné en premier lieu aux confrères pèlerins. Son intensité incite d’autres personnes à demander, moyennant finance, à être associé à ces prières41 et à demander à y être enterré42. Par exemple, le testament de feu « meitre etienne roussel, chanoine de l’eglise et hôpital » stipule : « j’eslitz ma sepulture au cuer de ladite eglise a l’endroit ou j’ay accoustumé d’estre ». Des confrères, mais peut-être aussi des personnes extérieures à la confrérie fondent des messes et des anniversaires43. Pour cette même raison, les maîtres et gouverneurs de la confrérie doivent recruter, entretenir, loger dans certains cas dans le cloître un nombre croissant de chapelains. Par privilège papal, les maîtres ont le droit de présenter eux-mêmes les candidats à l’évêque qui les institue44. Ils gardent ainsi une grande liberté.

                                                                • 38  Les cotisations de paient à la mi-carême : compt(...)
                                                                • 39  Compte de l’année 1335-1336 : « Et pour le coffr(...)
                                                                • 40  Archives Nationales, cote 4875B.
                                                                • 41  Cote 32 : « Marie femme de feu Jehan Lalement ja(...)
                                                                • 42  Cote 105
                                                                • 43  Cote 56 de l’inventaire manuscrit : « Jehan de v(...)

                                                                Accueillir les pèlerins

                                                                La confrérie depuis ses origines a aussi pour vocation d’accueillir les pèlerins et futurs pèlerins. Son aire d’influence s’étend au delà de la ville de Paris, jusqu’à Amiens45. Très vite, la confrérie accepte comme confrères des personnes qui n’auraient pu effectuer le pèlerinage à Compostelle pour des raisons de santé valables46. En voici deux exemples :

                                                                • 44  Arch. Nat. Cote 4875B : bulle (1326) de Jean XXI(...)
                                                                • 45  Année 1426-1427, « don : de pierre lofte et sa f(...)

                                                                « de Ameline lamercière pour estre receu en suer laquelle est impotente : iv livres » « Pierre de Senlis bourgeois de Paris de l’age de 70 ans ou anviron recongnut que pour la vraie devocion que il avoit envers l’eglise, confrairie et hospital de Monseigneur S Jacques (…) et afin que doresnavant il soit tenus nommez et reputez pour confrère d’icelle confrairie, il qui pour la faiblesse et impotence de sa personne ne pouvoit personelement avoir fait ne faire le viage et pèlerinage a S Jacques en Galice lequel il avoit promis faire. Pour et en lieu des despens que il peust avoir faiz audit veige se il y feust alez en sa personne, avoit donné a lad eglise (…) lx sous parisis de crois de cens sur une maison sous réserve de l’usufruit ».

                                                                  Ils doivent tout de même verser à l’hôpital l’équivalent des frais qu’aurait occasionné ce voyage. Cette tolérance est permise par la bulle Impotens47, promulguée dès 1324 par le pape Jean XXII, régulièrement recopiée tout au long du XIVe siècle48. Cela permet sans doute à la confrérie d’accueillir de riches bourgeois qui par leurs dons aident l’hôpital à prospérer. Au XVe siècle, cette bulle n’est plus recopiée, il semble que la confrérie se raidisse un peu sur la question du pèlerinage, si bien que dans ses statuts daté de cette époque, il n’est pas même fait allusion à cette possibilité : pour pouvoir prétendre entrer dans la confrérie, il faut être allé à Compostelle. Au milieu du XVe siècle, par exemple, la confrérie n’accepte qu’avec prudence une personne dont le pèlerinage n’est pas attesté officiellement49.

                                                                  • 46  Compte 1348-1349 et et dans le 12ème paquet de l(...)
                                                                  • 47  Cote 160 de l’inventaire manuscrit : Bulle du pa(...)
                                                                  • 48  Compte de l’année 1324-1325 : « copie de la bull(...)

                                                                  «  De Bernart de confite serviteur de monseigneur le vicomte de nerbonne qui  se mit en la confrairie en juin 80 et affirma avoir fait le voyage xiv sous pour son entrée et a payé vi s pour vi années de ses aumônes et luy doit on le mantellet : xx sous parisis »

                                                                    De même, à l’occasion de l’appel lancé par les maîtres et gouverneurs pour lambrisser les salles où siège la confrérie50, le don d’une personne est refusé sous prétexte qu’elle n’a pas été reçue dans la confrérie.Les règlements du XVe siècle demandent aux pèlerins de venir se faire bénir avant leur départ, par un prêtre de l’hôpital51.

                                                                    • 49  Compte 1479-1480.
                                                                    • 50  Compte de l’année 1496-1497

                                                                    « Premièrement est à noter qu’il est accoustumé de toute anciennecté que quant aulcunes personnes ont dévocion d’aller audit saint voiage de monseigneur saint Jacques, ilz viennent salluer le benoist apostre en l’église de céans ; et sont benoistes leurs escharpes et bourdons, par le trésorier ou aultre de ladite eglise par lui commys ».

                                                                      A leur retour, ils ne semblent pas être accueillis de manière particulière, si ce n’est lorsqu’ils sont aussi illustres que le comte de Valois52. Certains passent à l’hôpital pour y donner leur cheval53. Une cérémonie marque, le jour de la Saint-Jacques, leur admission dans la confrérie. Mais accueillir les pèlerins dans ce quartier bourgeois de Paris, cela peut aussi signifier accueillir de riches marchands étrangers. En effet, quand on examine les noms des confrères ou des personnes qui fréquentent l’hôpital, on remarque qu’une grande partie d’entre eux porte un nom à consonance étrangère ou qui le marque comme tel : Lombart, Lallemand, Lenglais. Un autre porte le nom de Filleul, ce qui pourrait faire penser qu’il a été parrainé par la confrérie ou l’un ou l’autre de ses membres. On sait en effet qu’à Paris, pour pouvoir participer au commerce sur l’eau, les étrangers avaient l’obligation de s’associer à un marchand parisien54. L’aide apportée à des confrères marchands peut aussi se manifester par la garde, au Trésor de l’hôpital, du coffre d’un marchand55, ou la permission pour un marchand de bétail de mettre son troupeau dans le cloître56.

                                                                      • 51  B.H.V. P, NA 38, fol.7
                                                                      • 52  Compte des années 1319-1324 : « Pour xj aunes et(...)
                                                                      • 53  Don fréquents au XIVe (plusieurs chevaux donnés(...)
                                                                      • 54  Favier, Jean, De l’or et des épices, Chapitre II(...)
                                                                      • 55  Compte 1482-1484 : « de leritier dun mercier qui(...)

                                                                      « Etienne laignelet pour ce que ses brebis furent deux jours a l’hospital : xvi sous »

                                                                        Pour un marchand, effectuer un pèlerinage à Compostelle pouvait ne consister qu’un petit détour sur une route commerciale. Petit détour qui peut être rentabilisé par l’obtention d’une indulgence et l’assurance d’avoir rallié le saint à sa cause. Ensuite, cette expérience commune avec leurs homologues parisiens leur permet de rejoindre leur groupe par le biais de la confrérie. Paris est en effet à la fin du Moyen Age un important centre commercial, notamment pour les produits de luxe. De plus, l’hôpital se trouve dans le quartier des artisans (l’ancienne porte Saint-Denis auprès de laquelle il a été fondé s’appelle aussi la Porte-aux-peintres), les halles ne sont pas loin non plus.

                                                                          ©Louis Mollaret

                                                                            img-7.jpg

                                                                              L’emplacement de Saint-Jacques-aux-pèlerins

                                                                                A l’angle de la rue Etienne Marcel et de la rue Saint-Denis (2007)

                                                                                  Or parmi les confrères, on note la disparition progressive des nobles, seigneurs, chevaliers ou écuyer. En revanche, les bourgeois, marchands, changeurs, avocats constituent l’essentiel des maîtres et gouverneurs. En même temps, ils assurent parfois le ravitaillement de l’hôpital de manière suivie, notamment en cire pour l’église ou plus ponctuellement à l’occasion du siège, ce qui permet de constater une diversité assez importante dans les produits : vins de toutes les régions de France ou produits de luxe rares. Les déplacements qu’ils font pour leurs affaires leur permettent parfois de rendre service à l’hôpital : c’est le cas en 1442 lorsqu’un lombard se voit confier de transmettre des lettres au pape à Florence57 :

                                                                                  • 56  Compte 1367-1368 : Etienne Laignelet a été admin(...)

                                                                                  « a Francoys fanouche lombart auquel a efte baille par les gouverneurs la somme de trois efcus dor VII livres et VIII deniers pour les faire delivrer par bulette en la ville de Fleurence là ou eftoit neuve faint pere pour bailler iceulx qui feront les diligences et autres chofes quiferont a faire par lediz memoires et fuplicafions : lxxii sous viii deniers »

                                                                                    Leur richesse personnelle leur permet également de faire des dons d’objets précieux : reliquaires, tapisserie, objets ou ornements liturgiques, etc58. Ces objets ont malheureusement été perdus mais leur description nous permet d’imaginer leur richesse et les chiffres sont là qui attestent de leur valeur. Toutes ces richesses sont gardées dans la salle du Trésor – sorte de réserve attenante à l’église qui est aussi le bureau de l’hôpital - soigneusement surveillée et inventoriée régulièrement. Cette confrérie est pratiquement unique en son genre, composée de nobles et de riches marchands. On en trouve une seule autre, qui fut peut-être calquée sur celle-ci, celle de Blois. A ces deux rôles exercés par la confrérie depuis ses origines (la prière pour les défunts et l’accueil des nouveaux pèlerins) mais qui ont évolué au cours du temps s’en ajoute un troisième, qui est peut-être lié au fait qu’en 1315, le roi Louis X le Hutin accorde aux confrères le droit de s’assembler aux Quinze-Vingt, hôpital réservé aux aveugles de Paris59. Aux contacts avec des miséreux, germe dans l’esprit de ces anciens pèlerins l’idée d’ouvrir dans leur quartier un lieu d’accueil pour les pèlerins et les pauvres de passage.

                                                                                    • 57  Il s’agit du pape Eugène IV qui transféra le con(...)
                                                                                    • 58  Exemple : le bâtonnier de la confrérie en 1426,(...)

                                                                                    La confrérie et l’hôpital

                                                                                    Fondation

                                                                                    Afin de rassembler les fonds nécessaires à la construction de l’hôpital, les confrères font appel à la générosité des riches parisiens tant nobles que bourgeois. Parmi les 93 donateurs Charles de Valois côtoie ainsi Geoffroy Coquatrix60 qui tous appartiennent à la confrérie.La construction de l’hôpital s’étale sur cinq années de 1319 à 1324. Le terrain sur lequel il s’élève donne sur la rue Saint-Denis, voie d’entrée directs dans Paris.Par la suite, les travaux d’agrandissement, embellissement et même de modernisation ne cesseront pas. En 1400, l’hôpital s’étend sur la totalité du pâté de maisons dans lequel il a été fondé : les bâtiments s’organisent autour du cloître et du cimetière61.

                                                                                    • 59  Arch. Nat cote 4875B.
                                                                                    • 60  Liste recopiée dans l’inventaire manuscrit.

                                                                                    « le circuite et pourpris desd eglise et h d’anciennenté contient : c’est assavoir de puis l’hostel d’ardoise assiz en la grant rue saint denis tout au long de lad rue jusques au coing de la rue de Mauconseil et depuis led coing tout au long d’icelle rue jusques a une masure ou place wide ou souloit avoir estuves assises en ladite rue de Mauconseil et faisans les coings de la rue Marderel et dudit Mauconseil par devers et du costé desdits eglise et hospital ; ouquel circuite ou pourpris sont situez les cimetières, cloistre, sales aux pèlerins de monseigneur saint Jacques, puis court, maisons, edifices et lieux esquelx sont logés et demeurent les chanoines, chapelains et clercs et serviteurs desdits eglise et hospital a cause de leurs prebendes et benefices ayans d’anciennenté entre autres leurs entrées et issues a portes et uysseries ouvrens et fermens es rues du cigne et joignant des maisons et edifices de jehan Rosnel et se femme… »

                                                                                      Un personnel régulier est entretenu62. Les hôtes de l’hôpital sont aussi parfois des confrères qui achètent une prébende et un logement dans le cloître de l’hôpital contre le don d’une rente.63

                                                                                      • 61  Description des biens de l’hôpital dans un regis(...)
                                                                                      • 62  En 1426-1427, il y a un clerc de la chapelle, tr(...)

                                                                                      Le siège de la confrérie

                                                                                      La grande fête de la confrérie a lieu le jour de son siège qui se déroule dans l’hôpital le dimanche après la Saint-Jacques en juillet. La simple lecture des comptes présente en l’espace de deux jours les préoccupations et l’esprit de la confrérie. La semaine précédente, les nouveaux sont rentrés officiellement dans la confrérie lors de la fête de saint Jacques ou sa vigile quand le trésorier de l’église ou un autre chapelain les a bénis et aspergés d’eau bénite64. La veille du siège, ils assistent aux vêpres, les hommes dans le chœur, comme pour être présentés aux confrères. Les femmes hors du chœur sont reconnaissables à leurs couronnes de fleurs. Le siège commence par un banquet au cours duquel les convives semblent être distraits tant par les jongleurs et les musiciens que les prêches des ecclésiastiques auxquels on a fait appel pour la circonstance65. Une procession des reliques a lieu à travers l’hôpital66. C’est une sorte d’inspection de son hôpital par le saint, et aussi l’occasion de faire voir aux confrères leur hôpital, leur faire prendre conscience qu’ils en sont responsables. Les cierges de cette procession sont offerts par tous les confrères pour l’hôpital. Les restes du repas sont donnés en aumône aux pauvres, s’ils ne sont pas suffisants, ils sont remplacés par un don d’un denier67.Le lendemain matin, une messe est célébrée en mémoire des défunts de la confrérie. On note à ce propos que de nombreux legs faits par des trépassés sont de 2 sous ou 5 sous, ce qui équivaut à une ou deux participations post mortem au siège de la confrérie par le défunt. Après cette messe, les confrères se rendent en procession vers une autre église de Paris68. Les nouveaux confrères sont encore à l’honneur : ils portent des cierges, les hommes ont revêtu le mantelet coquillé et les femmes sont parées de couronnes de fleurs. Ils sont tenus de venir offrir leur cierge à saint Jacques au retour de cette procession. Les chapelains de l’hôpital accompagnent la procession.

                                                                                      • 63  Cote 42 de l’inventaire manuscrit : fondation fa(...)
                                                                                      • 64  Voir la note 65.
                                                                                      • 65  En 1390 : Giles de Troyes, en 1407 : Jehan Becqu(...)
                                                                                      • 66  Année 1449-1450 : « pour avoir fait nettoyer les(...)
                                                                                      • 67  Année 1367-1368 : « pour l’aumône du jour du siè(...)

                                                                                      Paris, musée Carnavalet, cabinet des arts graphiques, Topo GC008A

                                                                                        Agrandir img-8.jpg

                                                                                        Les grands processions à travers la ville

                                                                                        Encore au XVIIe siècle, la procession dans toute sa splendeur. Attribué à Lenfant

                                                                                              Au cours du siège sont élus les nouveaux maîtres et gouverneurs de la confrérie, après un bref rapport des prédécesseurs. Cette élection ne doit pas être faite par tous les confrères mais par la partie la plus riche. On retrouve les noms de cette trentaine de personnes dans les lettres de pouvoir qui sont faites pour les nouveaux élus le lundi ou le mardi du siège69. Prière pour les défunts, accueil des nouveaux pèlerins, œuvres de charité, réaffirmation de la propriété et responsabilité collective de la confrérie envers l’hôpital, les buts de la confrérie sont bien présents dans la cérémonie annuelle du siège. Cette cérémonie révèle aussi l’existence d’une oligarchie qui seule participe vraiment aux prises de décision concernant l’hôpital.

                                                                                              • 68  Voir note 42.

                                                                                              Conclusion

                                                                                              Au terme de cette présentation, les caractéristiques qui font de cet hôpital un lieu de pèlerinage apparaissent clairement. Son église, sanctuaire détenant des reliques, offrant des indulgences est animée par des chapelains qui assurent la permanence de la prière et des offices permet d’effectuer un pèlerinage de proximité à tous ceux qui n’ont pas la possibilité de faire un pèlerinage lointain. Les nombreuses fêtes qui y sont organisées sont bien de nature à attirer ces pèlerins les plus proches. Ville importante Paris est au centre de nombreux itinéraires marchands et procure une étape sur des itinéraires qui mènent au à de nombreux sanctuaires célèbres : au Mont-Saint-Michel, à Cologne, à Compostelle ou à Rome, ou , plus proches Saint-Martin de Tours. Siège d’une confrérie de pèlerins et pèlerines de Saint-Jacques, elle est un lieu de l’affirmation d’une identité pèlerine que certains acquièrent et dont beaucoup rêvent.Depuis qu’elle s’intéresse à saint Jacques, la recherche historique s’est concentrée principalement sur le grand pèlerinage qu’avait fait les confrères, négligeant le pèlerinage de proximité. En faisant des chemins de Compostelle le premier itinéraire culturel Européen, le Conseil de l’Europe a occulté les autres grands pèlerinages. Pourtant, trois manières d’exprimer sa dévotion à saint Jacques étaient tout à fait complémentaires au sein de cet hôpital et d’une manière générale dans la société médiévale : le culte local, le grand pèlerinage, l’appartenance à une confrérie. Il est donc intéressant de n’en négliger aucune.Actuellement, la pratique du grand pèlerinage vers Compostelle redevient d’actualité, elle entraîne la création de chemins parfois peu propices aux pèlerinages au long cours et de lieux d’hospitalité. Des associations d’anciens pèlerins se créent pour accueillir et conseiller ceux qui partent. Il leur arrive trop rarement de redécouvrir et mettre en valeur d’anciens lieux de culte à saint Jacques…

                                                                                                Notes

                                                                                                1  Il y a deux inventaires des archives de l’hôpital. Le plus ancien (manuscrit) m’a été très précieux car de nombreuses pièces qui ont disparus ou brûlé y sont recopiées. Quand je ne précise pas à quel inventaire se rapportent les cotes que je mentionne en note, c’est qu’il s’agit de l’inventaire officiel (imprimé).

                                                                                                2  Compte 1326-1327 : “ recepte des dons que la Royne Jehanne donna le samedi II jours de mai a lospital monsieur saint Jacques ” et plus loin : “ le jour ou elle vint donner le joiau dor et dargent ou il a un os du bras du bras monseigneur  saint Jacques ”. 

                                                                                                3  Compte 1391-1392 : cette relique provenant de Toulouse a dû être extraite lors de la Translation de 1385, à laquelle était présent le duc Jean de Berry et sans doute d’autres personnes de son entourage - la troisième a été donnée en 1532.

                                                                                                4  Cote 158 de l’inventaire manuscrit : « Don de la mandibule saint eustache le jour de la saint martin en juillet 1325 ».

                                                                                                5  9ème chartrier, cote 330 : indulgences accordées par Clément VII (1378-1394) à ceux qui visitent l’h  (14 juillet 1385) et dans le compte de l’année  1339-1340 : « pour les lettres de pardons de la feste saint Jude et saint Simon : xx sous ».

                                                                                                6  Compte 1330-1331 : « copie de notre bulle  en françois : v sous ».

                                                                                                7  9ème chartrier, cote 331 : indulgences accordées en 1470 par le pape Paul II (1464-1471) – Clément VII (voir note 24) fut déclaré antipape !

                                                                                                8  Compte de 1319-1324 : Nicolas le Loquetier qui est allé à Rome et y est resté 80 jours(ne compte rien pour le voyage aller-retour car il est pèlerin de saint Gilles) – Pontificat de Jean XXII (1316-1334).

                                                                                                9 Péricard-Méa Denise, Saint Jacques et cultes de Compostelle, Paris, 2000, Chapitre IV.

                                                                                                10  Cote 10 de l’inventaire manuscrit : Philippe de Cormeille rappelle sa dévotion  à l’hôpital saint Jacques mais aussi au « nom tres saint et glorieux de le Vierge Marie »: il fait donc un legs à l’hôpital pour la fondation d’un service à la Vierge (1327).

                                                                                                11  Compte de l’année 1474-1475 : “  la revenue de ladite table aux grans reliquaire du dimanche xii mai que les gens deglise de la paroisse saint eustache accompagnés des paroissiens vindrent en procession chanter une anthiene devant monseigneur saint Jaques pour prier dieu pour la difposition du temps et pour biens et fruits de terre : iv sous parisis ”

                                                                                                12  Epître de Jacques, V, 7-8.

                                                                                                13  Idem, V, 13-14 – Péricard-Méa Denise, Compostelle et cultes de saint Jacques en France au Moyen Age, Paris, 2000, chapitre III.

                                                                                                14  Par exemple, chez Guillebert de Metz (voir note 8) : « saint Jacques surnommé de l’Ospital que Charlemaine fonda ».

                                                                                                15  Traduction du Pseudo Turpin du manuscrit Vatican Regina 624, par Claude Buridant, Librairie Droz, Genève, 1976.

                                                                                                16  Dans les années 1430, on rencontre Jaquet Damlaville, patrouillard,  Jaquet le Bref, fournisseur de cire de l’hôpital, Jaquet le Jay, Jaquet Vie, Jaquet Trottet, Jaquet le Macon, clerc des autels, Jaquet Coquelet, Jaquet chantre…

                                                                                                17  Jacques le Paumier, gouverneur de la confrérie en 1332-1333.

                                                                                                18  Par exemple Anthoine Le Roy qui va à Compostelle pour Pierre Chabridel en 1424. Mais des Le Roy peuvent aussi être des rois de l’oiseau ou d’autres festivités.

                                                                                                19  Une rue au feurre, une rue de la Truanderie, une au-delà de la porte saint Honoré, une en la rue de la ferronnerie, une rue de la Mortellerie, une rue des arcis.

                                                                                                20  Compte de l’année 1442.

                                                                                                21  Exemple, pour l’année 1466, 138 convives au siège 160 méreaux

                                                                                                22  Toujours pour l’année 1466, 17 hommes sont accueillis dans la confrérie. Il convient d’être prudent pour attribuer à Compostelle des enseignes de saint Jacques qui ont pu être fabriquées à Paris, ou, comme en témoignent des comtes de 1526, à Aire-sur-la-Lys où était vénérée une relique de saint Jacques.

                                                                                                23  De 1460 à 1470, elles s’effectuent successivement à Ste Catherine du val des écoliers, aux augustins, à St Antoine le Petit, à St Eustache, à St Jean du Latran, à Notre Dame des carmes, aux jacobins, aux célestins et à St Jacques du Haut Pas.

                                                                                                24  10ème chartrier, liasse 27, pièce de 1513 : autorisation par l’official de Paris pour réédifier la voûte de l’église qui menaçait ruine et pour placer plus décemment une relique de l’hôpital : la mâchoire de saint Eustache, don d’une reine de France

                                                                                                25  Compte de l’année 1434-1435 : don des maîtres de la confrérie de Boulogne « à cause de leur dite confrairie : viii livres parisis ».

                                                                                                26  Compte de l’année 1424-1425 : « don de la confrérie Notre Dame de Liesse en septembre pour leur siège : xl sous ».

                                                                                                27  Compte des années 1467-1470 : « des maitres de la confrairie Msg saint claude de nouvel encommencee et inftituée en ladite eglise et h pour don par eulx fait a plusieures fois audit hospital ces annees pour les aournements  que on leur a preftez a faire leur service  comme pour les salles ou ils ont fait leur siege durant ledit temps pour ce xxvi sous viii deniers parisis ».

                                                                                                28  Des prêcheurs de renom peuvent venir à l’hôpital à d’autres occasion, par exemple, en 1340 :  « pour faire boire des scuiers du patriarche qui precha le dimanche avant le chandeleur : xviii deniers ».

                                                                                                29  Compte de l’année 1397-1398 : un « pupitre » est fait pour « dire l’evangile aus festes ».

                                                                                                30  Année 1397-1398 : on note des travaux d’aménagement dans le cloître et le cimetière pour faciliter le passage de la procession

                                                                                                31  1er chartrier, Liasse 4, cote 24.

                                                                                                32  Cote 158 de l’inventaire manuscrit : « L’an mil iii c xxvij le jour S. Remi led Jehan de Marigny eveque de Beauvais dedia lad chapelle et eglise dudit hospital ».

                                                                                                33  Compte 1475-1476.

                                                                                                34  Compte de l’année 1326-1327 : « A deux convers qui quièrent les sermons pour l’annee »

                                                                                                35  Compte de l’année 1457-1458 : « Pour porter les torches à la procession le jour de la Feste Dieu » et achat annuel de couronnes de fleurs pour cette occasion .

                                                                                                36  Par exemple, pour l’année 1342-1443, « dons : de la Confrérie Notre Dame de  Boulogne, xxxiiii sous,  de la confrérie Saint Julien aux jongleurs : xxx sous, de la confrérie des trois rois de Coulogne : lx sous ».

                                                                                                37  Compte 1337-1338 :  « Pour porter la bannière à procession a saint Geneviève et à saint Germain des près : viii deniers ».

                                                                                                38  Les cotisations de paient à la mi-carême : compte 1319-1324 : « Depenses de V pers querant pendant ii jours les aumônes et les boites de la miquaresme 1319 ».

                                                                                                39  Compte de l’année 1335-1336 : « Et pour le coffre du poille faire tout de neuf : xxxii sous » (note en marge de l’inventaire manuscrit : le poille, c’était là un des grands avantages qu’il y avait à entrer dans le confrérie. A son enterrement on avait ses confrères les pèlerins et les ornements funéraires qu’ils fournissaient. Puis, à l’église, un luminaire, des messes…)

                                                                                                40  Archives Nationales, cote 4875B.

                                                                                                41  Cote 32 : « Marie femme de feu Jehan Lalement jadiz feitrier bourgeois de Paris donne xl sous parisis de rente afin qu’elle soit accueillie es bienfais, messes, prières et oraisons et autres euvres de miséricorde qui sont et seront faiz en ycellui hospital ».

                                                                                                42  Cote 105

                                                                                                43  Cote 56 de l’inventaire manuscrit : « Jehan de vitry conseiller du roi notre sire en son parlement à Paris donne à l’eglise saint Jacques de l’Hospital iv livres parisis de rente sur une maison a charge de faire célébrer chaque année le jour de son trépassement ou le premier ensuivant son anniversaire au grand autel de l’eglise » le 14 mars 1414.

                                                                                                44  Arch. Nat. Cote 4875B : bulle (1326) de Jean XXII (1316-1334), confirmée en 1342 par Clément VI (1342-1352)

                                                                                                45  Année 1426-1427, « don : de pierre lofte et sa femme de clamart, aumônes de nouveaulx pelerins sur xxii sous quil devaient xx sous parisis » et  « de laurens saumalle, bourgeois damiens, aumônes de xi ans xxii sous parisis » - Année 1432-1433 : « Jehan de serny de haubervillierpour les aumônes de luy et sa femme » - Année 1433-1434 : « de jehan du tertre de monceaux ».

                                                                                                46  Compte 1348-1349 et et dans le 12ème paquet de l’inventaire manuscrit, pièce de 1354, le18 août.

                                                                                                47  Cote 160 de l’inventaire manuscrit : Bulle du pape Jean XXII contenant la permission de recevoir en la confrérie des pèlerins « ceux qui ayant fait vœu de faire le voyage en auroient este empeschéz par maladie ou vieillesse, en payant ce qu’il cousteroit pour aller et revenir » (4 des nones de  mai 1324).

                                                                                                48  Compte de l’année 1324-1325 : « copie de la bulle des ympotans ».

                                                                                                49  Compte 1479-1480.

                                                                                                50  Compte de l’année 1496-1497

                                                                                                51  B.H.V. P, NA 38, fol.7

                                                                                                52  Compte des années 1319-1324 : « Pour xj aunes et demi de drap de quoi monseigneur de Valois et ses compagnons furent vestus au revenir de Saint Jacques, pour chascun aulnes : xxvij sous ».

                                                                                                53  Don fréquents au XIVe (plusieurs chevaux donnés entre 1319 et 1324, un en 1325, un en 1326, un en 1327, encore un en 1380 : « un cheval donné par jehan de dinant de retour de saint Jacques : civ sous », en 1390) mais qui disparaissent quasiment ensuite.

                                                                                                54  Favier, Jean, De l’or et des épices, Chapitre III, partie « Intermédiaires et partenaires ».

                                                                                                55  Compte 1482-1484 : « de leritier dun mercier qui est trepasse en la ville de Rams qui avoit mis en garde en l’hospital certains coffres lesquels il a recouvres donne xvi sous »

                                                                                                56  Compte 1367-1368 : Etienne Laignelet a été administrteur de la confrérie en 1357-1358, il continue à prendre part activement à la vie de la confrérie en assistant à la remise des comptes par exemple.

                                                                                                57  Il s’agit du pape Eugène IV qui transféra le concile de Bâle à Florence.

                                                                                                58  Exemple : le bâtonnier de la confrérie en 1426, Pierre le Verrat, escuier, seigneur de Crosne, donne  « un joyau d’argent pesant 2 marcs1/2 d’argent  fait en manière de livre pour servir et tenir par les bâtoniers le jour du siège ».

                                                                                                59  Arch. Nat cote 4875B.

                                                                                                60  Liste recopiée dans l’inventaire manuscrit.

                                                                                                61  Description des biens de l’hôpital dans un registre du début du XVème, recopiée dans l’inventaire manuscrit à la suite du compte 1399-1400.

                                                                                                62  En 1426-1427, il y a un clerc de la chapelle, trois sœurs et une lavandière, par la suite, des couples s’engagent également : compte 1345-1346 : « Jehan de Pierefonds et Aalips sa fame recevront de l’hospital chacun ii sous par semaine, ils donnent xiv livres parisis et après leur mort, l’hospital aura tous leurs biens.

                                                                                                63  Cote 42 de l’inventaire manuscrit : fondation faite par “ Agnès femme de feu robert jehan jadiz aumucien bourgeois de Paris iv messes par semaine pendant sa vie et une messes de requiem après sa mort . comme elle n’a pas de rente amortie, elle demande aux maistres et gouverneurs de payer pour elle le chapelain. Les Maistres et gouverneurs l’engagent de plus à  livrer « une maison bonne et convenable pour le demourer d’elle de sa chambrière audit hofpital la vie d’elle seulement laquelle maison elle tiendra franchement… ».

                                                                                                64  Voir la note 65.

                                                                                                65  En 1390 : Giles de Troyes, en 1407 : Jehan Becquet, en 1438 : Jehan de Vernon, en 1457 : Guillaume Baudin, en 1459 : Pierre de Lalun, en 1479 : frère Laurens, en 1480 : Monseigneur d’Arras… la plupart du temps, ce sont des frères mendiants : prêcheurs, carmes, augustins ou jacobins.

                                                                                                66  Année 1449-1450 : « pour avoir fait nettoyer les salles et serrer le merrien qui est dedans formes et tretaulx afin que la procession puisse passer parmi le jour du siège de la confrairie ii sous viii deniers ».

                                                                                                67  Année 1367-1368 : « pour l’aumône du jour du siège pour ce que pain failly et relief : xvi sous » - cela correspond à un minimum de 192 pauvres secourus.

                                                                                                68  Voir note 42.

                                                                                                69  Le 27 juillet 1337, « de l’assentement de tous lesdits confrères ou de la greigneure & la plus faine partie d’iceux furent nommés  elus &publiez en Maitres , gouverneurs et procureurs et administrateurs de ladite confrairie et de l’hospital deffusfdit &de tous les biens, revenus, profits é émoluments d’iceulx  pour un an » (pièce citée par Dom Michel FELIBIEN dans son Histoire de la ville de Paris, 1725.)

                                                                                                Pour citer ce document

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                                                                                                URL : http://lodel.irevues.inist.fr/saintjacquesinfo/index.php?id=283

                                                                                                Quelques mots sur :  Isabelle Rousselin

                                                                                                Université de Versailles Saint-Quentin-en-YvelinesMaîtrise d’histoire médiévale, dir. Michel Zimmermann