SaintJacquesInfo

Quand l’Espagne exportait le Matamore
L'influence de saint Jacques ou guey teule — le grand dieu — aux Indes occidentales (XVe-XVIe siècles)

Pablo Nogueira

Résumé

Pablo Nogueira a écrit cet article en 1999. Il a étépublié l'année suivante dans Les langues néo-latines (fasc.3, 3e trimestre 2000, n°314, p. 57-73). Il l’a retravaillé pour SaintJacquesInfo. Le sujet abordé est à peu près inconnu en France, où d'ailleurs le saint Matamore (tueur de Maures) n'est pas très souvent représenté dans l'iconographie, et peu mentionné dans les textes. En Espagne le saint conquérant a au contraire une longue histoire, encore vivante aujourd'hui. Des « Indes occidentales » au contraire la France ignore à peu près tout, seulement intriguée par le Mataindios quelquefois évoqué. Pablo Nogueira a traversé l'Atlantique avec les conquistadors et observé comment ils ont amené avec eux le « Fils du Tonnerre », propre à leur donner du courage et à terroriser les Indiens. Ils l'ont ensuite installé dans de multiples lieux, donnant une identité définitivement espagnole aux pays conquis

Texte intégral

Le Matamore à Padron

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Saint Jacques le Majeur, patron de Compostelle et de l'Espagne, fut l'objet, dès le Moyen Age, avec le culte qui se développa en Galice et dans le reste de l'Europe, d'une ferveur démesurée. Ainsi, il n'est pas étonnant que les hommes du temps aient été influencés par cette entité qui avait reçu des pouvoirs divins ; qu'elle ait traversé cette mer encore peu connue alors _ l'Océan Atlantique _ en compagnie des conquistadores et qu'elle se soit enracinée dans ces terres vierges, découvertes par un homme qui peut-être fut Galicien et répondait au nom de Christophe Colomb.

On tentera, par conséquent, de comprendre comment cet apôtre du Christ s'est transformé en mataindios, alors que peu de temps auparavant son nom était encore suivi du qualificatif matamoros. En outre, on étudiera la soi-disant présence de ce saint dont le nom signifie « coup de tonnerre » ou « foudre » aux Indes occidentales et les conséquences d'une telle omniprésence dans les esprits et enfin, les apparitions miraculeuses du saint au beau milieu des mêlées ou les confusions visuelles des combattants luttant dans la poussière et sous un soleil de plomb.

Saint Jacques le Majeur : l'apôtre du Christ

Prédication de saint Jacques Apôtre en Galice (Flos sanctorum, Alcalá de Henares, 1566)

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Fils de Zébédée de Betsadia en Galilée et de Salomé, saint Jacques était le frère de saint Jean l'Evangéliste. Après l'Ascension du Christ, saint Jacques dit le Majeur _ pour le différencier de son homonyme _ prêcha la parole de l'Evangile à travers la Judée et la Samarie. Selon la légende, il se rendit ensuite en Espagne, accompagné de quelques disciples. Revenu à Jérusalem, il fut décapité sous l'ordre d'Hérode Agrippa Ier en l'an de grâce 42. Ses reliques furent miraculeusement transférées jusqu'en Espagne, où depuis le IXe siècle un culte solennel lui est rendu dans la ville galicienne de Compostelle. A une époque, où les véritables médecins se faisaient rares et étaient bien souvent totalement impuissants face à une maladie aujourd'hui considérée comme bénigne _ peu étaient ceux qui survivaient à une quelconque épidémie _, le seul espoir de ces hommes _ qui se voyaient déjà trop tôt condamnés à une mort inéluctable _ était de se tourner vers un saint ayant des pouvoirs curatifs, afin qu'ils puissent momentanément échapper à la faux de la Mort. Poussés par la foi ou par un élan d'espoir, ils voulaient retarder ce départ, sans retour. Saint Jacques était très sollicité en ce sens car, on disait qu'il rendait la vue aux aveugles, l'ouïe aux sourds, la parole aux muets, la vie aux morts et guérissait les gens de toutes sortes de maladies pour la gloire du Christ. En outre, les Evangiles rappellent que le Christ conféra à saint Jacques le pouvoir de guérir les malades de la goutte, les bossus et les boiteux ou bancals. Une telle renommée et les vingt-deux miracles du saint qui ont été recensés et reconnus comme véridiques par les hommes d'Eglise au XIIe siècle, vinrent accréditer davantage les pouvoirs de ce saint auprès du peuple. De la sorte, les fidèles ne pouvaient que vénérer ledit saint en lui consacrant des fêtes, où l'on chanterait sans relâche ses louanges. On trouve ainsi encore de nos jours, trois fêtes dans le calendrier liturgique qui célèbre la mémoire du saint :

 le 25 juillet, jour où l'on commémore le martyre de l'apôtre ;

 le 30 décembre qui donne lieu aux célébrations de l'Election de la Galice par l'apôtre et par conséquent de l'Espagne comme mouroir, et de la Translation de sa sainte et vénérable dépouille,

 enfin, le 23 mai connu sous le jour de l'Apparition de l'apôtre, qui rappelle toutes les apparitions du saint au cours de batailles décisives pour l'Espagne et en particulier celle de Clavijo au IXe siècle. Ce jour-là, on réaffirme la bienveillance du saint et la protection qu'il prodigue aux habitants de sa terre d'élection.

Du Santiago Matamoros au Santiago Mataindios

Saint Jacques défendant les Castillans au beau milieu des mêlées indigènes (XVIIe siècle)

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Au XIIIe siècle, une légende sur saint Jacques était devenue fort populaire. Elle parcourait les routes d'Espagne et était transmise oralement de génération en génération. Cette tradition, née sans doute de la lecture des Evangiles où saint Jacques est appelé « Fils du Tonnerre » faisait référence à la soi-disant bataille de Clavijo ou d'Albelda, où se seraient affrontées les troupes du roi Ramiro Ier ou Ordono Ier et du chef musulman Muza Banu Qasi en l'an 859. Bien qu'encore de nos jours plusieurs doutes soient émis sur cette bataille, il est clair qu'on s'accorde sur un point fondamental : la victoire des chrétiens sur les musulmans grâce à l'intervention miraculeuse et à l'aide non négligeable apportée par saint Jacques qui, dès lors, verra son nom suivi du terme matamores. C'est cette bataille épique qui fut à l'origine de l'image traditionnelle de saint Jacques monté sur son cheval blanc, brandissant dans une main une épée à double tranchant et dans l'autre l'étendard blanc où figure la croix rouge des chevaliers de son ordre.

De ce fait, saint Jacques est devenu le protecteur de la Chrétienté contre le danger que pouvait occasionner toutes les autres religions et il n'est pas étonnant qu'au cours de sept siècles d'une intense guerre de religion, les cris de guerre \Santiago y cierra Espana\ ou \Santiago y a ellos\ soient devenus aussi familiers.
L'épisode de la Reconquête étant terminé, les Espagnols ont voulu reproduire dans le Nouveau Monde cette étape de leur histoire à quelques différences près. Cette fois-ci, les adversaires n'étaient pas des infidèles, mais des païens qui avaient eu la malchance d'ignorer la véritable religion et étaient envahis au lieu d'envahir. Ainsi, on recense dans les multiples chroniques qui retracent les victoires hispaniques dans ces terres nouvelles, une quinzaine d'apparitions du saint sur son coursier immaculé arrivant à la rescousse des soldats espagnols en difficulté. Saint Jacques aurait combattu au côté de cette poignée d'Espagnols fugitifs à Otumba, anéantissant ainsi la puissante armée aztèque composée de 100 000 hommes et auparavant à Tabasco contre les tribus mayas. Néanmoins, aucun Espagnol ne vit jamais de ses propres yeux la chevauchée prodigieuse du saint à travers les airs. En outre, si un saint devait avoir guerroyé auprès de Cortes, celui-ci aurait préféré que ce fût saint Pierre car, il lui vouait une vénération toute particulière, depuis que ledit saint avait consenti à l'arracher à la mort, alors qu'il n'était encore qu'un jeune enfant.

La bataille contre les Araucans (1550),
Gravure anonyme du XVIIe siècle. cliquer pour agrandir

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Légende de l'image :
Au cours de la bataille, un tremblement de terre éclata et « on affirme que toutes les femmes qui étaient enceintes avortèrent de frayeur [...] les eaux du fleuve Alipen se mirent à bouillir, cuisant tous les poissons ». Les indiens virent alors « [...] un arbre en feu poursuivant une bête féroce _ qui avait des cornes tordues et qui poussait des hurlements et des cris lamentables [...] semblables à cet animal monstrueux dont parle saint Jean dans l'Apocalypse _ [...] et un valeureux capitaine monté sur un cheval blanc [...] une épée à la main » qui mit en déroute ces païens1.

  • 1  Alonso de Ovalle, Historica relacion del reyno d(...)

Lors de la conquête du Chili, au cours de la terrible bataille qui a précédé la fondation de Santiago de Chile, les Mapuches ou Araucans faits prisonniers par les soldats espagnols avouèrent que s'ils avaient déserté le champ de bataille, cela était dû à ce qu'ils virent flotter au-dessus de leurs têtes« un chrétien monté sur son cheval blanc brandissant une épée2 ».
Pedro de Valdivia, le conquistador du Chili, demeura sceptique en écoutant les propos des détenus mais, afin d'en être sûr et de dissiper le moindre doute qui pouvait subsister, il passa en revue ses meilleurs hommes puis, les présenta aux captifs pour qu'ils reconnussent ce guey teule, le grand dieu dont ils parlaient tant.

  • 2 « a un cristiano en un caballo blanco con la espa(...)

Cependant, les Indiens

    habiéndolos mirado muy despacio en particular a cada uno, se sonrieron como hacienda hurlas de todos ellos, respecto de aquél que habian visto que era hombre muy superior a todos ellos y que habia hecho mas que todos ellos juntos.

      « ... après les avoir dévisagés longuement les uns après les autres, commencèrent à sourire comme s'ils se moquaient d'eux, en pensant à celui qu'ils avaient vu, car il était un homme bien supérieur à tous ceux-là, et avait tué bien plus d'Indiens que tous ceux qui étaient présents3. »

      • 3 Pedro Marino de Lobera, op. cit., p. 12.

      Le 9 décembre 1626, D. Diego Flores de Léon, chevalier de l'Ordre de saint Jacques, se rendit à Saint-Jacques-de-Compostelle afin de rendre grâce au saint qui l'avait, d'après lui, aidé dans la défense de la forteresse de Los Maques, au Chili, en 1607, contre des assaillants cruels et très nombreux4. Des années bien auparavant, le conquistador Francisco Pizarro avait vécu lui aussi une expérience similaire, alors qu'il était cerné de toute part par les guerriers incas dans la ville de Cuzco.

      • 4 A.C.S.C., Acta Capitular, 9-XII-1626.

      Saint Jacques ou « Yllapa » (la « foudre divine »)

      En 1537, les Incas se révoltèrent contre les Espagnols et des milliers de guerriers incas assiégèrent la ville de Cuzco tombée aux mains des conquistadores. Les indigènes étaient sur le point de la reconquérir, lorsque, d'après Felipe Huamàn Poma de Ayala5 :

      • 5 Felipe Huamàn Poma de Ayala, Nueva cronica y buen(...)

      ... vajo el senor Santiago como un trueno muy grande. Comorrayo cayo del cielo a la fortalesa del Ynga [...] Y como cayô en tierra se espantaron los yndios y digeron que abîa caydo yllapa, trueno y rrayo del cielo [...] Dizen que bino encima de un cavallo blanco, que fraya el dicho caballo pluma, (nandu), y mucho cascabel enxaesado y el sancto todo armado con su rrodela y su vandera y su monta Colorado y su espada desnuda y que venia con gran destruycion y muerto muy muchos yndios y desbarato todo el serco de yndios a los cristianosy de elio se espantaron los yndios. Y desde enfonces los yndios al rrallo les llama y le dizen Sanctiago porque el sancto cayô en tierra como rrayo.

        « [ ] le seigneur Jacques descendit des cieux au milieu d'un grand bruit semblable au tonnerre. Il tomba sur la forteresse de l'Inca comme l'éclair [...] Et parce qu'il tomba sur la terre ferme, les Indiens qui furent pris de frayeur, dirent que yllapa (le tonnerre et l’éclair) était tombé sur la terre [...] Ils racontèrent qu'il était monté sur un cheval blanc qui portait un diadème de plumes (nandu) et beaucoup de grelots sur les flancs, et le saint vêtu de son armure portait un bouclier un étendard, une cape rouge, et brandissait une épée hors de son fourreau. Il semait la destruction, et, après avoir tué un grand nombre d'Indiens, sauva les chrétiens assiégés par les indigènes qui prirent peur en le voyant. Et depuis, les Indiens appellent l'éclair saint Jacques, car le saint est tombe sur terre comme un éclair. »

          Felipe Huaman Poma de Ayala conclut son récit en espérant :

            ... deve guar darse esta dicha fiesta del Senor Santiago en este rreyno como pascua porque del milagro de Diosy del senor Santiago se gano.

              « on doit continuer de fêter ce jour dédié au Seigneur Jacques dans ce royaume comme une journée de grandes réjouissances, car ce fut grâce à un miracle de Dieu et du Seigneur Jacques que nous avons remporté la victoire. »

                En 1535, Garcilaso el Inca faisait déjà, à plusieurs reprises, état de ce genre d'apparitions fulgurantes dudit saint. Une telle présence ne pouvait passer inaperçue et aussitôt devint le sujet de nombreux commentaires.

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                    La croyance en l'existence de cette présence protectrice de saint Jacques auprès des conquistadores était devenue si vivace, que des anecdotes que l'on voulait loquaces étaient rapportées à qui voulait les entendre. Une tradition populaire péruvienne illustre parfaitement cette attitude. Au cours de la bataille de Chupas (1542) _ l'une des nombreuses luttes qui se sont succédées pendant les guerres civiles qui ont eu lieu sur le territoire péruvien _, un certain Marcos Saravia promit un cheval à saint Jacques, s'il sortait vivant de ce conflit. Ayant survécu, ce soldat se rendit, un jour, dans une église, afin de payer sa dette. Il déposa devant la statue de saint Jacques monté sur son cheval blanc _ du saint patron des militaires _, une quantité de pièces équivalente à la moitié de la valeur réelle d'un bon destrier. Lorsqu'il décida qu'il était temps pour lui de quitter cet endroit sacré, le cheval sur lequel il était monté ne bougea pas d'un pouce. Il comprit son erreur et Saravia posa près de la sculpture dudit saint le reste de la somme qu'il devait, sans manquer de lui dire Ah\, pîcaronazo, no hay quien te lajuegue. (Ah\ Grand fripon, personne ne peut te tromper)

                      Bartolomé Leonardo de Argensola6, chroniqueur du Royaume d'Aragon, admit la présence miraculeuse de saint Jacques aux Indes occidentales, en décrivant une lévitation du patron des Espagnes au-dessus des têtes des combattants, pendant l'affrontement de Tabasco. Quant à Francisco Lôpez de Gomara7, secrétaire et chanoine d'Hemàn Cortes, il ne se contenta pas d'attribuer la victoire espagnole de Tabasco à saint Jacques mais, surenchérit en affirmant que le guerrier qui était apparu aux hommes dans la liesse à trois reprises, était saint Pierre et non saint Jacques, afin de rendre possible les illusions de Cortés qui espérait voir _ de son vivant _ figurer le nom de saint Pierre sur la longue liste des miracles qui se sont produits en Nouvelle Espagne. Le culte de saint Jacques se développa à vive allure dans ces terres éloignées du phénomène du pèlerinage à Compostelle et cette influence de la soi-disant présence du saint se retrouve dans les nombreuses élévations d'ermitages, chapelles, églises, et le grand nombre de villes et bourgs qui portent le nom du saint. Ainsi, Diego Velàzquez, le conquistador de l'île de Cuba, en 1511, baptisa le fameux port qui venait de se créer sur ladite île du nom de Santiago de Cuba. Au Guatemala, Pedro de Alvarado surnommé par les Mexicas Tunadiù ou Tonatiuh qui signifie le Soleil à cause de la blondeur de ses cheveux, fonda, le 25 juillet 1524, la ville de Santiago de los Caballeros de Guatemala car, peu de temps auparavant il ne fut pas le seul à affirmer que le saint était apparu au sommet du volcan Agua au corps expéditionnaire. De même, Pedro de Valdivia, fonda, le 24 février 1541, une ville qu'il plaça sous le patronage de saint Jacques en lui donnant le nom de Santiago de Chile. Avec le temps, elle deviendra la plus importante des localités en Amérique du Sud sur les deux cents qui portent le nom du saint.
                      En Galice, cette présence protectrice du saint était tellement ancrée dans les esprits que, dès le début du culte de saint Jacques, les rois successifs mirent en place des votos a Santiago. Il s'agissait de rentes (censos) annuelles sur le produit des terres et une partie des butins de guerre était remise aux instances de la cathédrale de Compostelle. En 1643, Philippe IV a instauré une offrande annuelle de 1000 écus en or qui devaient être amassés par les Royaumes de Castille et présentés par les Cortes au saint8.

                      • 6 Bartolomé Leonardo de Argensola, Conquista de Mex(...)
                      • 7 Francisco Lôpez de Gomara, Historia général de la(...)
                      • 8 Archive Général de Simancas, Patronato Real, Leg.(...)

                      La Vierge Marie sème la destruction chez les Aztèques agrandir

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                          Cependant, saint Jacques ne fut pas le seul saint à détruire les armées indigènes qui se battaient contre les Espagnols. La vierge Marie ou Tequecihuata qui signifie la jeune femme, sema aussi la destruction sur son passage _ en dernier recours _ au Mexique et au Pérou, lorsqu'elle écoutait les prières des soldats espagnols au bord du désespoir, qui la suppliaient de venir les aider. A ce propos, le vétéran des campagnes du Mexique et du Guatemala, Bemal Diaz del Castillo9 a transcrit la conversation de Moctezuma II avec ses capitaines :

                          • 9 Bernai Diaz del Castillo, Historia verdadera de l(...)

                          Ypregunto Moctezuma a sus capitanes que siendo ellos muchos millares de guerreros que cômo no vencieron a tan pocos feules _ Espagnols _ Y respondieron que no aprovechaban nada sus varas y fléchas ni buenpeiear que no los pudieron hacer retraer porque una gran tequecihuata de Castilla venia delante de ellos, y que aquella senora ponia a los mexicanos temory decia palabras a sus feules que les esforzaban.

                            «Et Moctezuma demanda à ses capitaines comment cela était possible qu'ils n'aient pas pu vaincre un si petit nombre d'Espagnols, alors qu'on comptait parmi ses troupes des milliers de guerriers. Ceux-là répondirent que leurs lances et flèches n'atteignaient pas leur but et qu'ils ne pouvaient lutter ni même faire battre en retraite les Espagnols, car une grande dame de Castille précédait le bataillon espagnol. Elle les terrifiait, tandis qu’elle encourageait les Espagnols avec des mots bien choisis. »

                              De même, Bemardino Vàzquez de Tapia, dans sa Relacion de méritos y servicios10, écrit :

                              • 10 Bernardino Vazquez de Tapia, Relacion de méritos(...)

                              Y un dia, dandonos un combate muy recio y que nos ténia puestos en gran peligro [...], que no les faltaba sino entrar y cortamos las cabezas a todos, pusieron fuego a la puerta ; y sûbitamente se apartaron y nos dejaron sin pelear mas [...] Y preguntando después a indios principales que eran capitanes, cômo nos habian dejado tiniéndonos en tanto aprieto y peligro, dijeron que, en aquella sazôn, que nos entraban y tenîan en tanto trabajo, vieron una mujer de Castilîa, muy linda y que resplandecia como el sol, y que les echaba punados de tierra en los ojos, y como vieron cosa tan extrana, se apartaron y huyeron y nos dejaron.

                                Quoi qu'il en soit, l'acceptation de ces miracles ne répondait pas vraiment à des raisons mystiques mais, surtout à une volonté politique. La présence de la Vierge ou de saint Jacques a justifié et légitimé la décision personnelle de Cortés d'entreprendre la conquête de ces terres, en désobéissant à l'ordre qui lui avait été donné d'explorer uniquement lesdites terres. A vrai dire, l'immense majorité des conquistadores ont fait preuve d'une grande incrédulité à ce sujet et n'ont pas véritablement accepté l'intervention directe sur le champ de bataille des puissances divines. Au contraire, les historiens d'origine indigène ou métis attribueront les victoires hispaniques à la capacité combative des dieux des Espagnols.

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                                    Felipe Huamàn Poma de Ayala affirme dans son ouvrage que les cien mil millones de indios (cent milliards d’Indiens) qui assiégèrent Cuzco n'ont pas pu prendre la ville parce qu'elle était défendue par la Vierge et saint Jacques. Néanmoins, les Castillans des Indes voulaient dar a Dios lo suyo y al César _ c'est-à-dire à eux _ lo que le corresponda (rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu). Cela ne veut pas dire qu'ils étaient impies, loin de là. Ils croyaient fermement que la Vierge et saint Jacques veillaient sur eux et les protégeaient mais, n'admettaient pas qu'ils aient pu intervenir physiquement au cours des batailles. Le soldat Bemal Diaz del Castillo11 a critiqué ainsi, dans son ouvrage, les dires de celui qui deviendra, par la suite, le biographe de Cortés _ Francisco Lopez de Gomara _, qui affirmait que la conquête de ces terres était due à l'apôtre saint Pierre et en partie à la participation de saint Jacques.

                                    • 11 Bemal Diaz del Castillo, op.cit., p. 71

                                    Bemal Diaz del Castillo écrit alors avec ironie au sujet de la bataille de Tabasco :

                                      Digo que todas nuestras obras y victorias son por la mano de Nuesïro Senor Jesucristo y que en aquella baïalla habia para coda uno de nosostros tantos indios que a punados de tierra nos cegaran [...] y pudiera ser lo que dice Gomara, quefueran los gloriosos apostoles yyo, comopecador, nofuera digno de ver los. Lo queyo enfonces viy conocîfue a Francisco de Morla en un caballo castano... Y ya que yo, como indigna, no fuera digne de ver a cualquiera de aquellos gloriosos apôstoles. Alli en nuestra compania habia sobre cuatrocientos soldados y Cortés y otros muchos caballeros, y platicarase de ello, y se tomarapor testimonio, y se hubiera hecho una iglesia cuando sepoblo la villa, y se nombrara la villa de Santiago de la Victoria.

                                        «J'affirme que toutes nos œuvres et victoires sont dues à la bienveillance de Notre Seigneur Jésus-Christ, et que dans cette bataille il y avait pour chacun d'entre nous autant d'Indiens que les grains de poussière qui nous aveuglaient [...), et il se peut que nous gagnâmes grâce aux glorieux apôtres comme le confirme le compagnon Gômara, quant à moi, je ne les ai pas vus, car je n'en étais pas digne étant un misérable pécheur. Ce que je vis alors, et reconnus comme tel ce fut Francisco de Morla sur son cheval au pelage clair... Et moi, ne le méritant pas, je n'ai pas pu avoir la chance de voir l'un de ces deux apôtres. Dans notre compagnie, il y avait autour de quatre cents soldats et Cortés, et beaucoup d'autres chevaliers, et on en parla, on témoigna, et on fît une église quand la ville se peupla, et on la nomma Saint-Jacques-de-la-Victoire. »

                                          Quand les guerriers indigènes se sont jetés sur l'infanterie espagnole qui était regroupée sous une bannière qui représentait la Vierge, les Indiens distinguèrent trois choses :

                                             la silhouette d'une femme ;

                                               des faisceaux de lumière qui l'entouraient,

                                                 et un nuage de poussière conséquent.

                                                  Les rayons lumineux étaient dus aux éclairs aveuglants que produisaient les arquebuses à l'instant précis où les coups de feu étaient tirés. La même confusion visuelle peut s'expliquer en ce qui concerne les chevauchées de saint Jacques à travers les airs : la cavalerie espagnole sonnait la charge derrière l'étendard où figurait l'image de saint Jacques monté sur son cheval blanc. Quant à la foudre qui tombait par terre décrite par les Indiens, lors des déplacements de saint Jacques à travers les airs, il s'agissait une fois de plus des tirs des arquebusiers. En réalité, ces peuples qui avaient une conception de l'existence bien différente de celle des conquistadores car, ils croyaient que les hommes et les dieux _ feules _ pouvaient se rencontrer et se battre dans des combats à la loyale, ont plus ou moins assimilé des expériences qui étaient totalement étrangères à leur univers culturel. Voir arriver des êtres coiffés d'un casque doré ou argenté, au teint bien plus pâle que le leur et à la barbe fleurie, sur ce qu'ils considéraient comme des maisons flottantes puis, les découvrir avec effroi lorsqu'ils sortirent des eaux _ en traversant l'écume de la mer _ montés sur des quadrupèdes de fière allure et portant dans leurs mains un étrange bâton qui crachait du feu, cela a considérablement aidé, en un premier temps, les conquistadores qui furent regardés comme des dieux _ feules __ sortis des abysses de la mer et qui étaient venus s'enquérir des multiples offrandes en or sonnantes et trébuchantes qu'on devait leur apporter.
                                                  Les deux étendards de la Conquête sont actuellement conservés dans le musée de l'Armée à Madrid. Le premier est gardé dans une urne en cristal, où l'on peut voir sur l'un de ses côtés Nuestra Senora de Guadalupe entourée de douze étoiles dorées. Quant à l'autre, fidèle reproduction de la bannière de Francisco Pizarro, sur l'une de ses faces saint Jacques est représenté coiffé d'un casque orné de plumes sur son cheval blanc. L'interprétation providentielle sera élaborée dès le début de la christianisation du nouveau continent. Mais quoi qu'on en pense, il ne faut pas oublier que la foi déplace des montagnes et accomplit, par conséquent, bien des miracles tant qu'il y aura des hommes pour y croire !

                                                    Santiago, Prince du Royaume de Galice,
                                                    P de Seguin, Mexico, 1750

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                                                        Il n'est pas difficile alors de comprendre pourquoi saint Jacques a pu avoir une telle influence aux Indes occidentales, à l'époque moderne. Avec la christianisation de ces terres nouvelles, d'autres cultes chrétiens se développeront, selon les régions, et supplanteront celui de saint Jacques. Ainsi, le 9 décembre 1531, la vierge Marie est apparue au sommet d'une colline de la région de Tepeyac, près de l'ancienne Tenochtitlan, à un humble Indien atteint par la Grâce divine et qui s'était converti à la  religion catholique. Il se nommait Juan Diego. Après être apparue à cinq reprises au dit Indien et avoir guéri le vieux Bernardino _ l'oncle de Juan Diego _, le 12 décembre, la Vierge remit au jeune garçon une sainte image la représentant et lui fit part de son désir d'être vénérée dans ledit lieu.

                                                          Quelque temps après, une église fut bâtie en cet endroit où dès lors les Mexicains adorent avec ferveur la vierge de Guadalupe, qui depuis 1910 est la patronne de Hispanoamérica. En 1671, l'Eglise canonisera la première sainte de l'Amérique hispanique, sainte Rosa de Lima qui vécut au XVIIe siècle et porta l'habit du Tiers Ordre de saint Dominique. Elle avait fait vœu de chasteté, dès l'âge de cinq ans. Morte à trente et un ans, elle deviendra la patronne de Lima et des Philippines.
                                                          Malgré l'importance des cultes dédiés à ces saintes, le culte de saint Jacques se perpétua dans ces sols et de nos jours, il est et demeure le patron du Chili et de l'Espagne où la foi et l'espoir étaient à une époque indissociables respectivement du mystère et de la ferveur, cette nation commémorera, en cette année 1999, la mémoire de cet apôtre du Christ en grande pompe _ année sainte oblige _ tout particulièrement dans l'une de ses régions connue comme la Bretagne espagnole, et au sein de ce joyau architectural considéré pendant longtemps comme la huitième merveille du monde et qui, depuis l'année dernière, a été hissé au rang des monuments appartenant au patrimoine mondial de l'humanité par l'U.N.E.S.C.O.

                                                            Saint Jacques sur son cheval blanc, en attitude de combat
                                                            (Etendard de Francisco Pizarro)

                                                              Image9

                                                                Quant aux Espagnols, à l'époque moderne, ils considéraient saint Jacques comme le « prince héréditaire de leur royaume » et le louaient en ces termes 12 :

                                                                • 12 Mexico, Imprenta del Nuevo Rezado de Doiia Maria(...)

                                                                SANTIAGO
                                                                En que sentado
                                                                A la diestra de su Divino Primo, Maestro, y Rey
                                                                Como se lo aviapedido :
                                                                Es aciamado por Unico Patron de la Monarchia Espanola :
                                                                Es obedecido como Général de sus Exércitos, y Conquistador de sus Dominios :
                                                                Es reconocido de todos los Soberanos del Orbe
                                                                Por Emperador Universal de la Tierra :
                                                                Es venerado de todas las Naciones Cathôîicas,
                                                                Y temido de todas las Repùblicas Infieles :
                                                                Es aplaudido de la Romana Iglesia como prometido Defensor suyo,
                                                                Que acabarâ de triumphar de sus enemigos
                                                                Con la muerte del Anti-Christo.

                                                                  « SAINT JACQUES
                                                                  Tu es assis
                                                                  A la droite de ton Divin Cousin, Maître, et Roi
                                                                  Comme tu le lui avais demandé :
                                                                  Tu es acclamé comme l'Unique Patron de la Monarchie Espagnole :
                                                                  Tu es obéi en tant que Général de ses Armées, et Conquérant de ses Domaines :
                                                                  Tu es reconnu par tous les Souverains de la Terre
                                                                  Comme Empereur Universel du Globe terrestre :
                                                                  Tu es vénéré par toutes les Nations Catholiques,
                                                                  Et craint par toutes les Républiques d'Infidèles :
                                                                  Tu es applaudi par l'Eglise Romaine en tant que son Défenseur tant attendu,
                                                                  Qui finira par triompher de ses ennemis
                                                                  Avec la mort de l'Antéchrist. »

                                                                    Bibliographie

                                                                    Sources manuscrites

                                                                    • A.C.S.C, Acta Capitular, 9-XII-1626.

                                                                    • Archivo General de Simancas, Patronato Real, Leg. 9.

                                                                    • Bibliothèque Nationale de Madrid, Raros: Pedro Marine de Lobera (1520-1590), Cronica del Reino de Chile corrigida por el padre jesuita D. Bartolomé de Escobar, Santiago de Chile, s.d, 1865. _ Le manuscrit original écrit par le Galicien Pedro Marine de Lobera au XVIe siècle, n'a jamais été retrouvé _. (Néanmoins, cette chronique est incluse dans le volume VI de la Coleccion de Historiadores de Chile).

                                                                    • Bibliothèque Nationale de Paris, ms. 324 : Notes sur quelques villes et provinces des Indes occidentales, 1 fol. recto-verso, XVIIe siècle. Dans la même liasse Batailles d'Espagne, XVIIe siècle.

                                                                    • C.R.I.B, Catalogue des manuscrits hagiographiques de Bruxelles, Bruxelles, Ed. du C.R.I.B, 1900, tome I. _ Ce catalogue fut édité en plusieurs tomes au début du siècle, et renferme quelques clichés de manuscrits hagiographiques datant de la seconde moitié du XIIIe siècle. En outre, une partie de La translatio y est reproduite. Il s'agit probablement du plus ancien document espagnol qui fait référence au culte galicien. Il date du milieu du IXe siècle.

                                                                    Sources imprimées

                                                                    • Argensola (Bartolomé Leonardo de), Conquista de Mexico, Mexico, P. Robr edo/Jus, 1940. (La première édition date de la première moitié du XVIIe siècle).

                                                                    • Diaz del Castillo Bemal, Historia verdadera de la Conquista de la Nueva Espana, Buenos-Aires/Mexico, Espasa-Calpe Argentina S.A., 1955. (Collection Austral, n° 1274). Titre intégral de la première édition : Historia verdadera de la Conquista de la Nueva Espana : escrita por el capitân Bemal Dîaz del Castillo, uno de sus conquistadores y sacada a luz porel P. M. Fr. Alonso Remôn, Madrid, Imp. del Reyno, 1632.

                                                                    • Flos Sanctorum, Alcalà de Henares, s.d., 1566.

                                                                    • Lopez de Gômara Francisco, Historia général de las Indias con todo el descubrimiento y cosas notables que han acaecido desde que se ganaron ata el ano de 1551, Paris, Sounins, 1928. (La première édition fut publiée à Saragosse par l'imprimeur Millàn en 1552).

                                                                    • Poma de Ayala (Felipe Huamân), Nueva cronica y buen gobierno con 597 paginas para los que tienen vista _ texto __ y 450 paginas para hombres ciegos __ iîustraciones _ (codex péruvien illustré du XVIe siècle), Paris, Institut d'Ethnologie, 1936. (Il s'agit d'un manuscrit d'un auteur péruvien, dans lequel il raconte ses voyages à travers l'actuelle Amérique du Sud. Le manuscrit fut dédié ou présenté à Philippe II d'Espagne).

                                                                    • Vâzquez de Tapia Bemardino, Relacion de méritos y servicios del conquistador, Mexico, Jus, 1953. _ Collection Biblioteca José Porrûa Estrada de Historia Mexicana _. (Le manuscrit date du XVIe siècle, cependant la toute première édition fut publiée en 1

                                                                    Bibliographie

                                                                    • Aldea Vaquero Quintin, Diccionario de historia eclesiâstica de Espana, Madrid, C.S.I.C., 1973, tome III, p. 2122. (Ce dictionnaire est composé de cinq tomes).

                                                                    • Barral i Altet Xavier, Compostelle : le grand chemin, Paris, Gallimard, 1997. (Collection Découvertes Gallimard/Religion, n° 174). _ Première édition : mai 1993 _

                                                                    • Bennassar Bartolomé, Saint-Jacques-de-Compostelle, Paris, Julliard, 1970.

                                                                    • Duviols Jean-Paul, Découverte et Conquête du Nouveau Monde, Paris, Bordas, 1982.

                                                                    • Gômez Thomas, L'invention de l'Amérique : rêve et réalités de la Conquête, Paris, Aubier, 1992, p. 260-266.

                                                                    • Lôpez Ferreiro, Historia de la Santa Iglesia de Santiago de Compostela, Santiago de Compostela, Bardon, 1898-1908,10 vol.

                                                                    • Machado José, El estandarte de Pizarro, Caracas, América, 1924.

                                                                    • Menaça (Maria de). Histoire de saint Jacques et de ses miracles au Moyen Age : VllIe-XIIIe siècles, Nantes, Université, 1987.

                                                                    • Mieck I., «Les témoignages oculaires du pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle : étude bibliographique du XIIe au XVIIIe siècle », Compostellanum, 1977, 22 (1), p. 201-232.

                                                                    • Nogueira Pablo, Francisco Pizarro ou « Apu macho » (le grand seigneur). Séminaire de Civilisations et cultures d'Amérique hispanique (XVIe-XIXesiècles). Université de Paris IV, Sorbonne, février 1996.

                                                                    La cathédrale de Saint-Jacques-de-Compostelle (XVIe-XVIIe siècles). Séminaire d'Histoire socio-économique et culturelle de l'Espagne moderne (XVIe-XVIIIe siècles), Université de Paris IV-Sorbonne, mars 1996.

                                                                    Mystères autour de Christophe Colomb (« Le loup des mers »), Séminaire de Civilisations et cultures d'Amérique hispanique (XVIe-XIXe siècles). Université de Paris IV-Sorbonne, janvier 1998.

                                                                    • Pita Andrade (J. M.), Le chemin de saint Jacques, Santiago de Compostela, Ministerio de Informacion y Turismo, 1950.

                                                                    • Precedo Lafùente (Manuel Jésus), Santiago el Mayor, patron de Espana : vida y culto, Santiago de Compostela, B.A.Q, 1985.

                                                                    • Sànchez-Albornoz y Menduina Claudio, La Edad Média espanola y la empresa de América, La Plata, Universidad Nacional, 1934.

                                                                    • Vâzquez Chamorro German, « Los milagros en la conquista de América », Historia 16, ano XXI, n° 244.

                                                                    Notes

                                                                    1  Alonso de Ovalle, Historica relacion del reyno de Chile, Santiago de Chile, Instituto de Literatura chilena, 1969. (La première édition fut publiée à Rome en 1646)

                                                                    2 « a un cristiano en un caballo blanco con la espada en la mono desenvamada » Pedro Marino de Lobera, Cronica del Reino de Chile, Santiago de Chile, s.d., 1865. _ Coll. Historiadores de Chïle _. (Le manuscrit date du XVIe siècle).

                                                                    3 Pedro Marino de Lobera, op. cit., p. 12.

                                                                    4 A.C.S.C., Acta Capitular, 9-XII-1626.

                                                                    5 Felipe Huamàn Poma de Ayala, Nueva cronica y buen gobierno, Paris, Institut d'Ethnologie, 1936. (La première édition date du XVIe siècle).

                                                                    6 Bartolomé Leonardo de Argensola, Conquista de Mexico, Mexico, Robredo/Jus, 1940. (La première édition date de la première moitié du XVIIè siècle).

                                                                    7 Francisco Lôpez de Gomara, Historia général de lasindias, Paris, Sounins, 1928. (Première édition : 1552).

                                                                    8 Archive Général de Simancas, Patronato Real, Leg. 9.

                                                                    9 Bernai Diaz del Castillo, Historia verdadera de la Conquista de la Nueva Espana, Buenos Aires/Mexico, Espasa-Calpe Argentina, 1955. _ Coll. Austral, n° 1274 _. (Première édition : 1632).

                                                                    10 Bernardino Vazquez de Tapia, Relacion de méritos y servicios del Conquistadors, Mexico, Jus, 1953 (le manuscrit original date du XVIe siècle)

                                                                    11 Bemal Diaz del Castillo, op.cit., p. 71

                                                                    12 Mexico, Imprenta del Nuevo Rezado de Doiia Maria de Rivera, Ano Santo de 1750 _.P. Paschasio de Seguin (de la Sagrada Compania de Jesùs) Galicia :Reyno de Christo sacramentado y Primogémto de la Iglesia entre las génies sacado a luzpor D. Domingo Lôpez de Carbajal, Mexico, Impr. Del Nuevo Rezado de Dofia Maria de Rivera, 1750. (Dos partes).

                                                                    Pour citer ce document

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                                                                    «L'influence de saint Jacques ou guey teule — le grand dieu — aux Indes occidentales (XVe-XVIe siècles)», SaintJacquesInfo [En ligne], Le saint politique, Saint Jacques un et multiple, mis à jour le : 20/05/2008,
                                                                    URL : http://lodel.irevues.inist.fr/saintjacquesinfo/index.php?id=70

                                                                    Quelques mots sur :  Pablo Nogueira

                                                                    Docteur en histoire, Correspondant de la Fondation en Galice