SaintJacquesInfo

Jeux de Cour et jours sans coeur
Cythère ou Compostelle?
Nobles et gueux rêvent à leur façon

Denise Péricard-Méa

Résumé

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les relations entre la France et l’Espagne n’ont pas toujours été amènes. Les prescriptions du concile de Trente (1545-1563) ont créé une coupure majeure dans l’expression de la Foi. Toutes les folies médiévales, honnies des Protestants, sont dorénavant interdites, les saints d’identité douteuse sont oubliés, l’Eglise encadre le peuple au plus près. C’est de début du « grand renfermement » qui vise à cacher les pauvres, la pauvreté étant devenue un vice. Ils sont nombreux, ces pauvres gens, au temps des guerres de Louis XIV qui ont beaucoup appauvri la France. L’Europe se tourne vers l’Espagne restée très catholique et des pèlerins, souvent d’origine modeste, se pressent à Compostelle. Les grands seigneurs n’ont plus aucune raison d’y aller mais, à la Cour où ils s’ennuient, ils continuent d’en rêver. Alors ils s’habillent en pèlerins et embarquent… pour Cythère1. C’est à qui voudra son portrait en ces costumes, sur lesquels les coquilles sont parfois remplacées par des cœurs. Les Grands voient-ils seulement ces « gueux » qui passent ? Ont-ils connaissance des séances de carcan ou de fouet infligées aux pèlerins non munis d’autorisations officielles ? Le parallèle est saisissant entre ces deux mondes, l’un pauvre et l’autre riche, néanmoins à la poursuite du même rêve millénaire d’un ailleurs, tout auréolé de la gloire de saint Jacques…

Texte intégral

Au XVIIe et XVIIIe siècle, pèlerinages et conflits

En Europe, après que soient à peu près apaisées les querelles religieuses, les pèlerinages à Compostelle ont continué vers l’Espagne qui seule avait su rester très catholique. Une Espagne qui, en 1626, avait été très près d’abandonner saint Jacques comme patron au profit de sainte Thérèse d’Avila ! Compostelle a tant et tant lutté, tant et tant produit et diffusé de livres ou d’images que le sanctuaire se releva grandi et plus connu que jamais. Mais qui court les routes ?

Sur les chemins de Compostelle

Sur les chemins de pèlerinage se trouvent des catholiques convaincus, allant prier en Galice un saint Jacques qui, ailleurs, avait disparu des sanctuaires qui lui étaient voués. L’Espagne n’était-elle pas restée le seul pays à n’avoir pas été touché par le Protestantisme ? Mais souvent aussi de pauvres hères, de ceux que l’hospitalier d’Issoudun qualifie déjà, en 1578, de « pèlerin de Saint-Jacques qui s’est battu avec d’autres gueux » tant le pèlerinage est souvent lié à l’errance, à la pauvreté et à la délinquance. Au début du XVIIe siècle, Cervantes2 observait avec lucidité ces pèlerins parasites qui écumaient l’Espagne, venus de toute l’Europe :

  • 1  En 1983, lorsque pour la première fois est faite(...)

« ces pèlerins, qui ont coutume de venir en grand nombre chaque année visiter les sanctuaires de l'Espagne, qu'ils regardent comme leurs Grandes-Indes, tant ils sont sûrs d'y faire leur profit. Ils la parcourent presque tout entière, et il n'y à pas un village d'où ils ne sortent, comme on dit, repus de boire et de manger, et avec un real pour le moins en argent. Au bout du voyage, ils s'en retournent avec une centaine d'écus de reste, qui, changés en or, et cachés, soit dans le creux de leurs bourdons, soit dans les pièces de leurs pèlerines, soit de toute autre manière, sortent du royaume et passent à leur pays, malgré les gardiens des ports et des passages où ils sont visités ».

    Ce sont eux que le graveur Jacques Callot met en scène au début du XVIIe siècle, sans sa série Les gueux, sous le titre « les deux pèlerins ».

      L’Eglise les connaît bien et s’efforce de les encadrer. Les confréries Saint-Jacques se multiplient, regroupant les anciens pèlerins, souvent modestes, marchands ou artisans. Elles en incitent d’autres à partir, dans des buts essentiellement pieux.

        Les époux de Limoges

        Dans un souci évident de catéchèse, en 1650, l’abbé des Feuillants de Saint-Martin-lez-Limoges interprète une pierre tombale médiévale couverte de deux gisants allongés côte-à-côte. Dans cette tombe, deux squelettes dans lesquels il voit immédiatement deux pèlerins de Compostelle (notre époque n’a rien inventé, où toute tombe contenant une coquille est immanquablement attribuée à un pèlerin mort sur un chemin de Saint-Jacques). L’abbé fit transporter le tout à l’entrée de l’église qu’il venait de construire et l’accompagna de l’épitaphe suivante, jolie légende à la gloire d’un jeune couple mort sur le chemin de Saint-Jacques3

        • 2  Don Quichotte de la Manche, Tome II, chapitre LI(...)

         « Passant, arreste-toi pour regarder ce lieu
        Ce monument usé est dit : Bon Mariage.
        Deux corps pleins de vertus, deux cœurs amis de Dieu
        Que la mort a frappés en faisant son triage
        Se reposent ici. Le Poitou les produict,
        Galice les appelle et Lymoge y prétend.
        Le ciel les met d'accord, pas un n'est esconduict.
        La femme meurt icy sans aller plus avant ;
        On lui fait un tombeau de grandeur coustumiere
        Pour y serrer son corps. Cependant son mary,
        Tout baigné dans ses pleurs, ne va point en arrière
        Mais accomplit son vœu, et retournant guary
        De ses douleurs de corps, le souvenir poignant
        De sa perte revient et lui cause la mort.
        Ce fut alors que Dieu se fit voir tout-puissant.
        On ouvre le sépulchre, et sans aucun effort
        L'espouse se retire assez pour qu'il ait place.
        Pour apprendre aux conjoints a s'entr'aimer toujours
        Afin qu'ayant vescu en la divine grâce
        Ils puissent voir le ciel à la fin de leurs jours »4.

        • 3  Charbonneau-Lassay M., « Le tombeau des pèlerins(...)

        Limoges, musée municipal, pierre tombale XIIe-XIVe siècle retrouvée en 1835.

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            La pèlerine défunte a fait place à son époux dans son cercueil.

              Un court répit, 1660-1665

              Vint le temps des guerres d’Espagne avec Louis XIV. La guerre de Trente Ans fut conclue en 1659 par le traité des Pyrénées et, le 9 juin 1660 par le mariage du roi de France avec l’infante Marie-Thérèse, fille du roi d’Espagne Philippe IV. Cette année-là à Paris, le 7 août, la procession des pèlerins de Saint-Jacques (de Saint-Jacques-de-l’hôpital à l’église Saint-Jacques-du-Haut-Pas), toujours très imposante et théâtrale a été particulièrement suivie, par 800 personnes, selon les dires du chroniqueur Loret5 qui note que les participants ont joyeusement fêté la Paix en banquetant plus que jamais, ravis de constater que cette paix faciliterait le pèlerinage à Compostelle :

              • 4  Texier (abbé), Manuel d'épigraphie suivi du Recu(...)

              « Huit cens Pèlerins de Saint-Jacques / Dont plusieurs avaient fait leurs Pâques / Firent avec dévotion / Dans Paris leur procession / Lundy si je ne me trompe / Mais ce fut avec tant de pompe / Que, par ma foy, quand je les vy / J’en demeurai presque ravy / Sans alléguer, icy, des bourdes / Quelques uns d’eux portaient des gourdes / Ou barillets à garder vin / D’argent massif du plus fin / Aucuns avaient des aubes blanches / Et de beaux rubans à leurs manches / De fleurs ils étaient couronnés / Et leurs bourdons étaient ornés / De tant d’émail et de dorures / Et de diverses enrichissures / Que, par ma foy, le sceptre des rois / A moins d’ornements quelquefois / Ils marchaient en belle ordonnance / Montrans plus de réjouissances / Qu’ils n’en avaient montré, jamais / Et tout pour l’amour de la Paix / Qui ce dévot pèlerinage / Facilite bien davantage / Même, on m’avait dit que ce jour-là / A cause et raison de cela / De Dieu la grâce ils exaltèrent / Mieux que jamais ils banquetèrent / Et non seulement les deux Rois / Burent les santés bien des fois / Vidant des tasses toutes pleines / Mais celles mêmement des Reines / Et de leurs Ministres aussi / C’est assez jasé de ceci ».

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                  La procession de Saint-Jacques-aux-Pèlerins

                    Mais la paix est de courte durée : le 17 septembre 1665, à la mort de Philippe IV, Louis XIV réclame sa part d’héritage, en vertu de la dot de sa femme, impayée. Dès le mois de juillet, Louis XIV a promulgué une première ordonnance visant à réglementer les sorties de territoire de soi-disant pèlerins « à Saint-Jacques en Galice, Notre-Dame de Lorette et autres lieux saints hors du royaume en quittant parents, femmes et enfants, en laissant leur apprentissage » tout cela dans un « esprit de libertinage ». Certains, dit-il, se font mendiants tandis que d’autres « s’établissent dans des pays étrangers où ils trompent des femmes qu’ils épousent au préjudice des femmes légitimes qu’ils ont laissées en France ». Il ne souhaite certainement pas voir partir des gens susceptibles d’être enrôlés dans une armée ennemie, ce qui se fait couramment. Sans doute pas trop obéi, il renouvelle ces obligations en 1671 et 16866.

                    • 5  Muse Historique, Paris, 1656-1665, t.III, p. 237(...)

                    Pendant que le roi fulmine contre ces pratiques, La Fontaine s’en amuse. En 1671, dans l’un de ses Contes et nouvelles en vers, « Le petit chien qui secoue de l'argent et des pierreries » il introduit un « feint pèlerin » dans la ruelle d’une belle qui minaude :

                      « Vous n'avez pas, ce lui dit-elle, la mine de vous en aller à Compostelle ».

                        Dans le même esprit, Lancret illustre ce conte7 de La Fontaine. Une gravure de Larmessin d’après Lancret, du musée Jean de La Fontaine à Château-Thierry en conserve le souvenir.

                        Le petit chien qui secoue de l'argent et des pierreries

                          Compostelle et Cythère

                          Le pèlerinage à Saint-Jacques devient symbole du pèlerinage galant, du « voyage à Cythère ». La noblesse aime s’encanailler et va souvent, sous un costume garantissant l’anonymat, danser dans les cabarets populaires. Le costume du pèlerin s’y prête, et les spectaculaires processions de Paris et d’autres grandes villes sont particulièrement incitatives. Certains confrères de confréries Saint-Jacques utilisent d’ailleurs leur costume « en usages mondains »8. Déjà au XVe siècle, les confrères de Béthune n’ont pas le droit de faire « porter à autres » leur costume de cérémonie9. Il est probable que le « collet de pèlerin » conservé par le musée des Beaux-Arts d’Orléans10 en est l’un des éléments, ce qui est attesté par le tissu léger de laine rouge et la fine broderie qui le borde n’évoquant pas une tenue de route.

                          • 7  Château-Thierry, musée Jean de La Fontaine, grav(...)
                          • 8  Arch. dép. Haute-Garonne, E 1604 et E 835, statu(...)
                          • 9  Arch. comm. Béthune, HH 7, fol. 23. ; Espinas, G(...)

                          Musée des Beaux Arts, Orléans, inv. 6477

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                              Collet de pèlerin

                                Le 7 octobre 1700 est donnée à la Comédie Française à Paris une pièce de Dancourt11, Les trois cousines, mettant en scène trois pèlerines qui chantent « venez dans l'île de Cythère en pèlerinage avec nous. Jeune fille n'en revient guère ou sans amant ou sans époux ». C’est un succès. Watteau peint l’actrice vedette, « Mademoiselle Desmares jouant le rôle de Pèlerine »12. La pièce est reprise en 1709 puis en 1724. Le parallèle entre la réalité pèlerine et les amusements de cour n’échappe pas à Watteau qui dessine un pauvre coquillard et peint, cette même année 1717, son célèbre « Embarquement pour Cythère » conservé au musée du Louvre à Paris. Sur l’épaule de l’un des pèlerins, au lieu de coquille, un cœur.

                                • 10  Orléans, inv. 6477.
                                • 11  Ribou, P., Les œuvres de Dancourt, Paris, 1711,(...)

                                Jean-Antoine Watteau, 1717 huile sur toile, 129 cm x 194 cm , photo Erich Lessing

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                                    Pèlerinage à l'île de Cythère, dit L'Embarquement pour Cythère

                                      Portraits de « pèlerins »

                                      A partir de cette époque, les grands seigneurs, leurs dames et même les enfants se costument en pèlerins dans les fêtes galantes. Tous se veulent pèlerins de Cythère et, en souvenir, se font portraiturer par les peintres en renom avec des bourdons enrubannés, gourdes et coquilles Saint-Jacques. On retrouve le même cœur que celui du tableau de Watteau sur le portrait13 de Louis XV adolescent, peint par Nicolas Lancret vers 1725.

                                      • 12  Paris, bibl. Comédie Française, eau-forte d’aprè(...)

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                                        Louis XV adolescent en pèlerin

                                          La même année, 1725, Alexis Grimou peint deux portraits, la « jeune pèlerine »14 et « le jeune pèlerin . Une estampe15 reproduisant le jeune homme est ainsi légendée :

                                          • 13  Versailles, musée, appartements du dauphin.
                                          • 14  Douai, musée de la Chartreuse, inv. 769.

                                          « En revenant de Compostel / Plus d'un aimable jouvencel / Rencontrant pèlerine et fringante et légère / A su par ses tendres propos / Avec lui l'engager à faire / Un pèlerinage à Paphos16 ».

                                          • 15  Paris, BnF Estampes AA3.

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                                            La jeune pèlerine / Le jeune pèlerin

                                              Douai, musée de la Chartreuse, inv. 769 / A. Grimou, Florence, musée des offices, 1725

                                                Cette mode née en France fait également fureur en Europe. Le musée de Berlin conserve un tableau représentant un « Pèlerinage à Cythère » qui faisait partie de la collection de Frédéric II. Au musée national de Varsovie est le portrait de la sœur de Frédéric, Sophie Wilhelmine, margravina de Bayeuth, dû au peintre parisien Antoine Pesne (1683-1757). Sophie était férue de pèlerinages. Dans son palais de l’Ermitage, à 2 km de Bayreuth, elle avait aménagé douze cellules dans lesquelles ses invités trouvaient, pour se costumer en pèlerins, des robes de bure, des chapeaux et de longs bâtons de pèlerins, des gourdes de bois ou d’argent. En 1730, même le roi de Pologne Stanislas Leszczynski se fit peindre par J. B. Oudry17. Mais bientôt, pour lui, la fête est finie. C’est la guerre (1733-1735) et l’ex-roi sauva sa vie, dit-on, en se mêlant à un groupe de pèlerins dont il prit le costume pour quitter son pays.

                                                • 16  Ville de Chypre devenue Sébaste, célèbre par son(...)

                                                Varsovie, musée national, inv. N°131472

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                                                    Le roi de Pologne Stanislas Leszczynski en pèlerin

                                                      En France, une pèlerine masquée inconnue se risque au « bal des Ifs » donné à l’occasion du mariage du dauphin en 1745, Louis, fils de Louis XV qui épouse Marie-Thérèse, Infante d'Espagne. Etait-ce la marquise de Pompadour, dont il existe par ailleurs un portrait en pèlerine ? La vogue des portraits est telle qu’un peintre aussi astucieux que paresseux utilise un simple « passe-partout » et met une tête nouvelle au-dessus d’un costume unique ! De nombreux salons de châteaux de province s’ornent encore de ces glorieux souvenirs18.

                                                      • 17  Varsovie, musée national, inv. N°131472.

                                                      Le cortège des pèlerins de Cythère s’aventure également dans la littérature : l’abbé de Voisenon (1708-1765), abbé commendataire de l'abbaye du Jard19, académicien, ami de Voltaire et de la Pompadour se voit qualifier par Voltaire de « cher abbé Greluchon », « prêtre de Cythère », « conservateur de la gaieté française ». Son épitaphe le résume joliment : « L'académicien Voisenon a rendu son âme légère … Près de l'Amour il obtiendra l'emploi de premier secrétaire, et Vénus le pensionnera pour être l'aumônier de Cythère ». Il a effectivement à son actif tout une œuvre légère dont un poème qui évoque saint Jacques patron de l’Amour20 :

                                                      • 18  On en retrouve dans plusieurs collections partic(...)
                                                      • 19  Seine-et-Marne, cne. Voisenon, cant. et arr. Mel(...)

                                                      Le patron de toutes les filles
                                                      C'est le saint Jacques des Bourdons ;
                                                      Le patron de tous les garçons
                                                      C'est le saint Jacques des Coquilles.

                                                        Nous pouvons tous les deux nous donner un bouquet,
                                                        Coquilles et bourdons exigent que l'on troque ;
                                                        Cet échange affermit l'amitié réciproque,
                                                        Et cela vaut mieux qu'un œillet.

                                                          Et pendant ce temps sur les routes

                                                          Pendant ces années de fêtes, des pèlerins de plus en plus nombreux continuent réellement de quitter le royaume pour courir les sanctuaires, sans être toujours munis des autorisations nécessaires. Papiers, sans-papiers ? En 1717, les relations avec l’Espagne s’étant détériorées, le Régent publie cette fois une interdiction totale des pèlerinages hors du Royaume. Les raisons invoquées sont les risques de conscription forcée en Espagne et la désertion des soldats français. Ce texte est largement diffusé dans tout le royaume : le curé de Combres21, note par exemple dans son registre paroissial22 :

                                                          • 20  Œuvres, t. III, p.355.
                                                          • 21  Eure-et-Loir, ar. Nogent-le-Rotrou, cant.Thiron.(...)

                                                          « Le 15 novembre 1717, Ordonnance du Roy portant défense à tous les sujets d'aller en pèlerinage en pays étranger »

                                                            Combien de paroissiens a-t-il dissuadés de partir ?

                                                              Les Normands trouvent une parade à cette interdiction ! Le 29 août 1721 les frères de la confrérie Saint-Jacques de Lisieux23 demandent « qu’il soit permis de recevoir des frères qui ayant fait le pèlerinage de Toulouse au lieu de celuy de Galice devenu impossible par les deffenses de sortir du Royaume ». Malheureusement la réponse de l’évêque, arrivée le 1er septembre 1721, ne nous est pas connue. Même en Normandie, on sait que Toulouse garde lui aussi le corps de l’apôtre, et n’entend pas le sacrifier sur l’autel de la Contre-Réforme ! Deux siècles plus tôt par André de Resende (1498-1573), un dominicain, chanoine d’Evora24 au Portugal, s’indignait de ces prétentions toulousaines :

                                                              • 22  cercle généalogique d’Eure-et-Loir.
                                                              • 23  Arch. Dép. Calvados, G 1139, recherche de Pierre(...)

                                                              « Que dirai-je de ce que le chef de l’apôtre Jacques, selon les Gaulois vantards, apporté de Galice par Charlemagne, soit montré à Toulouse, et que le vœu de faire pèlerinage à Compostelle ne soit accompli que s’il est terminé à Toulouse ? Nous n’ignorons pas que la nation gauloise est experte en semblables vertueux mensonges ».

                                                                Mais les relations avec l’Espagne s’améliorent et cette interdiction n’a pas duré plus que trois ou quatre ans. Officiellement, en 1738, Louis XV reprend les prescriptions antérieures.

                                                                  Le pèlerinage à Compostelle connaît un succès sans pareil, ainsi qu’en témoignent les nombreux livrets de Chansons de pèlerins vendus à très bon marché par les colporteurs. Ces livrets imprimés le plus souvent à Troyes répandent diverses versions d’une chanson-guide, la fameuse Grande Chanson qui énumère les étapes du chemin. Ils portent parfois la mention « s’imprime à Compostelle » et sont illustrés de quelques images sans rapport avec le sujet, reprenant la Vie de saint Jacques et son fameux miracle du Pendu-Dépendu. Mais la misère semble aussi grande en Espagne qu’en France… On garde le souvenir de quelques uns de ces malheureux pèlerins en quête d’une vie meilleure. Qui étaient-ils ? Encore des « gueux » ? Ou tout simplement des gens sans travail ? Ou des profiteurs sachant qu’on donne plus volontiers l’hospitalité à un pèlerin ? A Muret25 en 1746, on les traite de « paysans », incapables de gérer l’hôpital de la confrérie Saint-Jacques dont ils avaient la charge auparavant. Monseigneur l’archevêque de Toulouse assure clairement aux consuls de la ville « qu’il est douteux qu’on laisse cette administration entre les mains de paysans tels que sont les pèlerins ».

                                                                  • 24  A. Schott, Hispaniae illustratae, Francfort, 160(...)

                                                                  Jean Bonnecaze

                                                                  Deux ans plus tard, Jean Bonnecaze26 n’est pas un pèlerin plus reluisant : fils de paysans, sans papiers ni argent, se joint à un groupe de trois garçons munis, eux, des passeports nécessaires et quitte Pardies27. Son costume n’a aucun rapport avec les costumes de Cour : un béret et pas de chaussures, un sac qui lui scie le dos et lui provoque des saignements de nez, etc, une tenue semblable à celle des pèlerins reçus à l’hôtel-Dieu de Lyon, à peu près à la même époque, vêtus d’un « malotru pourpoint ou méchante chemise, chapiau, soulier ou le reste de peu de valeur »28. Grâce à « un jeune pèlerin du côté d’Auch », Bonnecaze échappe à un enrôlement forcé dans l’armée. Faim, froid, eau, pluie, fièvre, poux, punaises, ils ont tout subi. Une recette pour guérir de la fièvre : une grosse poignée d’orties avec lesquelles on lui « fustige les reins à merveille », ce qui fait souffrir « comme un malheureux » mais s’avère efficace !

                                                                  • 25  Arch. dép. Haute-Garonne, 45 J 24, n°35. Renseig(...)
                                                                  • 26  Desplat, C. et Blazquez, A, éditeurs, Bonnecaze,(...)
                                                                  • 27  Pyrénées-Atlantiques, ar. Oloron-Sainte-Marie, c(...)

                                                                  Jacques-Louis Ménetra

                                                                  Vers 1760, un Compagnon du Tour de France, le vitrier Jacques-Louis Ménetra29, décide de partir à Compostelle, mais y renonce à cause de la misère ambiante :

                                                                  • 28  Recherches de Dominique Rajon dans les archives(...)

                                                                  « Comme j’étais en argent, étant à Toulouse il me prit envie d’aller à Saint-Jacques. Nous partîmes trois de compagnie malgré ma veuve et toutes les bonnes raisons qu’elle me disait à ce sujet et lui laissai mon sac et fîmes route. Nous fûmes à Bayonne passant par toute cette Biscaye. Comme nous étions, à ce que je puis me ressouvenir, sortis de Saint-Jean-Pied-de-Luz pour entrer dans la Biscaye espagnole, nous vîmes arriver des compagnons qui en revenaient et qui étaient dans un état minable. Je demande au Langevin et au Lagenais qui étaient mes camarades de voyage dont l’un était ferblantier et l’autre coutelier de ne pas aller plus loin. Et retournâmes à Bayonne… »

                                                                    Ils sont nombreux, et nombreux à avoir maille avec la police qui pourchasse les errants et tous n’ont pas la même chance que Jean Bonnecaze qui a pu, malgré toutes ses peines, aller et revenir sans fâcheuse rencontre.

                                                                      Jacques Agnès dit Chailloué

                                                                      En 1748, une instruction est ouverte au Parlement de Rouen au sujet d’un assassinat30. Le signalement de quatre « particuliers » est reçu par le prévôt général de Caen qui met en alerte les cavaliers de la Maréchaussée. Le 8 août, ils repèrent un « particulier… de la taille de quatre pieds six pouces, marqué de la petite vérole, aux cheveux un peu frisés châtain brun âgé de 34 ou 35 ans ». Il s’agit de Jacques Agnès dit Chailloué, natif et habitant Champeauxà 2 lieues de Mortagne-au-Perche31. Il est arrêté comme « mendiant vagabond valide, sous la forme de Pèlerin ». Il a sur lui « 13 livres, 3 sols, en 2 pièces de trois livres, 2 pièces de 24 sols marqués en liards » ainsi qu’une boite en fer blanc contenant « seize pièces d’écriture en papier dont quelques unes sont en plusieurs morceaux ». Jacques Agnès, muni de papiers, semble donc arrêté simplement pour vagabondage. Il lui faut donc prouver que « pèlerin » est un métier qu’il exerce à plein temps, ce qu’il détaille. Depuis 8 ou 9 ans qu’il voyage, il a entrepris le voyage de Saint-Jacques en Galice en son nom propre, ce qui a duré 8 mois. « Il y retourna aussitôt pour feu Charles Marie qui lui donna 10 écus avant son départ, les 10 autres à son retour, car il avait grand dévotion pour ce pèlerinage qu’il ne pouvait entreprendre lui-même ». Depuis, il est allé à Notre-Dame de Lorette en 1744 et au Mont Saint-Michel. L’année précédente il est allé à Saint-Claude et à Sainte Marie-Madeleine en Provence d’où il est revenu par Sainte-Renne et par la Bourgogne avant de rentrer au mois de mars dernier ; De là il est reparti presque aussitôt pour aller à Sainte-Barbe en Auge. Au mois de mai, il est allé en pèlerinage à la Vierge noire de la Délivrande (au nord de Caen). Il rentré à Champeaux où le nommé Pierre Gay de la paroisse de Bazoches lui donna 7 francs pour refaire ce pèlerinage à sa place et faire dire des Evangiles. C’est au cours de ce pèlerinage qu’il fut arrêté. Comme il pourrait être l’assassin de Rouen, on lui demande depuis quand il n’y est pas allé : dix ans. Le lieutenant lui rappelle que le vagabondage est interdit, ce qui « est d’autant moins tolérable qu’à un autre, qu’il est fort et vigoureux, capable de travailler et de gagner sa vie ». Il lui demande « si ce n’est pas le libertinage qui lui a fait embrasser la vie mendiante ». La réponse de Jacques Agnès dit Chailloué est immédiate : « C’est par pure dévotion ». Le Lieutenant lui rappelle que « les pèlerinages ne se peuvent faire hors le royaume sans permission », ce à quoi le prévenu répond « qu’il a pris des passeports de Mr le curé de Gesvre pour cet effet ». Jacques Agnès reste emprisonné deux mois, au cours desquels des vérifications sont entreprises et qui, toutes, confirment que « c’est un fort honeste homme, n’ayant d’autre deffaut que de voiager sans cesse, mais pour des pèlerinages pour luy et pour les autres ». Malgré cela, on l’oblige à « se retirer dans le lieu de son origine » et on lui déclare « qu’il sera punis suivant la Rigueur des ordonnances s’il est repris avant ».

                                                                      • 29  Ménetra, Jacques-Louis, Journal de ma vie, éd. D(...)
                                                                      • 30  Arch. Dép. Calvados, 9 B 54 Procès-verbal de cap(...)

                                                                      Comme le témoignent également les exemples suivants, il ne suffit donc pas d’être muni de papiers attestant de l’état de pèlerin car la maréchaussée se méfie des vagabonds qui se font passer comme tels. La rigueur de certains officiers de police dépasse les ordonnances royales.

                                                                        Claude Blanc et Médard Dervieu

                                                                        En juillet 1774, deux jeunes « ouvriers de Saint-Etienne-en-Forez » ont été arrêtés à Auch comme « errants et vagabonds ». Avaient-ils oublié de se munir des papiers officiels ? Leur jeune âge les faisaient-ils croire en rupture de ban ? On ne sait. Claude Blanc, dix-huit ans, éperonnier32 de son métier et Médard Dervieu, seize ans, étaient pourtant d’honnêtes pèlerins, partis à Compostelle à la suite d’un vœu. Ils sont partis début juin et sont donc en prison depuis une bonne quinzaine de jours quand arrivent enfin des certificats officiels attestant de la pureté de leurs intentions. Qu’est-il advenu d’eux ? Leur famille supplie l’officier de police de « leur accorder les assistances et les passeports nécessaires pour accomplir leurs pèlerinages s’ils sont dans le désir de le poursuivre ». Ont-ils continué ? Il ne reste rien d’autre dans les archives qui nous permette de les suivre. L’imagination seule peut inventer une suite…

                                                                        • 31  Orne.

                                                                        Les quatre pèlerins de Vierzon

                                                                        A la même époque, à Vierzon, quatre pèlerins sont arrêtés entre 1772 et 177433, tous se déclarant mendiants, sans aucune ambiguïté. Le premier, Joseph Milani est même mendiant en toute bonne foi puisqu’il se présente de lui-même chez le procureur du roi et lui demande la permission de mendier en déclarant « qu'il serait dans le cas, faute de cette permission, de faire un mauvais coup sur sa route ». On appelle le cavalier de la maréchaussée de Berry et on arrête l'individu. Il est bien muni de papiers signés à Rome, Naples, Venise, Milan, Innsbruck, Cadix, Lisbonne et déclare qu'il revient de Compostelle et se dirige vers Paris. Le second, Clément Barset revient de Compostelle. Il est arrêté dans la grande rue où il mendiait. Qui est-il ? Il se dit herboriste, âgé de 61 ans. Il a pour papiers un certificat de confession et de communion daté de Saint-Jacques, le 9 novembre 1771 et ses passeports (Rome, Compostelle, Pampelune, Lisbonne…).Dans son sac, 10 morceaux de pain et 18 sols. Dans une petite sacoche de parchemin, des morceaux de mine qu'il déclare être utiles pour les maux de tête. Le troisième est un Espagnol de 30 ans qui revient de Compostelle et se déclare en route pour Rome où il va lui aussi en mendiant. A la question « pourquoi il s’est écarté de sa route ? », il répond que « ne pouvant pas se faire entendre sur la route, on l’a égaré » (En Limousin aussi, on rencontre quelques uns de ces pèlerins déviés de la route directe, sans qu’on en connaisse la raison34). Il est porteur d’un certificat de pèlerinage daté de Compostelle. Le quatrième pèlerin n’a aucun papier ni passeport : Antoine Flamant, 58 ans, se déclare sans profession ni demeure fixe, natif de Mons en Hainault. Il raconte sa vie :

                                                                        • 32  Littré : celui qui fait des éperons, des mors, d(...)
                                                                        • 33  Arch. dép. Cher, B 2480, B2482, B. 4514.

                                                                        « Ayant perdu sa mère à l’âge de 6 ans il a été élevé dans une métairie à 3 lieues de Mons jusqu’à l’âge de 26 ans et qu’il s’est mis en route pour parcourir les pays, qu’il a été à St. Jacques et qu’en revenant il s’est engagé dans les troupes d’Espagne où il est resté 25 ans, que ne pouvant s’y plaire il a quitté pour retourner dans son pays chercher des connaissances de son père ou de sa mère, qu’il a été obligé de mendier sa vie ».

                                                                          On ne connaît pas la suite de ces arrestations.

                                                                            Les cinq pèlerins de Montblanc

                                                                            On connaît un peu mieux celle donnée, en 1777, à l’arrestation de cinq pèlerins de Montblanc35. La police à Saint-Palais les a emprisonnés au dépôt de mendicité de Pau où ils ont été dépouillés de tous leurs effets. Ils étaient pourtant munis des autorisations nécessaires… L’officier de police en convient sans aucun état d’âme et déclare :

                                                                            • 34  Louis Bonnaud, président de la Société archéolog(...)

                                                                            « Si on appelle effets des papiers, des bourdons et des chaperons de cuir, je me suis fait une loi d'ôter à tous ces gens-là autant que j'en trouverai et que je ne leur rendrai jamais, les déchirant de suite et les faisant brûler pour leur faire voir par là qu'ils sont traités encore très doucement, puisque les ordonnances du roi concernant les pèlerinages, condamnent les pèlerins aux galères perpétuelles ».

                                                                              Ce fonctionnaire zélé n’a pas voulu lire les textes. Il a néanmoins libéré les malheureux, en oubliant de leur rendre l’argent que leurs familles leur avaient envoyé ! Il faut l’énergique intervention des autorités de Béziers et d’Auch, qui feignent d’ailleurs de croire que les « misérables marchaient sans passeports », pour que l’argent leur soit rendu. On colporte en effet partout que certains pèlerins, même munis de passeports « n’en sont pas moins de vrais brigands ». La peur du pauvre et de l’étranger grandit avec la dureté des temps. Quelle place occupent les pèlerins de Compostelle dans ces masses errantes, fussent-elles pèlerines ? De l’examen des comptabilités hospitalières de Dax ou Pau36, il ressort que quantité de ces pèlerins ne savaient même pas donner le but de leur pèlerinage, le pourcentage des pèlerins déclarant aller à Saint-Jacques ne dépassant pas 15 %, presque toujours réunis en petits groupes et tous réduits à la mendicité. Christian Desplat a étoffé son étude en comptabilisant les pèlerins enregistrés à Roncevaux. Mais là, impossible de reconnaître les pèlerins des pauvres, puisqu’on ne compte que les rations distribuées, sans distinguer les uns des autres : une trentaine par jour en moyenne pendant la première moitié du XVIIIe siècle, puis quatre ou cinq seulement en moyenne dans la dernière décennie. A l’hôpital Saint-Jean d’Oviedo, entre 1795 et 1802, ce sont 857 jacquets qui ont été reçus, soit une bonne centaine par an dont l’immense majorité était composée d’Espagnols. Parmi les étrangers, se comptaient quelques Français, Italiens, Portugais, Allemands et Prussiens, Flamands, Suisses, des Mexicains et même un Turc converti…

                                                                              • 35  Hérault, ar. Béziers, c. Servian.

                                                                              A la veille de la Révolution, le succès des costumes de pèlerins de Saint-Jacques ne se dément pas. A Versailles, les confrères sont invités à se produire « sous les yeux de la famille royale » et n’en sont pas peu fiers, car le fait est consigné par un notaire ! Le 19 juin 1783 trois bourgeois de Paris, confrères de la confrérie Saint-Jacques de l'Hôpital, « tous pèlerins, ont eu aujourd'hui l'honneur d'assister en habits de pèlerins sous les yeux du roi et de la famille royale à la procession du Saint-Sacrement en ladite église Royale et paroissiale de Notre-Dame avec les confrères Pèlerins de la confrérie de Saint-Jacques » de la ville37. Un curé de Paris, Antoine Fusil, s’en indigne : « Ils dansent, gimblette et carollent le mérite supposé de leur pèlerinage en Galice » et accuse ces « bons testeurs de gobelets » de « danser la fête de saint Jacques en hymne de chair tambourinée ». En ces XVIIe et XVIIIe siècles, qu’est-ce donc qu’un pèlerin aux yeux des Autorités ? Un gueux ? Un acteur en costume de théâtre ? Un honnête et modeste confrère ? Qu’en dit l’Eglise ? Comme toujours coexistent la fête et la piété, la richesse et la pauvreté, la sensibilité et la Raison, le goût du Bon Sauvage (on dirait aujourd’hui de l’écologie) et le raffinement des salons, le romantisme et l’épicurisme, la vertu des Rosières et l’érotisme de Sade. En chaque pèlerin résonne la parole de l’Eglise, celle de Voltaire, celle de Rousseau… et la sienne propre.

                                                                              • 36  Desplat, Christian, « Pèlerins au siècle des Lum(...)

                                                                              Notes

                                                                              1  En 1983, lorsque pour la première fois est faite une étude des pèlerins de l’Amour, les auteurs ne pensent qu’incidemment à établir un parallèle entre ces situations extrêmes (René de La Coste-Messelière, Colette Prieur, Sous le signe de la coquille, Musée La Fontaine, Château-Thierry).

                                                                              2  Don Quichotte de la Manche, Tome II, chapitre LIV.

                                                                              3  Charbonneau-Lassay M., « Le tombeau des pèlerins poitevins dit le monument du Bon Mariage, à Limoges », Bulletins de la Société des Antiquaires de l'Ouest, t. II, 1910, 3° série, p. 52-55.

                                                                              4  Texier (abbé), Manuel d'épigraphie suivi du Recueil d'inscriptions du Limousin, Poitiers, 1851.

                                                                              5  Muse Historique, Paris, 1656-1665, t.III, p. 237-238, lettre du 7 août 1660, vers 141-176.

                                                                              6  Voir les textes de réglementation http://lodel.demo.inist.fr/saintjacquesinfo/index.php?id=75.

                                                                              7  Château-Thierry, musée Jean de La Fontaine, gravure de Larmessin d’après Lancret.

                                                                              8  Arch. dép. Haute-Garonne, E 1604 et E 835, statuts 1513-1649.

                                                                              9  Arch. comm. Béthune, HH 7, fol. 23. ; Espinas, G., Les origines du droit d’association, Lille, 1941, t. II, p. 194-196.

                                                                              10  Orléans, inv. 6477.

                                                                              11  Ribou, P., Les œuvres de Dancourt, Paris, 1711, t. V.

                                                                              12  Paris, bibl. Comédie Française, eau-forte d’après Watteau dans Figures françaises et comiques nouvellement inventées par Watteau , 7e pièce. DV III, n°59.

                                                                              13  Versailles, musée, appartements du dauphin.

                                                                              14  Douai, musée de la Chartreuse, inv. 769.

                                                                              15  Paris, BnF Estampes AA3.

                                                                              16  Ville de Chypre devenue Sébaste, célèbre par son temple à Aphrodite, dangereuse divinité grecque inspiratrice des passions les plus folles, puis déesse de l’Amour et de la Beauté.

                                                                              17  Varsovie, musée national, inv. N°131472.

                                                                              18  On en retrouve dans plusieurs collections particulières et dans quelques musées, tel Reims avec un « gentilhomme pèlerin du XVIIIe siècle (inv. 881-20).

                                                                              19  Seine-et-Marne, cne. Voisenon, cant. et arr. Melun.

                                                                              20  Œuvres, t. III, p.355.

                                                                              21  Eure-et-Loir, ar. Nogent-le-Rotrou, cant.Thiron.

                                                                              22  cercle généalogique d’Eure-et-Loir.

                                                                              23  Arch. Dép. Calvados, G 1139, recherche de Pierre Hébert.

                                                                              24  A. Schott, Hispaniae illustratae, Francfort, 1603, t. II, p. 1008.

                                                                              25  Arch. dép. Haute-Garonne, 45 J 24, n°35. Renseignement Daniel Sahut, pèlerin de Saint-Jacques.

                                                                              26  Desplat, C. et Blazquez, A, éditeurs, Bonnecaze, Jean et Racq Jean-Pierre, Voyage de deux pèlerins à Compostelle au XVIIIe, Cairn (collection « Pour mémoire »), 1998.

                                                                              27  Pyrénées-Atlantiques, ar. Oloron-Sainte-Marie, c. Monein.

                                                                              28  Recherches de Dominique Rajon dans les archives hospitalières de l’hôtel-Dieu de Lyon.

                                                                              29  Ménetra, Jacques-Louis, Journal de ma vie, éd. Daniel Roche, Paris, Albin Michel, 1998.

                                                                              30  Arch. Dép. Calvados, 9 B 54 Procès-verbal de capture de Jacques Agnès du 8 aoust 1748 Informations – Interrogatoires – Jugements ; Pierre Hébert, « Quelques pèlerins normands des XVIIe et XVIIIe siècles », Actes des rencontres de Saintes, 17-18 octobre 2002, Biarritz, Atlantica, 2003.

                                                                              31  Orne.

                                                                              32  Littré : celui qui fait des éperons, des mors, des étriers, etc.

                                                                              33  Arch. dép. Cher, B 2480, B2482, B. 4514.

                                                                              34  Louis Bonnaud, président de la Société archéologique.

                                                                              35  Hérault, ar. Béziers, c. Servian.

                                                                              36  Desplat, Christian, « Pèlerins au siècle des Lumières », Voyage de deux pèlerins à Compostelle, Toulouse, Cairn, 1998, p. 45-74.

                                                                              37  Arch. dép. Yvelines, Acte passé devant les notaires du bailliage royal de Versailles, minutier étude Savouré.

                                                                              Pour citer ce document

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                                                                              «Cythère ou Compostelle?», SaintJacquesInfo [En ligne], Portraits de pèlerins, Pèlerinage et société, mis à jour le : 29/05/2009,
                                                                              URL : http://lodel.irevues.inist.fr/saintjacquesinfo/index.php?id=74